Question à Monsieur Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice et de la Promotion de Bruxelles
M. André du Bus. – Dernièrement, nous avons eu l’occasion d’échanger, en commission et en séance plénière, sur votre projet de créer à Bruxelles une institution publique prenant en charge des jeunes ayant commis un fait qualifié d’infraction. Mais aujourd’hui, j’aimerais vous interroger sur les mesures post-institutionnelles, car après un séjour en institution publique de protection de la jeunesse (IPPJ), il est indispensable d’accompagner le jeune dans son milieu de vie – social, familial et scolaire – en vue de sa réinsertion. En déterminant avec le jeune et sa famille un nouveau projet de vie, il s’agit également de lutter contre la récidive et de réaliser ainsi un travail de prévention. À ce titre, en 2002, les services d’accompagnement post-institutionnel des mineurs (API) ont été généralisés dans toutes les IPPJ: une équipe API est attachée à chaque IPPJ. Si l’accès à l’API est ouvert à tous les jeunes, certains principes doivent être nécessairement rencontrés. Tout d’abord, la famille du jeune doit obligatoirement être impliquée dans le projet d’accompagnement, en collaboration avec l’équipe éducative. Ensuite, tout doit être mis en œuvre pour que le jeune réintègre le système scolaire.
Enfin, l’opportunité est laissée au jeune de proposer un projet. Outre l’API, d’autres services jouent un rôle important dans l’offre post-IPPJ. Nous pensons aux services d’aide et d’intervention éducative (SAIE) ou encore aux sections d’accompagnement, de mobilisations intensives et d’observation (SAMIO). À ce sujet, vous avez annoncé avoir demandé à la direction générale de l’Aide à la jeunesse (DGAJ) une évaluation de l’offre post-IPPJ globale afin de vérifier si elle est suffisante pour répondre aux besoins des jeunes. Il s’agissait également d’analyser la possibilité de rationaliser cette offre actuellement réalisée par différents services ainsi que sa répartition géographique. Que ressort-il de cette évaluation menée par l’administration? L’offre post-IPPJ est-elle suffisante au regard des besoins? La possibilité de rationaliser l’offre a-t-elle été évaluée? Qu’en est-il de la répartition géographique, convient-elle à la demande et aux besoins?
M. Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice et de la Promotion de Bruxelles. – Je suis désolé, mais l’évaluation de l’administration étant toujours en cours, je ne peux pas vous apporter de réponse suffisamment détaillée. Je vous propose de revenir sur ce point lors d’une prochaine commission. Dès que je disposerai des informations, je vous les communiquerai. Cette question importante mérite des réponses précises.
M. André du Bus. – Votre souci de précision vous honore de même que votre fidélité à l’évaluation, qui est très importante. L’évaluation implique de prendre en compte l’avis des acteurs, mais aussi celui du secteur. J’ose espérer que ce dernier sera entendu avec autant d’attention que pour d’autres projets qui vous tiennent à cœur.