C'était ce dimanche 26 octobre, au numéro 3 de la rue Jonniaux. Le doux soleil d'automne caresse la vitrine quasi vide.
Dans une heure la porte de la boulangerie va se fermer. Définitivement. Clôturant cent années, oui je dis bien cent ans d'offre pâtissière et boulangère.
Le quartier en est ému. Pour preuve le nombre de bouquets, plantes et multiples marques de sympathie en guise de remerciements. A l'âge de la retraite, fatigués aussi par la pénibilité d'une profession exigeante, M. et Mme Janssens, la mort dans l'âme, ont pris leur décision. Depuis un an ils ont multiplié les recherches d'un repreneur. Le CERIA a même été contacté. Personne, plus personne ne reprend aujourd'hui une boulangerie de quartier.
Arrêtons nous un instant sur ce qu'était cette boulangerie : un centre de rencontre, un lieu de paroles et de complicité, une source d'informations locales, un lieu de solidarité (les plus démunis le savaient …), tout cela autour de produits artisanaux de très grande qualité.
Alors qu'aujourd'hui la notion même de quartier fait l'objet de multiples attentions et investissements de la part du politique, pour preuve les millions d'euros investis dans des « contrats de quartier », nous laissons s'éteindre une activité économique saine, ferment de cohésion locale… Un processus irrémédiable ? Cette situation nous interpelle.