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Accueil potentiel de réfugiés de guerre

Soumis par andredubus le
Question au collège et la réponse, entre autres, de Monsieur Rik Baeten, Echevin de la cohésion sociale, de la solidarité et la coopération internationales

Mesdames, Messieurs,

L'ampleur que prend la question des réfugiés de la guerre en Syrie emporte des conséquences pour toutes les entités politiques de notre pays : le niveau fédéral, les provinces, les régions, les communautés. Elles touchent également le niveau communal.
Ce ne sont pas seulement des questions liées à l'hébergement auxquelles il convient de répondre, mais aussi celles liées à l'intégration sociale, l'apprentissage de la langue, l'instruction des enfants, les besoins de santé, l'assimilation progressive des adultes dans un tissu professionnel.

Il est remarquable de constater que de nombreuses initiatives citoyennes ont spontanément vu le jour pour venir en aide à ces personnes en demande du statut de réfugié.Notre commune a déjà dû faire face, voici neuf ans, à l'accueil de réfugiés via la mise à disposition des locaux de l'ancien hôpital du CPAS alors désaffecté.

Ma question est de savoir si ce sujet est déjà abordé par le Collège, si des demandes spécifiques du fédéral ont été formulées à l'égard de notre commune, si des habitants se sont manifestés auprès de la commune pour offrir une aide – comme c'est déjà le cas dans d'autres communes-, si des réponses  concrètes et opérationnelles leur ont été formulées. Ceci sans évoquer les réponses auxquelles devra faire face notre CPAS qui sera inévitablement et structurellement sollicité.

Je pense également au tissu associatif particulièrement riche de notre commune qui peut activement participer aux réponses à fournir à ces nouveaux réfugiés, au programme de cohésion sociale qui pourrait s'adapter à ces nouvelles situations, au rôle que peut assumer le centre culturel pour offrir un espace d'expression souvent bien nécessaire pour « dire le vécu », aux écoles qui pourraient être rapidement confrontées à des inscriptions en surnombre, aux consultations ONE qu'il conviendra de prévoir, aux logements supplémentaires qu'il faudra trouver, à l'information à fournir à la population… La liste est loin d'être exhaustive. Mais l'ensemble constitue autant de défis qui pourraient aussi recueillir, pour certaines du moins, un soutien financier via le dépôt de projets auprès des ministres concernés par les différentes matières.

En un mot comme en cent, ma question est de savoir comment notre commune se prépare à l'accueil  d'une partie de ces réfugiés.

Monsieur Rik Baeten, Echevin. - L’accueil des migrants fuyant les zones de guerre en dignité est une affaire des droits fondamentaux de l'homme. Et comme le thème central du « Mois de la Solidarité » de cette année étant la justice sociale, il est évident que la politique de solidarité internationale et celle de la cohésion sociale de notre commune aient un rôle important à jouer dans l’accueil et l’intégration des réfugiés politiques.

Comme Monsieur Van Praet l’a précisé, nous pourrons nous attendre à un afflux de plusieurs migrants au moment de l’obtention du statut de réfugié politique.

Mais comme nous avons pu constater depuis un mois dans tout le pays, il y a une grande volonté parmi les habitants à donner une aide concrète à l’accueil des réfugiés.

Nous avons eu des contacts avec plusieurs associations et plateformes pour leur demander quels sont les besoins concrets auxquels nous pourrions répondre. Ils nous ont confirmé qu’en termes d’aide matériel (vêtements, etc.) il n’y a pas nécessairement de besoins mais bien les dons financiers, le bénévolat ainsi que la mise en location d’appartements, de studios ou maisons.

En termes de communication, nous avons mis ces informations sur le site web de la commune et nous voulons aussi impliquer les associations, le centre culturel, het gemeenschapscentrum, les bibliothèques, etc. à diffuser l’info.

Concernant les dons, la Croix Rouge demande du soutien financier, non seulement pour les soins médicaux mais également pour l’accompagnement dans la recherche de proches disparus ainsi que pour le soutien psychologique.

D’autres associations, très actives sur le terrain, telles que Médecins du Monde et le Consortium 12-12 qui regroupe plusieurs associations pour l’aide d’urgence ont aussi besoin de dons.

Des appels au bénévolat viennent entre autre des centres d’accueil de Fedasil (le plus proche d’Etterbeek est celui de Woluwe- Saint-Pierre), des centres d’accueil de la Croix Rouge, du Mouvement Convivial et d’autres. Je pense à créer une adresse email unique « benevols.refugies » où les bénévoles potentiels de notre commune peuvent s’adresser.

A moyen terme, plusieurs acteurs locaux pourraient jouer un rôle important pour l’intégration sociale des réfugiés : pour la cohésion sociale, il y a notre réseau d’associations « particulièrement riche » (comme monsieur de Bus a remarqué) qui donnent des cours d’alpha, de l’apprentissage de Français Langue Etrangère et du soutien scolaire, mais également à travers leurs actions de vivre-ensemble qui visent à favoriser la cohabitation et donc leur intégration à plus long terme. A noter que la majorité des participants au cours d’alpha et FLE (de Welcome Babbelkot, Animation et Loisir, Senghor..) sont des femmes issues de la migration.

Nous avons planifié une réunion avec les associations concernées pour voir ce qui serait possible de réaliser. Nous devons tenir compte du fait que ces associations sont déjà confrontées à des listes d’attente et que leur moyens sont limités, mais dans son plan d’action pour l’intégration des réfugiés, le gouvernement Bruxellois et le collège Cocof prévoient un soutien financier additionnel pour les initiatives Alpha et FLE pour les réfugiés.

Finalement, il y a aussi un besoin d’information administrative et juridique pour les réfugies. L’organisation CIRE qui est située à quelques mètres de notre commune, de l’autre côté de la rue du Vivier, organise des sessions d’information juridique destinées au bénévoles, juristes ou non-juristes, à cet égard. Je peux vous dire aussi que la Maison de Quartier Chambéry pense à organiser un tel point d’info pour les réfugiés. Un soutien de la Région est également prévu pour ce type d’initiatives.