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Ligne antiradicalisation de l’Exécutif des musulmans de Belgique

Soumis par andredubus le
Question à M. Rudy Demotte, ministre-président

M. André du Bus. – Monsieur le Ministre-Président, ces questions, au départ adressées à M. Madrane, ont été rassemblées pour vous être posées. C’est bien, vu l’ampleur et l’importance du sujet.

Selon la presse, l’Exécutif des musulmans de Belgique négocierait actuellement avec la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le but de lancer rapidement une ligne téléphonique antiradicalisation. Ce numéro d’appel serait destiné aux jeunes en voie de radicalisation, à leur famille, à leurs amis, professeurs, citoyens, etc. Par cette ligne téléphonique, il s’agit de répondre aux questions sur l’islam, mais aussi de déconstruire les discours radicaux et leurs argumentaires. Le président de l’Exécutif des musulmans avertit également que la police sera contactée lorsqu’un jeune s’apprête à partir en Syrie.

Ce projet s’inscrit dans la volonté de l’Exécutif de proposer aux jeunes musulmans un modèle d’islam compatible avec la loi et le contexte belge. L’Exécutif envisage également de publier des vidéos sur Internet afin de contrer la propagande radicale. Ces démarches de l’Exécutif des musulmans de Belgique sont louables, mais nous nous posons la question de l’articulation avec le projet de centre de prévention contre la radicalisation. Ma collègue Leal-Lopez avait d’ailleurs interrogé en janvier le ministre Madrane sur ce centre de prévention qui doit rassembler une quinzaine de spécialistes et qui a pour objectif de répondre à toutes les personnes confrontées à la radicalisation.

Bref, nous parlons de deux lignes d’appels distinctes, mais qui ont des objectifs similaires. L’enjeu de la prévention et de la lutte contre la radicalisation mérite toute notre attention, mais aussi une réponse claire pour les citoyens. Nous attirons votre attention sur la nécessité de rassembler les expertises et les moyens mis en œuvre en la matière. Que deux lignes téléphoniques antiradicalisation répondant globalement aux mêmes objectifs se développent en parallèle nous pose évidemment des questions en termes d’efficience et de visibilité. Il s’agit également de ne pas «perdre» les citoyens qui se trouvent confrontés à la radicalisation devant choisir entre deux numéros d’appel distincts et de leur apporter une réponse claire.

Ne vous méprenez pas sur mes propos, il ne s’agit pas de refuser ce projet de l’Exécutif des musulmans, mais plutôt de réfléchir et de travailler à une réponse efficace et efficiente dans la prévention et la lutte contre la radicalisation.

Sur la base de ces éléments, confirmez-vous les négociations en cours avec l’Exécutif des musulmans de Belgique sur ce projet? Êtes-vous associé à ces négociations? Et qu’en ressort-il?

Le développement en parallèle de deux lignes antiradicalisation ne risque-t-il pas d’être contre-productif, du moins de perdre en efficience? Comment les citoyens s’y retrouveront-ils?

[...]

M. André du Bus. – Votre réponse nous permet de mieux comprendre la complexité de cette approche. Quand on parle d’un centre d’appels, ceux qui recourent à ce centre arrivent, par définition, avec des questions qui ne font pas toujours la distinction entre la part théologique et la part d’urgence. Il n’est pas toujours évident de proposer une réponse qui puisse satisfaire l’attente des appelants.

On évolue sur un terrain très complexe, mais passionnant, qui mérite une batterie de critères d’analyse et d’évaluation, de façon à ce que l’on puisse déterminer dans quelle mesure les réponses fournies répondent aux attentes, sont efficientes et permettent de gérer certaines situations à très haut risque.

Je reviendrai vers vous dans quelques mois pour voir comment les choses évoluent et comment ce centre d’appels fonctionne. Notre rendez-vous est déjà pris.