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Accessibilité de l’information en matière de santé pour les seniors

Soumis par andredubus le

La mise en ligne d’informations relatives à la santé, la simplification de formulaires via Internet et tant d’autres objectifs fixés dans la Déclaration de politique communautaire constituent de grandes avancées. Cependant, une attention particulière doit être portée aux personnes de plus de soixante ans, principalement en matière de santé. La création d’un numéro vert permettant aux seniors d’accéder gratuitement à une information individualisée pourrait aller dans ce sens. En effet, en Communauté française, de nombreux acteurs de la promotion et de la prévention en santé réalisent déjà un travail remarquable. Or on constate qu’un grand nombre de personnes âgées sont isolées et ne sont pas informées du soutien qu’elles peuvent recevoir. Un tel numéro vert permettrait effectivement de diriger les personnes âgées vers les acteurs de la promotion de la santé et de la prévention en Communauté française.

Madame la ministre, serait-il envisageable de mettre en place une telle plate-forme au cours de cette législature, avec un personnel qualifié qui pourrait diriger les aînés vers tous les acteurs agréés et subventionnés par la Communauté française ? Des mesures afin de faciliter l’accès à l’information en promotion de la santé et en prévention pour les seniors sont-elles prévues en Communauté française ? Si oui, quelles sont-elles ?

Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – Je partage le souci de M. du Bus de Warnaffe de voir certains groupes de la population, notamment des personnes âgées, se trouver progressivement déconnectés des informations qui circulent sur Internet. Si l’on n’y prend garde, les moyens d’information et de communication modernes pourraient effectivement mettre certaines personnes âgées fragilisées en retrait de l’information.
Il est cependant difficile de mettre tous les sexagénaires sur le même pied. Certains sont encore parfaitement actifs physiquement et intellectuellement. Nombre d’entre eux surfent sur le net et y trouvent un nouvel intérêt pour l’information.
Votre proposition de mettre à la disposition des seniors un numéro vert pour une information individualisée comporte le risque que les utilisateurs de ce numéro ne soient pas ceux que l’on souhaite atteindre. Les personnes âgées isolées, non informées pour différentes raisons socioéconomiques ou culturelles seraient celles qui se tourneraient le moins facilement vers le numéro vert. Le service communautaire de promotion de la santé de l’UCL-RESO vient de publier un dossier intitulé « Comment améliorer la participation des personnes âgées en consultation de médecine générale ». Ce dossier reprend les différents types de relations entre un médecin et son patient et ce, tout particulièrement, la participation de patients plus âgés en consultation de médecine générale.
Il décrit, d’une part, les différents aspects favorisant cette participation et, d’autre part, les moyens disponibles permettant d’améliorer celle-ci. Il propose également différentes mesures pour évaluer la participation du patient en consultation. Ce document est réalisé en collaboration avec le Centre académique de médecine générale de l’UCL. Le dossier rapporte une étude de Wieder sur les souhaits de la population de plus de 65 ans en ce qui concerne l’interaction médecin-patient. Il en ressort que le médecin est la source d’information préférée de la majorité des personnes de plus de 65 ans. Les médecins traitants ou les services mis à disposition en matière de santé comme les soins à domicile, les aides familiales, etc. semblent les mieux placés pour leur fournir une information utile.
Dans la réflexion sur les priorités à développer, l’attention à porter aux personnes âgées est importante.
Peu d’actions de promotion de la santé sont dirigées vers ces personnes, spécifiquement du moins dans le cadre de la communication et de l’information à leur disposition. Cependant, l’instauration d’un numéro vert exige des moyens importants et des capacités d’écoute et de connaissance pour orienter les utilisateurs. Je pense qu’il faut d’abord utiliser pleinement les services existants les plus proches des personnes âgées, sans se limiter au secteur des professionnels de la santé.

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Vous faites référence au médecin, c’est une excellente chose. L’idéal serait que chacun puisse bénéficier d’un rapport privilégié avec son médecin généraliste, ce qui n’est pas toujours le cas. De nombreuses associations actives en promotion de la santé ne travaillent pas toujours en collaboration avec les médecins. Nous touchons au problème bien connu des liens entre le secteur de la promotion de la santé et les médecins. Des confusions existent entre les deux concepts. La promotion de la santé couvre un champ plus large que la médecine.
L’idée que j’ai émise n’est pas le fruit de mon imagination mais d’un colloque qui s’est tenu, il y a trois semaines à l’initiative de la Fondation Roi Baudouin, et qui était intitulé Pauvreté et Vieillissement. Cette idée a été portée par plusieurs associations.