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Budget de l'Aide à la jeunesse

Soumis par andredubus le
Intervention dans le cadre du vote du budget de l'Aide à la jeunesse

M. André du Bus. – J’interviens sur les éléments budgétaires dont nous avons discuté en commission de l’Aide à la jeunesse, lesquels nous ont aussi permis d’aborder des points qui seront prochainement débattus dans le cadre du décret-code de l’aide à la jeunesse.

Nous sommes satisfaits, dans le contexte budgétaire actuel, de savoir que le secteur bénéficie d’une croissance budgétaire. Même si celle-ci est faible, puisqu’il s’agit de 1 %, c’est toujours cela de pris. Les besoins du secteur de la jeunesse sont toutefois énormes et ce pour cent supplémentaire ne parvient toujours pas à répondre à l’ampleur des demandes.

Cela dit, nous soulignons les efforts consentis à l’égard du recrutement des nouvelles familles d’accueil. Nous avons tous pu apprécier l’excellente initiative qui s’est récemment développée sur nos écrans télévisés. Il faudra voir dans quelle mesure cette campagne aura les effets escomptés, si l’argent investi donnera effectivement lieu à une augmentation du nombre des familles d’accueil.

Nous soulignons également l’augmentation pour les établissements d’accueil. Un montant de 4 850 000 euros est ainsi consacré aux services d’hébergement.

Nous saluons aussi l’effort fourni pour le projet de l’ASBL Les Tamaris, qui deviendra un projet pédagogique particulier, ce qui constitue une excellente chose. Les jeunes accompagnés par ce centre d’accueil spécialisé disposent d’une aide d’urgence et spécialisée pour contrecarrer des comportements violents, agressifs, des problèmes psychologiques graves, des faits qualifiés infraction.

Si nous tenons à saluer ces augmentations budgétaires, nous déplorons aussi, comme je l’ai déjà dit, que le secteur soit globalement sous-financé.

En commission, vous nous avez confirmé que vous vous attelleriez, au cours de cette législature, à amplifier les moyens destinés à couvrir la prévention générale. C’est une question aussi importante que délicate. Le gouvernement veut étendre le concept de prévention générale au-delà de 18 ans. Nous sommes conscients de cette demande, mais il ne faudrait pas que cela se fasse au détriment du budget de l’aide à la jeunesse ou des tranches d’âge plus jeunes. Par ailleurs, cela soulève aussi le problème de l’intersectorialité, entre la jeunesse et l’aide à la jeunesse.

Nous serons également attentifs aux projets «Histoires croisées» menés de concert avec votre collègue, Mme Simonis, puisque ceux-ci sont financés conjointement. Nous soutenons la transversalité à 100 % pourvu qu’elle donne d’excellents résultats.

Outre les enjeux classiques, il reste le défi de la prévention contre le radicalisme Il s’agit là d’une donnée nouvelle, en ce sens qu’elle revêt un relief particulièrement interpellant au vu de l’actualité. Si le secteur fait face, il ne pourra le faire seul. Comme vous l’avez souligné, notre responsabilité en tant que Fédération Wallonie-Bruxelles sera d’investir et d’utiliser les moyens financiers et humains nécessaires pour prendre ce problème à bras-le-corps. C’est pourquoi nous nous réjouissons, par exemple, de savoir que le budget des maisons de justice est renforcé de façon significative. Elles ont un rôle à jouer dans cette lutte contre le radicalisme, mais aussi dans la problématique des returnees. Ce sont des enjeux cruciaux. Si la surveillance électronique est évoquée comme réponse à ce problème, la Fédération Wallonie-Bruxelles ne pourra subvenir seule à l’ensemble des coûts que génère ce dispositif.

Le groupe cdH insiste pour qu’une concertation régulière et soutenue soit maintenue avec le pouvoir fédéral. Cette concertation devra se traduire par des résultats concrets. Si le pouvoir fédéral décide seul de son côté, ce sera ingérable pour notre Fédération. C’est l’affaire de tous les niveaux de pouvoir.