Question de Mme Potigny et moi-même à M. Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice et de la Promotion de Bruxelles, intitulée
Mme Potigny (MR). – L’agression d’une employée d’un service de protection judiciaire (SPJ) de Charleroi a ébranlé le quotidien déjà difficile de cette institution. Un préavis de grève a été déposé. Par cette action, les représentants du personnel et des syndicats, tant du service d’aide à la jeunesse (SAJ) que du SPJ, souhaitaient montrer leur ras-le-bol et inciter les politiques à prendre des mesures pour qu’ils puissent assurer leurs missions dans la sérénité.
Ces services doivent traiter des dossiers complexes dans lesquels la maîtrise de la composante humaine est ardue. Ces agents souhaitent des garanties de sécurité et de respect. Comment allez-vous répondre concrètement à leurs attentes? Quels moyens mettrez-vous en œuvre rapidement pour endiguer ce phénomène de violence?
M. André du Bus. – Mme Potigny a très bien rappelé le contexte. À la suite de ce préavis de grève, vous avez rencontré les représentants des trois organisations syndicales présentes aux SPJ et SAJ de Charleroi. Il semblerait que la réunion fut constructive et vous aurait permis de tracer des pistes pour renforcer l’encadrement, accompagner psychologiquement le personnel victime de l’agression et sécuriser davantage les conditions de travail.
Vous avez dit que vous soumettriez des propositions au gouvernement en concertation avec les travailleurs concernés. Qui sont-ils? Dans votre avant-projet de décret Code, existe-t-il une disposition visant à apaiser les relations entre le personnel, les bénéficiaires et les familles? Voyez-vous des moyens mobilisables dans le budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour financer ce genre d’initiatives?
M. Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice et de la Promotion de Bruxelles. – Comme vous l’avez signalé, le personnel des SAJ et SPJ a été confronté à des actes de violence. Une déléguée du SPJ a été agressée et a dû être transportée à l’hôpital.
Les faits ont eu lieu mercredi passé, en fin de matinée. J’en ai été informé le jour même, en fin d’après-midi. J’ai immédiatement envoyé un membre de mon cabinet sur place pour rencontrer le personnel et les représentants des syndicats.
Ce service de protection de la jeunesse a travaillé à bureaux fermés les jeudi et vendredi qui ont suivi les faits. Le lundi matin, a eu lieu un arrêt de travail spontané. Madame Potigny, je n’avais pas reçu de préavis de grève, car il semblerait que seule la CGSP de Charleroi soutenait cette action.
Dès que j’en ai eu connaissance, comme vous le rappelez, Monsieur du Bus, j’ai invité les représentants fédéraux – et non pas régionaux comme cela a été erronément signalé – des trois organisations syndicales à mon cabinet. La réunion, qui a duré près de deux heures, a été particulièrement constructive. Nous trouvé des solutions concrètes que j’ai présentées au gouvernement ce matin.
Le gouvernement a décidé, sur ma proposition, de procéder au recrutement d’un agent de renfort à l’administration générale de l’Aide à la jeunesse. Je remercie le ministre de la Fonction publique de m’avoir remis les notes vertes, qui ont été transmises à l’administration tout à l’heure. Cet agent gérera des situations de crise, il pourra se rendre sur place pour apporter un premier appui psychologique. De plus, comme demandé par les syndicats, deux autres personnes seront engagées pour renforcer l’accueil et la sécurité des SAJ et SPJ de Charleroi.
Dès lundi, un membre de mon cabinet – qui a une très longue expérience de direction d’un service de l’Aide à la jeunesse – ira sur place pour soutenir l’encadrement du personnel dans cette période particulière. Je vous dirai aussi que la zone de police de Charleroi s’est engagée à procéder à plusieurs tournées aux alentours du SPJ. Les policiers viendront aussi à l’intérieur du bâtiment. Je profite de l’occasion pour les remercier.
J’envisage l’installation de boutons poussoirs dans les lieux où les délégués reçoivent le public et la conclusion d’un protocole avec l’Union francophone des magistrats de la jeunesse et le parquet pour garantir une présence policière lors d’entretiens risqués ou problématiques, ce qui arrive malheureusement parfois.
Comme vous pouvez le constater, le gouvernement a immédiatement pris des mesures concrètes et je l’en remercie.
Je voudrais également rappeler combien le personnel de l’Aide à la jeunesse de première ligne fait un travail remarquable, mais souvent méconnu. Je voulais profiter de ces questions et de cette triste actualité pour lui rendre un hommage appuyé et lui dire combien, encore une fois, je suis fier d’être à la tête de ce département.
(Applaudissements)
Mme Potigny (MR). – Monsieur le Ministre, je tiens aussi à mettre en évidence letravail remarquable de ces agents. Les différentes mesures que vous venez d’énoncer vont permettre de les rassurer et de les conforter dans ce travail.
Il faut à tout prix travailler en amont sur ce phénomène de violence ou d’incivilité qui augmente dans notre société, en commençant par l’école, notamment.
M. André du Bus. – Monsieur le Ministre, je vous remercie pour la chute de votre réponse: il est effectivement important de véhiculer une image du secteur de l’Aide à la jeunesse qui soit positive, porteuse de sens et d’espoir. Ce secteur vit des situations pas toujours faciles, sans pour autant être criminalisantes ni insécurisantes. Cette image positive doit beaucoup aux initiatives que vous prenez.