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Accessibilité des personnes porteuses d'un handicap à la culture

Soumis par andredubus le

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Dans la déclaration de politique communautaire, le gouvernement entend lancer une réflexion sur l’accueil et la participation des personnes handicapées aux projets culturels. Il est également prévu de renforcer l’accessibilité des infrastructures culturelles à ces personnes. Il existe bien entendu quelques projets notables autour de cette problématique dont, pour ne citer qu’eux, le soutien à la Ligue Braille pour la lecture publique, au Musée des Arts différenciés à Liège, à certaines associations d’éducation permanente et certains CEC dont l’objet est explicitement la participation de la personne handicapée à la vie culturelle, l’adaptation du matériel audio de certains opérateurs culturels aux fréquences des appareils auditifs des usagers, les objectifs d’accès dans le contrat de gestion de la RTBF, etc.

Quelles sont les actions concrètes qui sont menées pour rendre la culture accessible aux personnes handicapées ? Existe-t-il des actions particulières  en fonction des spécificités du handicap, notamment la surdité ? Les opérateurs culturels ont-ils été systématiquement sensibilisés à la problématique de l’accès de l’offre et de l’infrastructure culturelles ? Comment mieux les sensibiliser ? Cette thématique est-elle prise en compte dans les Assises du développement culturel territorial ? Dans la négative, le sera-t-elle à l’avenir ? Le projet « Mons 2015 » inclut-il cet enjeu ?

Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – En tant que ministre de la Culture et de l’Égalité des chances, je suis particulièrement attentive à l’accessibilité de la culture à tous, y compris aux personnes fragilisées et/ou porteuses d’un handicap. La Communauté française soutient un certain nombre d’organismes et d’initiatives visant à rendre la culture accessible aux personnes porteuses d’un handicap et les actions menées sont nombreuses.

Dans le secteur de la lecture publique, les organismes soutenus, à savoir les bibliothèques, la bibliothèque spéciale de la Ligue Braille, la bibliothèque spéciale de l’oeuvre nationale des aveugles et la bibliothèque spéciale « La Lumière » touchent des personnes aveugles et malvoyantes et offre des outils appropriés de lecture (Braille, lecture audio, etc.). En outre, toutes les bibliothèques mettent à disposition du public concerné des livres à grands caractères. L’Association des parents d’enfants déficients auditifs francophones (Apedaf) perçoit une subvention afin de mener des actions en collaboration avec les bibliothèques et d’organiser la lecture de contes en langue des signes et en langue orale.

Dans le secteur des arts de la scène, les organisateurs d’événements musicaux ont mis en place  depuis plusieurs années des services personnalisés pour les personnes porteuses d’un handicap (rampe d’accès, podium surélevé, engagement de personnel bénévole chargé de l’accueil de ce public). À l’initiative du Créam et de l’Espace Catastrophe, le spectacle Complicité permet la rencontre d’artistes handicapés mentaux et d’artistes professionnels et laisse chacun trouver sa place avec ce qu’il est, tout en confrontant les pratiques et les modes d’expression. Au Théâtre national, une boucle à induction magnétique destinée aux malentendants est installée dans les salles, à l’exception du studio. Plusieurs représentations sont décrites oralement par Audioscenic. Les spectateurs ayant des déficiences visuelles y reçoivent en direct, via une oreillette et entre les répliques des comédiens, des informations essentielles sur les éléments visuels du spectacle. Une introduction à la séance est présentée quarante-cinq minutes avant la levée du rideau.

J’en viens au secteur muséal. Il me semble important de citer les initiatives du Musée royal de Mariemont, qui propose une approche multisensorielle du lieu muséal ainsi que des collections et des expositions conçues pour le public déficient visuel et auditif. Le Musée de la photographie à Charleroi développe, quant à lui, diverses formules de visite destinées tant aux personnes mentalement déficientes – visites guidées, visites ateliers, Objectif photo – qu’au public déficient visuel ou auditif –visites guidées en langue des signes. Le Grand Curtius de Liège a conçu un parcours dédié aux malvoyants et aux aveugles. D’autres parcours sont adaptés aux déficients intellectuels et certaines visites guidées aux malentendants. Enfin, je m’en voudrais d’omettre l’excellent travail  réalisé par le Musée Art & Marges de Bruxelles qui défend des artistes ne s’inscrivant pas dans le circuit culturel officiel et classique. J’en viens au secteur de l’éducation permanente.

Plusieurs associations reconnues représentent des personnes handicapées ou développent des projets avec elles. Altéo est une association fondée en 1961 à l’initiative des Mutualités chrétiennes. Elle vise notamment l’intégration des personnes malades et handicapées grâce à de nombreuses activités : sport, séjours de vacances, activités culturelles. Je peux également citer les activités de l’asbl Passe-Muraille qui s’est, par exemple, associée depuis 2010 avec Le Manège à MWedding Photography Secrets! #1 Book On Learning Photography.ons afin de proposer des spectacles accessibles aux personnes sourdes et malentendantes. Ainsi, le spectacle de Nanodanse « Kiss & Cry » a été totalement traduit en langue des signes. Une rencontre a également été organisée avec l’équipe artistique et a elle aussi été traduite en langue des signes. Enfin, comment ne pas citer le Cream qui revendique sa place et sa participation dans la vie culturelle locale, régionale et même internationale ?

