Des Maisons pour continuer à vivre

Publié par andredubus le mar 08/05/2018 - 16:09

L’odeur légèrementMaison Tubbe âcre de tant de maisons de repos. Vous la connaissez, vous la décelez entre mille, si souvent couverte par un souvenir de muguet, de rose ou de violette. Et bien, ici, aucune odeur, rien, nada ! Nous sommes dans la Tubbehüs, la maison de repos Tubbe, dans la commune de Tjörn, en Suède. Avec une dizaine de collègues parlementaires. Non pas pour y découvrir un nouveau produit d’entretien, mais bien un nouveau mode d’organisation d’une maison de repos.A l’occasion d’un mini trip de 24 heures organisé ces 6 et 7 mai à l’initiative de la Fondation Roi Baudouin, qui souhaite sensibiliser les parlementaires à un mode de gestion novateur. Où la personne âgée peut participer à toutes les décisions. Je dis bien, toutes les décisions. Qui vont de l’affectation des budgets à l’engagement du personnel, en passant par le type d’activités et le choix des menus quotidiens.Il s’agit d’une Open House. En apparence, rien d’extraordinaire. Simplement une maison ouverte et accueillante à tous. Aux jeunes de l’école voisine qui viennent librement dire bonjour à l’un ou l’autre résident, comme aux personnes qui souhaitent un hébergement de quelques jours pour bénéficier de soins palliatifs, de repos et d’accompagnement. Ici le personnel ne porte aucun uniforme, la seule consigne est de laver son linge à 60°. A côté des soins, les infirmières assument aussi bien des tâches administratives que, si nécessaire, d’entretien. Tout le monde partage le repas dans la même salle à manger: personnel, ouvriers d’entretien, résidents, invités (que nous sommes en ce jour). Les liens entre les membres du personnel et les résidents sont étroits. Le ratio est de 0,6 Équivalent Temps Plein (assurant tous les services jour et nuit, sept jours sur sept) pour une personne résidente. Quant au médecin, il vient à la demande. La plupart des types de soins y sont prodigués. Résultat: la plupart des résidents y connaissent donc leur dernier soupir. Maison TUBBESur le plan organisationnel, le changement de paradigme est total: responsabilisation de chacun, délégation et écoute de la personne âgée font que la Tubbehüs est prisée aussi bien par les candidats résidents que par ceux qui souhaitent y travailler. Sans que cela ne coûte davantage, ni au secteur public, ni aux particuliers. La première question posée aux candidats résidents: Que pouvez-vous faire ? Et non pas, de quoi avez-vous besoin ? Gérer un potager, organiser un voyage à Ténériffe quand on a nonante ans, mettre la main à la pâte pour confectionner une recette qu’on affectionne, partager ses propres compétences en matière comptable, décider de son propre moment du repas, se sentir vraiment chez soi quand on rentre dans sa chambre...Tout cela est donc possible. De nombreuses maisons de repos offrent chez nous des services déjà de grande qualité. Mais ici, un pas supplémentaire est franchi : la personne est considérée comme une ressource, même quand la dépendance est au rendez-vous.Maison TUBBE Le tout est d’oser sortir du cadre. C’est ce que la Fondation Roi Baudouin nous invite à faire. Avec des premiers succès à la clé, puisque quelques maisons de repos en Flandre et en Wallonie commencent à s’inspirer de ce modèle. Encore rien à Bruxelles. Un beau challenge en perspective. Avec mes quatre autres collègues parlementaires bruxellois présents à Tjörn, nous avons décidé de mettre ce sujet à l’ordre du jour d’une prochaine commission.

André du Bus

Commentaires

Soumis par mme Dhanis (non vérifié) le mar 08/05/2018 - 16:54

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quelle excellente idée, bien plus tentante que les maison de repos actuelle en Belgique...

merci Monsieur, de nous l'avoir décrit

Soumis par Ghislain Magerotte (non vérifié) le mer 09/05/2018 - 09:18

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Une excellente idée... valable aussi pour les logements inclusifs des personnes adultes en situation de handicap, même celles dites "de grande dépendance" !