Question à Madame Cécile Jodogne, Ministre en charge de la santé
Il y a quelques semaines, nous avons eu l'excellente surprise de découvrir par voie de presse une déclaration des quatre ministres bruxellois francophones - Mmes Laanan, Jodogne et Fremault ainsi que M. Gosuin - qui ont formé un chorus pour définir 28 mesures prises en 2016 afin de promouvoir la santé dans notre Région-capitale. Un budget de 42 millions d'euros serait prévu à cet effet.
Le principe d'une déclaration commune associant plusieurs compétences est une excellente initiative. C'est bien la preuve que la santé, et plus particulièrement sa promotion, fait l'objet d'une volonté de transversalité et d'excellente collaboration entre les différentes compétences, car la promotion de la santé touche directement celles de vos collègues.
Toutefois, l'article que j'ai pu lire n'était pas précis quant aux mesures annoncées. On y mentionnait 28 initiatives, dont un Plan relatif aux attitudes saines, un Plan autour de l'éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) et la lutte contre les mutilations génitales. Quelle est la répartition de ces 28 mesures entre les différents plans ? Quelle méthodologie a-t-elle été utilisée pour les identifier ?
Dans le cadre du Plan de promotion des attitudes saines, le communiqué de presse mentionne qu'un « travail de planification permettra de définir des objectifs réalistes et des stratégies concrètes afin de soutenir chacun et chacune dans l'adoption de choix éclairés dans ce domaine ». Pouvez-vous nous donner de plus amples informations sur les objectifs et stratégies poursuivis ?
Je souhaiterais, par ailleurs, aborder les effets positifs de l'activité physique en matière de prévention d'une série de maladies et de cancers, bienfaits que des études viennent d'objectiver. Il y a une dizaine de jours, une dépêche de l'agence Belga citait une étude américaine parue en mai.
Portant sur un échantillon de 1,5 million de personnes suivies pendant onze ans - soit un échantillonnage et une durée considérables -, elle conclut à une réduction des risques de cancers de 42% pour l’œsophage, 27% pour le foie, 26% pour les poumons, 23% pour les reins, 22% pour l'estomac, 21% pour l'endomètre, 20% pour le sang, 16% pour le côlon et 10% pour le sein. Ces chiffres sont significatifs. Un Plan de promotion des attitudes saines devrait donc réserver à l'activité physique une place prépondérante.
Je fais aussi référence au dernier numéro de la revue Éducation Santé qui évoque longuement l'étude menée par le chercheur Guillaume Adant aboutissant exactement aux mêmes conclusions que l'étude américaine : l'activité physique, c’est avant tout de l'activité physique modérée, avec un temps minimum d'environ deux heures et demie par
semaine, etc. Les avantages en sont détaillés noir sur blanc.
Aujourd'hui, on ne peut parler de promotion de la santé sans mettre en avant l'activité physique comme un de ses fondements accessibles à tous. Je suis heureux de lire que Mme Laanan reconnaît qu'en « termes de santé, la transversalité est indispensable, tant sur le terrain que dans le cadre institutionnel ». On l'a souligné à de nombreuses reprises et j'ai insisté sur cet aspect lors du vote du décret sur la promotion de la santé. C'est un enjeu qui n'est pas évident. La coordination bruxelloise de la promotion de la santé a d'ailleurs rédigé un article sur les difficultés de la transversalité qui répond à une forme d'utopie mais aussi à des réalités individuelles des Bruxellois(e)s, avec entre les deux une réalité organisationnelle et institutionnelle. Réussir la transversalité avec les collègues, les institutions, les associations et les différents corps, fixés dans leurs habitudes et travaillant en silo, est un vrai défi.
Comment cette transversalité sera-t-elle exercée sur le plan institutionnel ? S'agit-il uniquement d'une annonce ponctuelle ou bien d'un travail collégial à long terme ? Quels seront les indicateurs de cette transversalité ? Concerne-t-elle uniquement les compétences de la Commission communautaire française ou cette annonce préfigure-t-elle des collaborations avec vos collègues gérant plusieurs compétences à la Commission communautaire française, à la Commission communautaire commune et à la Région bruxelloise ?
Lire la réponse du Ministre - Commission santé du 31 mai 2016