Débats autour de l’ouverture prochaine de l’IPPJ de Forest

Publié par andredubus le jeu 10/01/2019 - 12:11
Question à M. Rachid Madrane, ministre de la Jeunesse, de l’Aide à la Jeunesse, des Maisons de justice, des Sports et de la Promotion de Bruxelles, chargé de la tutelle sur la Commission communautaire française de la Région de Bruxelles-Capitale

M. André du Bus. – L’ouverture d’une nouvelle institution publique de protection de la jeunesse (IPPJ) est une décision très importante que le cdH soutient sans aucune réserve. Nous avons eu l’occasion de débattre de ces enjeux en réunion de commission, à de multiples reprises et depuis plusieurs années. Nous nous réjouissons, dès lors, d’apprendre qu’une nouvelle IPPJ va voir le jour. Ceci étant, le choix de l’implantation n’est jamais sans incidence sociale et sociétale, car il convient de gérer les risques. Ce choix peut toutefois être aussi vu comme une opportunité dans le cadre d’un vivre ensemble à Bruxelles auquel nous sommes nombreux à être attachés.

J’ai, pour ma part, été étonné de découvrir il y a 15 jours une série d’articles de presse traduisant les inquiétudes des riverains. Non pas que ces inquiétudes ou cette expression ne soient pas légitimes, mais le fait qu’elles s’expriment par voie de presse est surprenant alors que, en avril 2018, le conseil communal de Forest avait voté à l’unanimité une motion visant à organiser une ou des séances d’information avant l’ouverture de l’enquête publique. Or selon les informations en ma possession, il n’y a pas eu de séance d’information officielle, mais une séance d’information officieuse, sur invitation, auprès d’un mandataire de votre parti, Monsieur le Ministre. L’enquête publique s’est ouverte le 14 décembre 2018 et s’est clôturée hier.

J’ai appris qu’une réunion s’était tenue avant-hier. Les habitants ont-ils eu l’occasion d’y exprimer leurs craintes? Étiez-vous, ou votre cabinet, présent à cette réunion? Le bourgmestre estime en effet que s’agissant d’un projet de la Fédération Wallonie-Bruxelles, c’est à celle-ci qu’il revient de répondre aux habitants. Les rubriques manquantes relatives au rapport d’incidence de l’enquête publique ont-elles été complétées depuis lors? Enfin, pouvez-vous nous exposer deux ou trois axes fondamentaux du projet pédagogique de cette institution?

M. Rachid Madrane, ministre. – La direction générale des infrastructures (DGI) a déposé la demande de permis d’urbanisme le 15 octobre à la Région de Bruxelles-Capitale, laquelle a demandé des compléments d’information.

Le rapport d’incidence figurait parmi les compléments d’information transmis. Le dossier est à présent complet. La date de l’enquête publique respecte les délais légaux. C’est l’urbanisme régional qui est chargé de fixer les règles et la manière dont les communes sont saisies d’une demande de permis d’urbanisme pour une institution publique ou un particulier. Les délais légaux imposaient que l’enquête publique démarre le 14 décembre 2018 et se termine le 8 janvier. Une réunion d’information réunissant les Forestois intéressés par le dossier s’est tenue ce lundi, de 20h à 22h30. L’enquête publique tombant pendant les congés, le bourgmestre a proposé que les riverains et toute personne intéressée puissent émettre des remarques jusqu’à ce vendredi 11 janvier.

Une centaine de personnes était présente, dont le bourgmestre, l’administration générale de l’aide à la jeunesse (AGAJ), les responsables de la DGI et mon cabinet. Une présentation complète du projet architectural et pédagogique a été faite.

Cela a naturellement suscité des questions, quelques inquiétudes et réactions: «Pourquoi ici?», «Pourquoi maintenant?». Nous prenons conscience du fait que la population connaît mal le travail des IPPJ. En outre, quelques élus locaux avaient un peu affolé les quartiers. C’est normal, c’est un jeu politique. Certains ont même dit qu’ils avaient déjà une déchetterie dans leur commune et qu’ils ne souhaitaient pas en plus accueillir des jeunes. Sans en citer les auteurs, nous nous étions évidemment désolidarisés de ces propos. La comparaison était assez maladroite.

Vous avez raison, Monsieur du Bus, de mentionner la réunion précédente. Elle n’était toutefois pas mise en place par un parti. Il s’agissait d’une rencontre d’information réunissant une cinquantaine de personnes organisée par le précédent bourgmestre à la demande de certains riverains.

Comme annoncé lundi, nous pouvons évidemment continuer d’informer la population. Nous nous sommes également engagés à ce qu’une journée portes ouvertes soit organisée chaque année dans les IPPJ pour que la population en connaisse mieux les réalités.

Sur l’aspect pédagogique, l’IPPJ sera ouverte et les jeunes seront scolarisés extra-muros. Elle sera mixte et comportera trois sections: deux sections de dix places réservées aux garçons et une section de dix places pour les filles. Pour la première fois dans une IPPJ, des kots permettront à des jeunes ayant atteint l’âge de 17 ans de se préparer à l’autonomie. Un encadrement strict sera mis en place pour chaque section de dix places.

Les inquiétudes reprises dans la presse étaient du type: «Pourrai-je encore laisser ma fille promener son chien à 17h quand ces jeunes reviendront à l’IPPJ après l’école?». Je rappelle que les jeunes de nos IPPJ en section ouverte préparent une réinsertion et sont en fin de parcours. Mon travail est de faire en sorte qu’ils puissent se construire un avenir et un projet de vie, car à 17 ans, il n’y a pas de déterminisme et je crois beaucoup en eux!

M. André du Bus. – Monsieur le Ministre, je m’en tiendrai à un seul élément: la nécessité de poursuivre la communication avec les habitants. Les journées portes ouvertes sont en effet très importantes parce qu’elles permettent de déconstruire des représentations mentales. Cependant, elles ne permettent pas toujours d’entendre les doléances des habitants. Je plaide pour qu’une vraie réunion d’échange soit organisée avec les habitants pour que ceux-ci puissent exprimer ce qu’ils vivent et constater l’évolution de la situation.