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Ce jeudi 21 juin, premier jour de l'été, au menu sénatorial

Soumis par andredubus le

Vote de la scission de BHV, du refinancement de Bruxelles ...

« La Présidente ! ». La voix de stentor résonne dans l'hémicycle. Il est 9h15. Les membres du Sénat se lèvent. La Prébuy cheap cialissidente s'assied, l'assemblée la suit. Un cérémonial de mise dans toutes les assemblées.

Mais en ce premier jour d'été, cette assemblée n'est pas une assemblée ordinaire. Une page va se tourner, une lourde page, une très lourde page... Celle qui a vu des générations de politiques se casser les dents, qui a vu des gouvernements tomber, qui a freiné, voire empêché la formation de plusieurs majorités.

Un des symboles majeurs du mouvement flamand, la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, va devenir une réalité. Une gestation qui aura duré des décennies, une négociation qui aura duré quelques mois - après une crise inédite-, un accouchement qui aura duré deux semaines, un vote qui durera - en fin de journée- quelques secondes. Et puis, rideau ! Presque, car la Chambre s'adonnera au même exercice dans quelques semaines. Le bicaméralisme intégral n'est pas mort !

A cette scission de BHV s'ajoutent les propositions de loi portant sur le refinancement de Bruxelles, la prise en considération d'une communauté métropolitaine, et des nouvelles règles de bonne gouvernance.

Mais les débats du jour ne portent théoriquement pas sur la scission de BHV, déjà largement débattue en plénière durant la journée du mardi 19 juin. Il est aujourd'hui surtout question du refinancement de Bruxelles. Ce sont les élus de l'opposition qui ouvrent le feu. Un feu nourri mais vain, de très courte portée. L'élu du Vlaams Belang s'époumone à la tribune, ne peut s'empêcher de revenir sur la scission de BHV, bien ramené à l'ordre par les élus de la majorité. Du côté de la NVA le siège de Bart De Wever est vide... L'élu est interrompu à plusieurs reprises, le président du CD&V, Wouter Beke, rappelle, rectifie les propos, refuse que l'histoire soit réécrite sous un prisme déformant. Les autres sénateurs, néerlandophones surtout, francophones un peu, appuient. Le débat est vraiment lancé. Ce matin du 21 juin, le Sénat s'enflamme. Faisant mentir cette sentence rappelée par Francis Delpérée, sentence d'un commentateur de la fin du XIXème siècle qui, à propos du Sénat, le qualifiait d'appendice de La Chambre, et encore, « un appendice incapable de s'enflammer ».

Et donc en ce 21 juin, à l'instar d'une météo orageuse, le Sénat gronde.

Philippe Mahoux (PS), contrairement à ses collègues du Vlaams Belang et de la NVA qui l'ont précédé, se définit comme Wallo-Bruxellois, Belge, Européen, citoyen du monde et, à ce titre se réjouit du refinancement de Bruxelles, de ses institutions et de la reconnaissance d'un communauté métropolitaine. Peter Van Rompuy (CD&V) en revient aux fondamentaux du texte et des compétences affirmées et transférées en rappelant un principe fondamental : si nous, Flamands, ne supportons pas que les autres (Bruxellois et autres) viennent dicter la façon dont nous gérons nos compétences régionales, alors, à notre tour, respectons l'autonomie de Bruxelles et sachons faire confiance aux Bruxellois dans la gestion de leurs propres compétences. Armand De Decker (MR) fait référence aux avantages tant attendus d'une communauté métropolitaine de Bruxelles qui sera un lieu de concertation, d'échanges de vies, d'intelligence pour régler des problèmes importants tels que l'engorgement du trafic au carrefour Léonard... Il clôture son exposé sur les retombées fabuleuses de la présence des institutions européennes à Bruxelles, une ville-capitale pourtant boudée par les partis nationalistes flamands. Si un jour l'Europe décidait de quitter Bruxelles, les premiers à être touchés par les conséquences économiques d'une telle décision seront les chefs d'entreprise, d'abord flamands !

Marcel Chéron (Ecolo) s'en réfère aux mots précis de la communauté métropolitaine tels qu'ils figurent dans le texte et non aux élucubrations que l'on retrouve sur différents sites. Il met ensuite en avant le juste refinancement des institutions bruxelloises décliné en deux parties, la première concerne les grands principes, la deuxième se traduira ultérieurement dans la loi spéciale de financement. Autant de moyens pour relever les défis en matière démographiques, de mobilité, d'enseignement mais aussi pour réformer en profondeur les institutions bruxelloises. Il est suivi par Bert Anciaux (spA) qui, s'il rappelle le rôle correct de l'opposition, ne comprend pas les propos tenus aujourd'hui par l'opposition. La communauté métropolitaine est le résultat d'une réalité qui fait que Bruxelles, sur le plan sociologique, ne fait que s'étendre. L'histoire - tout comme l'actualité - de l'extension de villes démontre que tout échec de concertation avec les périphéries, tout manque de collaboration avec les périphéries se traduit par des échecs au détriment, précisément, des périphéries. Il clôture en rappelant que, pour faire face aux problèmes de 11 millions d'habitants, 8 partis ont décidé de mettre une sourdine aux haines communautaires mutuelles.

Francis Delpérée fait référence au film de Claude Lelouch « Une ville pas comme les autres ». Une expression qui n'honorerait sans doute pas les Bruxellois mais qui fait référence à une réalité. Bruxelles ne ressemble à aucune autre capitale : avec un petit budget, elle doit faire face à des enjeux énormes. Les textes soumis au vote ouvrent de nouvelles perspectives financières et tracent de nouvelles voies sous la forme de collaborations qui permettront le développement de la communauté métropolitaine. Un concept déjà en vigueur avec succès autour de Lille avec Comines, Mouscron, Lille, Courtrai entre autres. Notre Constitutionnaliste rappelle qu'il ne revient pas au fédéral de préciser la façon dont les autorités bruxelloise affecteront leurs nouveaux moyens. C'est un principe repris dans la Constitution. Ce qui n'empêchera les élus politiques fédéraux et régionaux d'échanger à ce propos. Le chef de groupe humaniste, notre chef de groupe, suppose que le thème de la mobilité fera bien l'objet de ces priorités.

Bart Tommelein (Open VLD), inscrit ses propos dans la plus-value économique que constituent le refinancement de la région de Bruxelles et la création de cette communauté métropolitaine.

La majorité, avec l'appui d'Ecolo et de Groen, reste remarquablement soudée face aux interventions de l'opposition.

Mais la séance s'étend, s'étale. Il est temps de se dégourdir les jambes. Je sors quelques instants du Palais de la Nation. En face le Parc royal. La chaleur est lourde. Quelques lourdes gouttes traînent encore entre deux averses. Je fais quelques pas dans le parc de Bruxelles, les odeurs de tilleul sont envoûtantes. Puis, retour dans l'hémicycle. Les débats sur la réforme de l'Etat sont clôturés. L'ordre du jour traditionnel a repris sa place, son ronronnement traditionnel. Le vote aura lieu vers 20h00. BHV sera scindé.

...un premier jour d'été.

André du Bus