Accompagnement transversal des jeunes mis en autonomie par les services agréés de l’aide à la jeunesse

Publié par xdequinze le mer 09/01/2019 - 16:13
Question à M. Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, des Sports et de la Promotion de Bruxelles, chargé de la tutelle sur la Commission communautaire française de la Région de Bruxelles-Capitale

M. André du Bus. – Au mois de décembre dernier, j’ai également été interpellé par le témoignage dans la presse de cette jeune fille orpheline de 19 ans, qui a été mise en autonomie à l’âge de 16 ans dans un appartement et qui s’est sentie totalement délaissée et oubliée par les services agréés de l’aide à la jeunesse. Ces services ont pourtant pour mission d’accompagner les jeunes aux portes de la majorité vers une plus grande indépendance, en leur trouvant entre autres un logement autonome.

Après un séjour de quelques mois dans un service résidentiel, cette jeune fille a sollicité le SAJ pour le lancement d’un projet de mise en autonomie. Il apparaît que, si certains services sont suffisamment outillés pour apporter un soutien psycho-juridico-social aux jeunes, d’autres présenteraient des carences dans l’accompagnement et les ressources qu’ils leur proposent.

Dans le cas mentionné, la jeune fille aurait fait face, seule, à de nombreux obstacles dans ses démarches administratives liées à ses recherches de logement et de domiciliation, dans l’obtention d’une autorisation afin de participer à un voyage scolaire à l’étranger ou encore dans la gestion des tâches quotidiennes liées à son autonomie. La désillusion de cette jeune fille résulterait du manque de soutien de la part de ses éducateurs et du fait de devoir gérer seule ses ressources financières. Elle précise d’ailleurs, je la cite, qu’«on nous prend pour des enfants tout en devant agir comme des adultes. C’est difficile et ça fait mal».

Monsieur le Ministre, ce témoignage m’interpelle, car cette jeune fille a souhaité s’exprimer pour que la vie d’autres jeunes qui sont en autonomie et qui se sentent également laissés pour compte soit facilitée à l’avenir.

Larticle fait état, pour l’année 2017, de 726 jeunes de moins de 18 ans pris en charge dans le cadre d’une mise en autonomie par des services agréés de l’aide à la jeunesse. Avez-vous déjà les chiffres pour l’année 2018? Combien de jeunes sont-ils concernés?

Ensuite, le 7 février 2017, soit il y a près de deux ans, je vous interpellais déjà sur les difficultés éprouvées par ces jeunes pour voler de leurs propres ailes. J’ai toujours soutenu que ces mineurs fragilisés doivent bénéficier d’un accompagnement socioéducatif pour s’assumer et faire face à la solitude, aux souffrances post-traumatiques et à la réalité sociale et professionnelle. Qu’y a-t-il réellement derrière un projet de mise en autonomie? Quel est aujourd’hui, précisément, le type d’accompagnement prévu pour les jeunes mis en autonomie et en quoi consiste-t-il? Est-il, selon vous, suffisant? Dans la négative, comment accompagner de manière optimale ces jeunes à l’avenir afin de ne pas les soumettre à une indépendance trop précoce?
En outre, me confirmez-vous que le montant octroyé aux jeunes mis en autonomie correspond, pour cette année 2019, au RIS octroyé par les CPAS à partir de 18 ans, et passera donc de 860 euros par mois à 910,52 euros par mois?

Enfin, en 2017, les jeunes n’étaient pas prioritaires pour l’obtention d’un logement social étant donné que, et je reprends vos propos, qu’ils dépendent du marché locatif ou des solutions mises à disposition localement par les services qui les encadrent. Qu’en est-il à l’heure actuelle? Des collaborations ont-elles été développées avec les agences immobilières sociales (AIS) afin de faciliter l’accès de ces jeunes au logement?

[...]

M. André du Bus. – Monsieur le Ministre, je vous remercie pour votre réponse et je souscris tout à fait aux propos de ma collègue Marie-Françoise Nicaise. J’ai l’impression que les choses tardent à aboutir au niveau des collaborations, entre autres avec les AIS, et dans le cadre des différentes formules que vous avez évoquées.

Ce n’est pas la première fois que ces enjeux arrivent sur la table. La Fédération Wallonie-Bruxelles a une obligation de résultat. Quand ce type de témoignage surgit, tel un cri d’alarme, et est relayé de cette manière par la presse, je crois que les services doivent pousser la pédale de l’accélérateur pour aboutir à des résultats, car ces situations sont tout à fait inacceptables! Je sais que vous en êtes conscients, mais je sais aussi qu’il faut parfois secouer l’appareil!