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Commission consultative de la langue des signes

Soumis par andredubus le
Discussion avec Madame Joëlle Milquet, Ministre, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance

La prise en compte de la langue des signes est un enjeu important qui a fait l’objet d’avancées en Fédération Wallonie-Bruxelles, en particulier sur le plan de la formation. Je pense par exemple au récent master en interprétariat en langue des signes qui a été inauguré en septembre 2014.

La commission consultative de la langue des signes a été créée en 2003. Depuis lors, elle a rendu une quinzaine d’avis au gouvernement, d’initiative ou à la demande de ce dernier. Elle a également publié ce qui est qualifié de «rapport d’activités» jusqu’en 2008. Cette commission a beaucoup souffert d’un manque de moyens, par exemple pour se réunir en présence d’un interprète en langue des signes; les dépenses qui y sont liées n’ont généralement pas été remboursées. Cette commission souffre en outre sans conteste d’un manque de visibilité.

Madame la Ministre, pouvez-vous me dire ce qu’il advient aujourd’hui des activités de cette commission? Se réunit-elle toujours? Un arrêté de 2008, signé à l’époque par Mme Catherine Fonck, a nommé pour quatre ans les membres de ladite commission. Depuis lors, aucun arrêté n’a été pris en vue d’une nouvelle nomination, pourtant prévue pour 2012. Pouvez- vous nous éclairer sur ce point? Les financements nécessaires à son fonctionnement lui sont-ils désormais alloués?

Cette commission donne un regard plus éclairant sur la situation de la langue des signes en Fédération Wallonie-Bruxelles et, à ce titre, je m’étonne de ne plus être informé de ses activités.

Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de
l’Enfance. – Je remercie M. du Bus de Warnaffe pour sa question qui me permet de constater certaines incongruités dans les transferts internes entre les administrations.
Cette commission consultative, très active, se réunit trois ou quatre fois par an. Sa prochaine rencontre aura lieu le 30 juin.

Il est vrai que ses membres n’ont pas été renouvelés en 2012 comme prévu. Cette commission consultative dépendait de l’administration de la Santé. Pour des raisons qui m’échappent, elle a été transférée à celle de la Culture le 30 mars 2015.

Ce n’est donc que depuis cette date, donc après le transfert des compétences santé à l’Office de la naissance et de l’enfance, qu’elle est de mon ressort. L’administration de la Promotion de la Santé va en effet disparaître.

Maintenant que cette commission relève de mes compétences, je vais m’employer à assurer le renouvellement de ses membres. Je vais également lui assurer un financement plus en phase avec ses besoins. Actuellement, son budget n’est que de six mille euros, transférés du budget de la Promotion de la Santé vers la Culture.

Votre question vient donc à point nommé. Nous donnerons une nouvelle stratégie à cette commission.

M. André du Bus. – Madame la Ministre, je vous remercie pour votre
réponse. C’est une bonne chose selon moi que cette commission relève du secteur de la Culture car le monde de la surdité revendique une forte identité; or celle-ci est souvent contestée. Le débat sur les implants cochléaires, par exemple, révèle un problème d’identité et de culture. En effet, le monde des sourds demande que son propre moyen
de communication original – qui est la langue des signes – soit considéré comme partie intégrante de sa culture.

La communauté des sourds a donc une demande forte à l’égard de cette Commission de la
langue des signes qui doit pouvoir donner des avis pertinents dans toute une série de sujets transversaux. Je pense à la formation des interprètes en langue des signes – un combat mené depuis des années et qui a enfin abouti – et à d’autres enjeux liés au financement des interprètes. Un des problèmes de cette commission, avant qu’elle ne
passe dans le secteur de la Culture, était que les interprètes n’étaient plus payés !

J’entends bien votre volonté de réanimer cette commission, de lui donner les moyens financiers nécessaires et de peut-être envisager un décret visant à la faire coller davantage aux besoins du monde de la surdité et à mieux impliquer les intéressés aux processus de décision. Cette commission est vraiment la plate-forme qui peut leur donner une vue globale sur toutes les matières de la Fédération Wallonie-Bruxelles.