Question de M. André du Bus de Warnaffe à Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances, intitulée « Certificat de médecine environnementale : quelle définition donne-t-on à la notion d’environnement ? »
M. André du Bus de Warnaffe (cdH).
Madame la Ministre,
Le Service public fédéral de la santé publique nous a appris la création d’un certificat en médecine environnementale accessible aux professionnels de la santé (médecins, kinésithérapeutes, infirmières, infirmiers, sages-femmes, etc.) et l’élaboration d’une formation de base en médecine environnementale à inclure dans le cursus des étudiants.
Je me réjouis de cette nouvelle, qui confirme une fois de plus que nous assistons à un changement de paradigme en matière de santé. Désormais, l’approche générale de la santé privilégie une analyse holistique de la maladie qui prend en compte toutes les causes de cette dernière, en ce compris les facteurs environnementaux. Cette démarche peut déboucher sur des mesures de prévention qui nous permettraient d’endiguer des fléaux de santé publique liés notamment à notre environnement.
Le 29 janvier et le 11 février derniers, j’ai interrogé monsieur le Ministre Jean-Claude Marcourt à ce sujet. Il m’a donné des éléments de précision concernant l’organisation de la mise en œuvre du certificat et le rôle des établissements d’enseignement supérieur dans l’élaboration du programme de formation. En revanche, il n’a pas pu m’éclairer sur la définition qui sera donnée à la notion d’environnement et m’a renvoyé vers vous.
Toutes les études confirment l'influence de l'environnement au sens large sur la santé des individus et donc, de l'environnement social, du mode de vie, de l'alimentation, des incitants à l'exercice physique, etc. Le professeur Cassiman de la KUL, généticien de renom, parle de l'effet épigénétique de l'environnement physique et social sur la santé de l'individus. En cela, il prend le contre-pied d'une théorie qui octroie à la génétique une valeur prédictive absolue concernant la santé et les maladies.
Quelle définition donne-t-on à la notion d’environnement dans le cadre de ce certificat en médecine environnementale? Est-ce son acception première, à savoir la qualité de l’air, la pollution, la présence d’amiante ou de bruit ? Ou bine y inclut-on également notre mode de vie et des facteurs tels que l’alimentation, le tabagisme, l’alcoolisme, la vie rurale ou citadine, l’ambiance de travail ou encore le stress qui a une influence reconnue sur
les maladies cardio-vasculaires et psychosociales notamment ?
Je vous remercie pour les réponses que vous pourrez m’apporter.
Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – Monsieur le député, l’élaboration des modules de formation auxquels vous faites référence fait partie des recommandations d’une ré- cente étude de faisabilité sur l’intégration de la santé et de la médecine environnementales dans la formation de tous les professionnels de la santé, étude coordonnée par la Cellule nationale Environnement-Santé.
Cette étude recommande l'intégration de la santé et de la médecine environnementale dans la formation de base de tous les professionnels de la santé, durant leur bachelier ou leur master, ainsi que la création d'un certificat en médecine environnementale.
Les auteurs incluent dans la définition de l'environnement: l'air, le sol, l'eau, la faune, la flore, les écosystèmes, le paysage et le climat. L'air intérieur et extérieur ainsi que les effets psychosociaux liés aux dégradations de l'environnement (bruit et odeur) sont également pris en compte dans le cadre du Plan national Environnement-Santé (Nehap)
M. André du Bus de Warnaffe (cdH). - Madame la ministre, je comprends mais regrette que les facteurs psychosociaux de l'environnement ne soient pas encore pris en considération dans le cadre de ce certificat. Sans doute cela viendra-t-il en son temps.
C'est une question d'évolution des mentalités, de prise de conscience des facteurs, dont on parle de plus en plus. Je ne doute pas qu'ils soient un jour intégrés aux cursus des professionnels de la santé