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Bonne contraception rime avec bonne information

Soumis par andredubus le

Question orale à la ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances

M. André du Bus de Warnaffe (cdH).– Dans un article récent du journal Le Soir, un journaliste a relayé plusieurs constatations interpellantes concernant la contraception et plus particulièrement la pilule.

En Belgique, la pilule reste le premier moyen contraceptif puisque une femme de 14 à 55 ans sur deux l’utilise. Cependant, ces dix dernières années, elle aurait perdu 5 pour cent de ses adeptes. Même si, régulièrement, les femmes l’abandonnent au profit d’autres méthodes hormonales, comme le patch contraceptif ou l’implant, il semble qu’un nouveau phénomène apparaisse chez les jeunes femmes : celui de considérer la pilule comme un moyen « dépassé » ou « antinaturel ». La raison principale invoquée serait que l’ingestion d’hormones présente des risques de cancer – en tout cas, de cancers du col utérin ou du foie – ou d’accident circulatoire. Or la grande majorité des spécialistes estime que le risque de cancer est infime comparé à ce qu’apporte la pilule.

Par ailleurs, les jeunes femmes se montrent encore trop peu enclines à l’utilisation d’autres moyens de contraception, souvent faute d’information. Pourtant chaque femme est différente et il est possible de leur proposer un moyen de contraception adapté.

Pour améliorer cette situation, une association apparemment nouvelle, « Prévention santé », et largement sponsorisée par la firme pharmaceutique Teva, a réalisé une campagne d’information en distribuant de fausses boîtes de pilules, avec comme slogan « La pilule n’est pas un bonbon » et la mention d’un site internet dit « d’information ». Sur ce site, la jeune femme, car la communication vise les 14-18 ans, découvrira, à côté de conseils généraux de contraception que l’on peut trouver sur des sites non commerciaux, qu’il existe un nouveau type de pilule à l’œstrogène naturel, dont seule la firme Teva est productrice.

Rien de cela n’est faux mais le procédé, très habile, pousse les jeunes filles à utiliser cette pilule qui est justement parmi les plus chères du marché.

Or beaucoup de pilules très efficaces sont totalement remboursées. Faire de la publicité – même indirecte – pour un médicament sous prescription est interdit et pernicieux !

Madame la ministre, les jeunes femmes ont droit à une information objective et neutre pour choisir leur moyen de contraception. Avez-vous connaissance de l’association « Prévention santé », qui a organisé la campagne d’information dont je viens de faire état ? Comment ce genre de campagnes, détournées et semble-t-il à but commercial, sont-elles contrôlées par la Fédération Wallonie-
Bruxelles ? Des concertations avec l’État fédéral et la Région wallonne sont-elles prévues à cet effet ?

En termes d’éducation à la vie affective et sexuelle, comment la Fédération Wallonie-Bruxelles garantit-elle une bonne information des femmes de tout âge sur la contraception ?

Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – J’ai pris connaissance de la campagne « La pilule n’est pas un bonbon » et des références commerciales poussant les jeunes filles à consommer certains produits. Avant cette campagne, l’association « Prévention santé » m’était inconnue. Cet organisme n’est financé par aucun pouvoir public.

En tant que ministre de la Santé de la Fédération Wallonie-Bruxelles, je ne suis pas compétente pour la régulation de la publicité. Cette compétence exclusivement fédérale est exercée par la ministre Laurette Onkelinx. Elle a sollicité l’Agence fédérale pour la sécurité des médicaments qui, après enquête, a obligé l’organisateur de la campagne à faire disparaître toutes les mentions promotionnelles de son site internet.

Dans sa déclaration de politique communautaire, le gouvernement a fait de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (Evras) une priorité. Plusieurs projets relatifs à l’Evras et à la contraception sont soutenus par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

La Fédération laïque des centres de planning familial est subventionnée pour un programme de formation des professionnels à l’Evras. Ces cours visent à développer une vision positive de la sexualité chez les adolescents pour les préparer à une vie affective et sexuelle autonome, libre et responsable.

Le respect entre partenaires, la prévention des risques et la protection de soi et des autres sont au centre de cette formation.

La Fédération laïque des centres de planning familial bénéficie également d’un appui pour son projet Sex&Co dont le but est de réduire la prise de risque lié à la sexualité lors des festivals et à promouvoir le libre choix et la responsabilité des jeunes.

L’asbl Femmes et Santé est subventionnée pour un programme d’Evras destiné aux femmes soucieuses de vivre leur sexualité de manière moins médicalisée.

Des outils pédagogiques, comme la brochure sur la contraception publiée par le Centre de planning familial liégeois, sont régulièrement distribués dans les centres de planning familial.

À la suite de la nouvelle disposition du décret « missions » sur l’Evras, le cabinet de ma collègue
Marie-Dominique Simonet et le mien travaillent à un projet de vade-mecum à l’usage des établissements scolaires.

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – J’apprécie l’initiative de Mme la ministre Onkelinx. Le chanteur Antoine disait « Il faut mettre la pilule en vente dans tous les Monoprix ». Ses propos semblent être toujours d’actualité.