Fondée en 1983, cette association propose des ateliers créatifs à des personnes handicapées mentales motivées par un travail artistique. Son originalité réside dans l’approche de la personne qui est avant tout considérée comme artiste à part entière. Les disciplines pratiquées sont les arts plastiques, la musique, la danse et le cirque. Lors de la rénovation ou de l’extension des infrastructures culturelles appartenant aux collectivités locales, il est tenu compte des directives soit du Code wallon de l’aménagement du territoire en Région wallonne soit de l’ordonnance sur l’urbanisme en Région de Bruxelles-Capitale. Il s’agit en premier lieu d’une compétence régionale. Ainsi, afin de respecter les conditions urbanistiques, chaque dossier intègre la problématique de l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.

Par contre, tous les bâtiments appartenant à la Communauté française ne sont malheureusement pas encore pourvus d’infrastructures accessibles à ces mêmes personnes. Toutefois, les bâtiments qui ont été rénovés ou construits dans les cinq dernières années ont pu bénéficier des infrastructures ad hoc. Disposent ainsi des équipements nécessaires le Domaine de Mariemont, le Théâtre national, le MACs, le Churchill à Liège, le Sauvenière, l’OPL, le Musée de la photographie, le Vecteur à Charleroi, le Théâtre Varia à Bruxelles et le Musée de la Fonderie à Molenbeek. Il va de soi que les aménagements indispensables pour améliorer l’accessibilité des infrastructures culturelles appartenant à la Communauté française se poursuivront durant toute la législature. Enfin, je peux vous informer qu’un architecte spécialement chargé de l’analyse de cette problématique pour les secteurs culturel, sportif et scolaire va bientôt entrer en fonction au sein de l’administration générale des Infrastructures.

Comme le prévoit la Déclaration de politique communautaire, une réflexion est en cours sur l’accueil des personnes handicapées et leur participation aux projets culturels. Une collaboration est organisée avec des associations représentatives de ce public afin de débattre, de réfléchir et d’échanger des informations relatives à l’accessibilité des personnes à mobilité réduite. La réflexion initiée dans le cadre des Assises du développement culturel territorial et les propositions d’actions concrètes qui en découleront toucheront trois niveaux de réflexion, dont celui des populations. Il faudra tenir compte des caractéristiques socio-économiques, démographiques et linguistiques des populations ainsi que de leur localisation géographique et de leur évolution. Cette analyse portera sur l’offre existante, les besoins et les attentes. Il n’est pas question d’exclure ou de stigmatiser une quelconque catégorie de personnes. En outre, la cartographie de l’offre culturelle élaborée pour chaque territoire identifiera les opérateurs, quels que soient leurs activités et leur public.

Elle reprendra les initiatives existantes en faveur des personnes handicapées. Enfin, le projet « Mons 2015 », c’est-à-dire le dossier de candidature de Mons comme capitale européenne de la culture en 2015, comportait déjà un chapitre consacré à l’accès à la culture des personnes handicapées. L’attribution du titre ne pourra que le renforcer. Ce chapitre concerne notamment la facilitation de l’accès physique de ce public aux événements culturels de l’année, notamment dans les nouvelles infrastructures qui seront construites d’ici à 2015, mais aussi l’organisation de déplacements ciblés. Pour ce qui est des malentendants, le Théâtre du Manège est déjà équipé d’une boucle à induction qui favorise l’écoute et la compréhension. De plus, plusieurs membres de l’équipe de communication et de billetterie ont été formés au langage des signes.

En partenariat avec Hainaut Cinéma, un projet expérimental à l’échelle européenne est envisagé. Il s’agit de doublages de films à destination des malvoyants. Par ailleurs, une classe de l’Institut pour aveugles de Ghlin/Mons sera intégrée au projet « J’aurai 20 ans en 2015 », qui organise un suivi pédagogique, ludique et technologique de toute une classe d’âge jusqu’en 2015. Enfin, l’équipe de « Mons 2015 » travaille étroitement avec la plateforme des personnes âgées et handicapées mise sur pied par le CPAS de Mons. Elle prévoit à son intention de nombreuses propositions culturelles. « Mons 2015 » sera donc à la pointe sur le plan de l’accueil des personnes à mobilité réduite ou porteuses d’un handicap. Je plaide donc pour que la concertation entre les acteurs du monde du handicap et ceux de la culture soit renforcée afin de mieux faire connaître les initiatives prises, de mieux ventiler cette promotion à travers les réseaux associatifs mais également de mieux vous faire comprendre les demandes du secteur. zp8497586rq