Politique de lutte contre la tuberculose

Publié par andredubus le ven 12/10/2018 - 13:51
Question à Madame Cécile Jodogne, ministre de la Santé

M.  André  du  Bus.-  Le  26  septembre dernier, l'Organisation des Nations unies (ONU) organisait le premier sommet international sur la tuberculose en marge de son Assemblée générale. L'an passé, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait annoncé que la tuberculose avait devancé le sida parmi les maladies infectieuses les plus meurtrières, devenant ainsi la neuvième cause de mortalité dans le monde.  La tuberculose est donc loin d'être une maladie du passé. En témoignent les 10,5 millions de personnes qui ont contracté cette  grave  maladie  des  poumons en  2016  :  1,7  million  en sont  mortes.  La  tuberculose  est  pourtant  une  maladie  que l'on  peut  prévenir,  traiter  et  guérir.  Dans  notre  pays  aussi, des cas de tuberculose et de gale ont été découverts au parc Maximilien. À l'issue de ce sommet, les chefs d'État présents se sont engagés à mettre un terme à  la pandémie de tuberculose d'ici à 2030, mais aussi à lever 13 milliards de dollars par an pour atteindre cet objectif. La dernière fois que nous avons abordé le sujet, en octobre 2017, nous avons évoqué le Plan d'action bruxellois de lutte contre la pauvreté. Vous avez annoncé que la lutte contre la tuberculose s'inscrivait précisément dans ce plan qui devait encore être approuvé par les différents gouvernements. Vous  n'étiez  pas  en  mesure  d'énoncer  les  initiatives  qui devaient  être  prises. Maintenant  que  le  Gouvernement  a donné  son  feu  vert  pour  le  Plan  d'action  bruxellois  de  lutte contre la pauvreté, pouvez-vous nous en dire davantage sur les  initiatives  qui  doivent être  prises  afin  de  lutter  contre  la tuberculose, qu'on appelle parfois la maladie de la pauvreté ? Par  ailleurs,  vous  aviez  évoqué  la  tenue  d'un  groupe  de travail technique au niveau fédéral le 17 février 2017. Depuis lors,  d'autres  réunions  de  ce  groupe  de  travail  ont-elles  eu lieu  ?  Dans  l'affirmative,  combien  ?  Quels  thèmes  ont  été abordés ? À la suite de ces différentes réunions et groupes de travail thématiques et techniques, quelles sont les pistes d'action  prioritaires  que  vous  pouvez  identifier  et  dont  vous pouvez nous parler aujourd'hui ? Une concertation intergouvernementale et intersectorielle autour de la tuberculose est-elle en cours ? Je pense ici à la situation  des  migrants.  Il  faut  rappeler  la  responsabilité  de l'État fédéral dans l'accompagnement de ces populations.

Mme la présidente.- La parole est à Mme Jodogne.

Mme  Cécile  Jodogne,  ministre.-  Je  connais  votre  intérêt pour  ce  problème  dont  l'ampleur  a  été  rappelée  dans  cet hémicycle à diverses reprises, souvent à  votre initiative. Je crains  de ne  pouvoir  faire  état  de  grands  progrès  dans  ce dossier depuis votre dernière interpellation. Le Plan d’action bruxellois de lutte contre la pauvreté prévoit, comme vous le savez, de soutenir financièrement l'aménagement des locaux de la Fondation Belta -  l'organisation-mère de la Vlaamse Vereniging voor Respiratoire Gezondheidszorg en Tuberculosebestrijding (VRGT)  et  du Fonds  des  affections  respiratoires  (Fares)  - afin d'y installer un dispensaire antituberculeux qui réponde aux besoins des patients et du personnel.

Le  dispensaire  a  pour  mission de  réaliser  le  dépistage  des contacts de patients tuberculeux, d'assurer le suivi des patients  et  de  superviser  le  traitement  des  patients  non compliants, d'offrir une aide administrative - démarches vis-à-vis des mutuelles, orientation vers différents services d'aide  -,  de  réaliser  un  dépistage  chez  des  personnes  à risque  référées  par  les partenaires,  d'informer  les  patients sur la maladie, etc. L'espace est conçu pour faciliter le flux des patients et offrir un espace agréable tant pour l'attente que pour les consultations et  la réalisation des tests de dépistage. Il accueillera  également  une  unité  d'hospitalisation  de  longue durée  pour  les  patients  tuberculeux.  Le  chantier  ayant  pris du  retard,  l'ouverture, initialement  prévue  en  janvier  2019, pourrait être différée.  Le groupe de travail technique consacré à la tuberculose, qui dépend du groupe de travail intercabinets sur la prévention, ne s'est réuni qu'une fois. Ses coordinateurs nous ont assuré qu'une  nouvelle  réunion  serait bientôt  programmée.  Il  n'y  a donc  pas  eu  de  concertation  intergouvernementale  sur  ce sujet.

Pour terminer  néanmoins  sur  une  note  positive,  vous  avez sans  doute  appris  que  la  ministre  fédérale  de  la  Santé publique est intervenue à l'ONU à la fin du mois de septembre  pour présenter  les  bonnes  pratiques  en  matière de lutte contre la tuberculose en Belgique.  Elle  a  expliqué  les  mesures  prises  pour  améliorer  l'accès gratuit au diagnostic et au traitement, grâce à un plan d'accompagnement spécialisé et à des incitants. Le taux de réussite  a  ainsi  pu  rejoindre  les  normes  internationales,  et les taux d'abandon du traitement ont fortement diminué.  Ce sont là les derniers éléments d'information dont je dispose  sur  cette  problématique.  Peu  d'éléments  nouveaux sont à relever depuis votre dernière interpellation.

Mme la présidente.- La parole est à M. du Bus de Warnaffe.

M. André du Bus.-J'ai suivi la déclaration  de  Mme  De  Block,  il  y  a  quelques  semaines. Parler de bonnes pratiques est toujours intéressant, surtout quand on peut vanter celles de la Belgique. Cela étant, je ne sais pas si  les chiffres actualisés de la tuberculose en Belgique  démontrent  que  les  bonnes  pratiques  produisent des effets quantitatifs. Il  est  un  peu  inquiétant que  le  groupe  technique,  censé formuler des recommandations et assurer le suivi au quotidien des mesures de prévention et d’accompagnement, ne  se  soit  réuni  qu'une  seule  fois.  Dès  lors, je  vous  invite, lors de la prochaine conférence interministérielle de la santé publique, à « ressusciter » ce groupe.