Lutte contre le diabète

Publié par andredubus le ven 16/11/2018 - 13:00
Question à Madame Cécile Jodogne, ministre en charge de la Santé

M. André du Bus.- À l'occasion de la Journée mondiale du diabète qui a eu lieu le 14 novembre dernier, une étude a été publiée portant essentiellement sur le diabète de type 1. Cette étude souligne que ce sont surtout des jeunes et des enfants qui sont touchés par ce type de diabète et que les parents ont des difficultés à détecter ces signes avant-coureurs de diabète.

Nous connaissons les différences entre le diabète de type 1 et le diabète de type 2. Le premier se caractérise par une perturbation dans la production d'insuline. Le diabète de type 2, quant à lui, touche des personnes un peu plus âgées et est principalement lié à une surcharge pondérale, un manque d'activité physique et des déséquilibres alimentaires.

Que compte faire le gouvernement des résultats de cette étude ? Des mesures de sensibilisation des parents sont-elles envisagées, l'étude affirmant que 80% des parents ne parviennent pas détecter ce diabète de type 1 chez leurs enfants ?

Avez-vous pu mettre à l'ordre du jour de la conférence interministérielle (CIM) de la santé publique la revendication historique de l'Association belge du diabète (ABD), à savoir l'élaboration d'un plan national de lutte contre le diabète ? Cette maladie, qui augmente de 5% par an, pose un réel problème de santé publique, d'autant qu'un pourcentage important de personnes affectées l'ignore.

Mme la présidente.- La parole est à Mme Plovie pour sa question d'actualité jointe.

Mme Magali Plovie (Ecolo).- Je m'associe à la question - très bien formulée, comme toujours - de mon collègue. Lors de la Journée mondiale du diabète, les interventions, en particulier de l'Association belge du diabète, sont assez bien passées dans les médias. Au cours de l'émission sur la Première, j'ai été interpellée par l'explication selon laquelle de plus en plus de jeunes et de jeunes enfants étaient touchés par le diabète. Les diabètes de type 1 et de type 2 ont été évoqués.

Cette année, l'accent était mis sur la famille et l'importance de son rôle dans la détection d'un cas de diabète. C'est à elle de prendre des mesures et il convient donc de s'interroger sur la manière de procéder face au diabète de son enfant. Il serait intéressant de savoir quelles sont les mesures prises par la Cocof à cet égard. Je suis ainsi allée consulter le Plan stratégique de promotion de la santé. Celui-ci met évidemment l'accent sur l'alimentation mais, comme évoqué par mon collègue, les mesures à prendre contre le diabète de type 2 ne sont pas les mêmes que celles relatives au diabète de type 1, car d'autres causes sont en jeu.

De manière générale, quelles sont les mesures que vous avez prises ou que vous comptez prendre pour les adultes ? Compte tenu du focus de cette année, des mesures particulières relatives aux enfants sont-elles prévues ?

Mme la présidente.- La parole est à Mme Jodogne.

Mme Cécile Jodogne, ministre.- Comme vous l'avez rappelé, la promotion de comportements et d'environnements favorables à la santé est l'une des priorités du Plan stratégique de promotion de la santé.

La stratégie est principalement axée sur la promotion d'une alimentation saine et équilibrée et d'une activité physique régulière, des facteurs déterminants pour le diabète de type 2. Le Réseau santé diabète (RSD-B) est financé à double titre : il est agréé comme réseau ambulatoire et comme acteur de promotion de la santé pour un montant de plus de 200.000 euros. Le réseau se penche sur l'alimentation équilibrée chez les Bruxellois, l'activité physique, le renforcement du lien social et de la participation, ainsi que l'amélioration de la prévention et de la communication autour de la spécificité de la prise en charge du diabète.

