Allocations pour les personnes handicapées | Quels avancements?

Publié par andredubus le jeu 24/01/2013 - 10:36

Question à Monsieur Courard, Secrétaire d’Etat aux Affaires sociales, aux Familles et aux Personnes handicapées

André du Bus. - Monsieur le Secrétaire d’Etat, L’enquête Handilab menée par la KUL donne des résultats alarmants : 39% des personnes handicapées bénéficiant d’une allocation vivent sous le seuil de pauvreté contre 15% pour l’ensemble de la population.

Or, les personnes handicapées ont des frais élevés en raison de leur handicap. D’après l’étude Handilab, les personnes sondées dépensent deux fois plus d’argent que la population moyenne pour leurs soins de santé. Les personnes handicapées doivent donc fréquemment reporter certains soins de santé par manque de moyen (une personne sur trois) et renoncer ou réduire certaines dépenses essentielles comme le chauffage (une personne sur quatre), l’aide non médicale (28%) ou les activités socioculturelles (46%).

Selon le Professeur Hermans, qui a dirigé l’étude, plusieurs pistes d’amélioration sont possibles : Relever les allocations, Limiter les frais liés au handicap, Améliorer la prestation des services. L’accord de Gouvernement prévoit d’examiner la loi de 1987 régissant l’octroi d’allocations aux personnes handicapées afin de la réformer et notamment du lutter contre les pièges à l’emploi et le « prix de l’amour ».

Quelle suite comptez-vous donner à cette étude Handilab pour relever le niveau de vie des personnes handicapées ? Les concertations en vue d’une réforme de la loi de 1987 sont-elles terminées ? Qui avez-vous concerté et quelle suite comptez-vous y donner ?

Je vous remercie.

Commentaires

Soumis par Françoise Delc… (non vérifié) le mer 01/01/2014 - 20:00

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C'est vrai également à travers un effet pervers connu des seules personnes concernées: dans l'effort "de guerre" demandé à tous, il a été précisé par le programme gouvernemental que les allocations sociales des personnes les plus faibles ne seraient pas diminuées. C'est vrai en théorie, cependant, dans les faits, les économies se font en diminuant le taux d'handicap des personnes lors des contrôles périodiques. Mon fils souffre de schizophrénie et se voit attribué un taux de 80% de diminutions fonctionnelles depuis une quinzaine d'années. Comme cohabitant il vivait donc avec une allocation d'environ 1100€. Depuis peu, son nombre de points, 14, est passé à 9. Il doit donc vivre et se soigner pour une somme réduite à un peu plus que 800€...
Je procède à un recours judiciaire grâce à l'aide d'un amie avocate. J'imagine que nombre d'autres personnes handicapées n'ont pas un soutien pareil, surtout lorsqu'on évoque les personnes souffrant de pathologies psychiatriques, trop souvent en rupture familiale, fréquemment SDF pour les personnes les plus gravement atteintes.
Le SPFSS procède à ces contrôles très régulièrement pour tous les types d'handicap: tous les quatre ans pour le cas de mon fils, chaque année, m'a dit mon médecin de famille, pour les personnes souffrant de mucovicydose, comme si cette pathologie pouvait, comme la schizophrénie, s'effacer par miracle...On pourrait s'imaginer qu'il s'agit simplement de savoir, administrativement, si ces personnes malades sont toujours en vie, mais dès lors que d'arbitraires diminutions de taux d'handicap sont appliqués de manière systématiques -c'est en tout cas ce qui me revient par les mouvements d'Usagers de soins de santé mentale- , on est en droit de s'interroger sur l'éthique des services publics!
Je sais que le ministre Courard est sensible à cette cause mais je me demande s'il est conscient que des incitants ont pu être mis en place pour que les experts se sentent obligés de faire des économies à tout prix pour leur département.
J'ai reçu une invitation pour la journée d'étude que vous organisez sur le double diagnostic et j'espère que vous pourrez y aborder la santé mentale comme un tout, sans distinguer les pathologies dites physiques de celles dites psychiques. Le différence s'en trouve seulement dans les chemins et découvertes aléatoires de nos scientifiques. De nombreux congrès m'ont donné l'espoir qu'on puisse dans pas longtemps y voir plus clair et aider ces personnes qui souffrent de troubles très invasifs qui induisent une forte dépendance.
Je vous remercie, Monsieur le sénateur, de m'avoir lue et vous assure de ma meilleure considération,
Françoise Delchevalerie

Soumis par André (non vérifié) le jeu 02/01/2014 - 12:52

En réponse à par Françoise Delc… (non vérifié)

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J'ai bien lu votre intervention et je vous en remercie vivement. Cela me donnera l'occasion d'interpeller à nouveau le Ministre Courard, cette fois-ci sur la pertinence des contrôles effectués et sur des mesures prises à la suite de ces contrôles. Car il est évident que l'arbitraire n'a pas sa place dans ces décisions. André du Bus