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Sondage par les spécialistes du traitement de l'hépatite C

Soumis par andredubus le
Discussion avec Monsieur Didier Gosuin, membre du Collège réuni, compétent pour la politique de la santé

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M. André du Bus. - Je voudrais remercier Mme Moureaux pour son interpellation qui met l'accent sur une pathologie qui est beaucoup trop méconnue, qui évolue à bas bruit. Elle pose sur le plan politique des questions qui se trouvent à cheval sur les compétences de la Cocom et de la Cocof.

Un important travail de sensibilisation doit être fait. La question est de savoir à qui revient la responsabilité de l'assurer tant auprès des médecins que des patients.

Si je reprends la définition de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'hépatite C est une maladie du foie causée par un virus. Le virus de l'hépatite C peut entraîner à la fois une infection hépatique aiguë et une infection chronique dont la gravité est variable, pouvant aller d'une forme bénigne qui dure quelques semaines à une maladie grave qui s'installe à vie. À l'échelle mondiale, 130 à 150 millions d'individus sont porteurs chroniques de l'hépatite C.

La définition de l'OMS met particulièrement bien en évidence le caractère chronique de la pathologie. Pourrait-on faire un appel à projets dans le cadre du plan des maladies chroniques, ou des malades chroniques ? Dans quelle mesure cet enjeu pourrait-il être intégré dans le Plan de santé bruxellois ?

Mme la présidente. - La parole est à M. Gosuin.

M. Didier Gosuin, membre du Collège réuni. - J’ai pris connaissance de ce sondage. Il n’y a effectivement pas d’étude récente pour Bruxelles, mais une étude de 2004 donnait quelques chiffres, avec un taux d’hépatite C de 1% pour la Belgique et de 1,5% pour Bruxelles. Cependant, on estime que 50% des personnes atteintes d’hépatite C ne seraient pas diagnostiquées.

En mai 2014, un Plan hépatite C avait été lancé par la ministre Onkelinx, qui avait alors la santé dans ses compétences. Ce plan de lutte contre l’hépatite C contenu dans le protocole d’accord Plan VHC du 8 août 2014 contient 22 mesures pour cinq ans. Elles associent de la prévention -du ressort des Communautés- et des soins -du ressort du fédéral- mais, surtout, permettent de saisir l’opportunité unique offerte par l’arrivée de nouveaux traitements qui peuvent guérir plus de 90% des patients, alors qu’on dépassait difficilement les 50% de patients soulagés il y a encore un an.

Le plan comporte 22 actions fortes, comme l’intensification du dépistage anonyme et gratuit pour les personnes ayant reçu du sang avant juillet 1990, mais aussi pour les usagers de drogues injectables, les travailleurs des soins de santé, les personnes présentant des tests hépatiques anormaux ou encore les personnes ayant des relations sexuelles avec des partenaires multiples. Un test par la salive serait aussi possible, au lieu de passer par une prise de sang. On procéderait dans ce cas à l’enregistrement des résultats, ce qui n'est pas encore systématique, car il est aujourd’hui totalement impossible pour un médecin de savoir si une personne a déjà subi un test pour détecter le virus.

Un état des lieux a été dressé dans le groupe de travail maladie chronique. Dans le cadre des appels à projets, nous allons pousser pour avoir un projet pilote de prévention à Bruxelles. Il en sera question à la prochaine conférence interministérielle (CIM) Santé pour décider du suivi de tout ou partie des actions du Plan VHC.

Un groupe de travail devra ensuite être mis en place. Un groupe de travail composé d'hépatologues belges a étudié des pistes visant à éradiquer l'hépatite C d'ici à 10 ou 15 ans. S'il est désormais possible de guérir des patients infectés par le virus VHC, le coût des traitements reste élevé.

Actuellement, le budget consacré aux soins de santé prévoit de traiter 900 patients atteints de VHC par an en Belgique. Si l'on veut éliminer le VHC en Belgique d'ici 10 ans, il faudrait traiter 7.000 patients par an et fournir un effort de dépistage élevé.

Aujourd’hui, les patients atteints d’une cirrhose du foie au stade 3 ou 4 bénéficient du remboursement de leurs médicaments. L’intention est d’étendre ce remboursement aux patients atteints d’une cirrhose au stade 2 et aux enfants. La ministre fédérale a pris pour engagement le remboursement étendu à partir de 2016. Le traitement pour tous les cas serait reporté à 2020.

À Bruxelles, l’asbl Réseau Hépatite C Bruxelles, subventionnée par la Cocof, travaille en collaboration avec une multitude de partenaires afin de mieux prévenir, informer et prendre en charge les difficultés liées à l’hépatite C. Elle travaille essentiellement avec des personnes précarisées en Région de Bruxelles-Capitale.

Ce travail est mené en collaboration avec des hôpitaux et des associations actives en prévention et promotion de la santé, comme Projet Lama, le Centre médical Enaden, SAS, MASS, Transit, DUNE, Modus Vivendi, Interstices, mais aussi avec des médecins généralistes et des maisons médicales.

Le Réseau Hépatite C contribue à ce que le médecin habituel ou la personne de référence dans un centre spécialisé rencontre et communique avec d’autres professionnels : médecins, hépatologues, infirmières, psychologues ou assistants sociaux de différents hôpitaux, maisons médicales ou centres spécialisés en Région bruxelloise.

Tous œuvrent ensemble pour éviter que de nouvelles personnes soient contaminées par le VHC, en informant les professionnels de la santé et les groupes à risques, comme les toxicomanes; pour favoriser le dépistage du virus; pour améliorer l’accès aux soins et au traitement; pour favoriser la prise en charge du malade sous divers aspects: médical, mais aussi social et psychologique.

En résumé, le dossier sera abordé à la conférence interministérielle (CIM) de la santé publique. La situation progresse. Nous avons soumis un projet pilote. Bien entendu, nous sommes soumis aux contraintes budgétaires. La ministre fédérale s'est engagée. Nous serons présents pour lui rappeler ses engagements et suivre les réflexions du groupe de travail dont question.