Le 13 novembre, la veille de la Journée mondiale du diabète, une journée de prévention du diabète a été organisée avec de nombreuses activités de sensibilisation, la prise de glycémie encadrée par des infirmières, des conseils de diététiciennes, la tenue de stands, etc. Il est important de souligner que le réseau tente d'élargir son territoire d'action et donc d'augmenter le nombre de ses partenaires en veillant à leur fournir des outils pour que ces derniers puissent eux-mêmes poursuivre ce travail de sensibilisation. Il y a aussi des projets de santé communautaire pour certaines de nos associations et les maisons médicales.

Vous m'interrogez au sujet des enfants. Je ne pourrai malheureusement pas vous répondre sur ce point puisque, depuis le transfert des compétences, cette question relève davantage de l'Office de la naissance et de l'enfance (ONE) et des écoles, via les services de promotion de la santé à l'école (PSE). La Cocof ne mène donc pas d'action spécifique vers le public des enfants.

Tels sont les éléments que je peux fournir en réponse aux premières questions. J'ajouterai - M. du Bus de Warnaffe est déjà au courant car il a posé une question écrite à ce propos - qu'un nouvel appel à projets a été lancé sur la thématique "Attitude saine". Nous avons reçu les dossiers en septembre et, d'ici la fin de l'année, le choix sera fait. Au 1er janvier, des financements seront octroyés pour les projets qui auront été sélectionnés.

En ce qui concerne le plan national, je ne peux que vous renvoyer à ma réponse du 4 mai 2018 dans laquelle je disais, en substance, qu'aucune inscription récente à l'ordre du jour de la conférence interministérielle (CIM) de la santé publique n'avait été réalisée, malgré les demandes formulées il y a un certain temps. Il ne me paraît pas pertinent de s'y employer à six mois d'un renouvellement de cette CIM. Nous ne reviendrons donc vraisemblablement pas sur ce point d'ici le mois de mai prochain. J'espère néanmoins que la situation sera réanalysée et qu'un tel plan pourra être envisagé par la suite.

Mme la présidente.- La parole est à M. du Bus de Warnaffe.

M. André du Bus.- Je sais que la petite enfance relève, entre autres, de l'ONE et des programmes de prévention à l'école. Cependant, cette situation plaide, à nouveau, pour qu'une démarche transversale soit instaurée dans le domaine des soins de santé.

Plus que jamais, la question du diabète mérite d'être étudiée en présence de tous les acteurs concernés. Le diabète représente un coût de santé publique énorme, à charge de l'État fédéral, dont les actions de prévention sont partagées entre les Communautés et les Commissions communautaires. Cet état de fait plaide pour que vous fassiez montre d'un réel volontarisme - qui est le vôtre, nous n'en doutons pas - et que vous continuiez à demander de mettre ce sujet à l'ordre du jour de la conférence interministérielle (CIM) de la santé publique.

Mme la présidente.- La parole est à Mme Plovie.

Mme Magali Plovie (Ecolo).- Je pense en effet qu'il est fondamental de mettre en œuvre un tel plan, et vous avez vous-même souligné l'importance de cette transversalité qu'il faut développer. Toutefois, j'entends bien ce que vous dites au sujet des compétences de la Communauté française.

Cette transversalité qu'il faudrait créer devrait, idéalement, s'appliquer à toutes les entités belges. Si toutefois nous ne pouvons pas avancer rapidement d'ici le mois de mai au niveau de la CIM, nous pourrions en tout cas prendre langue avec la Communauté française, afin d'avancer à propos des enfants et de voir comment travailler avec l'ONE, les écoles et, peut-être, les généralistes, les maisons médicales ou d'autres acteurs du secteur de la promotion de la santé qui dépend de la Cocof.

Nous devons vérifier si un travail en commun peut être effectué au regard de la priorité mise en avant ces derniers jours, et essayer dès que possible d'avancer au niveau de la CIM. Ce blocage et ce manque d'avancées sont à déplorer vu l'importance de ce problème sur le plan de la santé publique.