Question orale à Fadila LAANAN, Ministre de la Culture, de l'Audiovisuel, de la Santé et de l'Égalité des Chances intitulée: « corrélation entre binge drinking et agression sexuelle »
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Madame la Ministre,
Comme vous le savez, nous suivons avec beaucoup d’attention la question de la consommation excessive d’alcool et donc notamment celle du binge drinking. Accident de la route, coma éthylique, performance scolaire amoindrie, comportements sexuels à risque, etc. les conséquences et risques d’une consommation excessive d’alcool sont nombreuses.
Récemment, le Journal du médecin faisait état d’une étude sur le sujet menée par des chercheurs américains de l’Université de Buffalo (New-York) auprès de 437 jeunes femmes. Il en ressort une association significative entre la pratique du binge drinking et le risque d’agression sexuelle. Plus précisément, « sur les participantes qui déclarent une consommation ponctuelle de 4 à 6 verres, une sur 4 affirme avoir été victime d’abus sexuel, allant de contacts sexuels non désirés au viol. » Par ailleurs, plus la consommation rapide d’alcool est importante, plus le risque d’agression sexuelle est élevé.
Si ces données concernent des jeunes femmes américaines, nous pouvons aisément imaginer que cette corrélation entre binge drinking et agression sexuelle soit transposable en Belgique sans toutefois pouvoir a priori en mesurer le degré d’importance chez nous.
Par contre, une étude sur la consommation excessive d’alcool menée en 2010 par l’UCL (en collaboration notamment avec Univers Santé) vient compléter nos propos en relevant les conséquences négatives de cette consommation auprès des étudiants. Si cette étude n’aborde pas le risque d’agression sexuelle, elle relève toutefois que parmi les étudiants qui déclarent des conséquences négatives, ils sont environ 13% à avoir eu des rapports sexuels qu’ils regrettent après une consommation importante d’alcool.
Madame la Ministre,
Existe-t-il en Belgique ou en Fédération Wallonie-Bruxelles une étude (quantitative ou qualitative) qui atteste de la corrélation entre la pratique du binge drinking et le risque d’agression sexuelle ?
En tant que Ministre de la santé et de l’égalité des chances, pouvez-vous nous dire s’il existe une brochure ou tout autre outil de prévention qui informe et prévient les jeunes femmes d’un risque accru d’agression sexuelle en cas de consommation excessive d’alcool ? Si oui, pouvez-vous nous en dire plus sur ces outils ?
Je vous remercie d’avance, Madame la Ministre, de votre réponse.
Réponse de Madame Fadila LAANAN, Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Egalité des chances
Pour répondre à votre première question, il n'existe pas en Fédération Wallonie-Bruxelles d’étude aussi spécifique que la recherche américaine que vous citez. En outre, la notion de « binge drinking » est encore sujette à interprétations.
Cependant, l’étude récente de l’UCL 1, dont les résultats ont été présentés en septembre 2011, apporte des éléments d’analyse particulièrement pertinents quant à l’usage d’alcool parmi les étudiants. Pour appréhender le phénomène du « binge drinking », les chercheurs ont retenu le comportement consistant à consommer 6 verres ou plus en une occasion de manière hebdomadaire.
Si cette étude n’aborde pas le risque d’agression sexuelle, elle relève que 12% d'étudiants déclarent avoir eu des rapports sexuels non désirés c’est-à-dire regrettés à cause de leur consommation d'alcool. La même étude révèle que 10% de ces étudiants déclarent avoir eu des rapports sexuels non protégés à cause de leur consommation d'alcool.
L’asbl « Sex & Co », qui réalise des actions d’éducation à la vie affective et sexuelle en milieu festif, rapporte des pourcentages équivalents (10%) de jeunes filles déclarant des rapports sexuels regrettés suite à une soirée au cours de laquelle de l’alcool et parfois d’autres produits ont été consommés abusivement.
Il faut noter que les « rapports sexuels non désirés » – qui renvoient à des situations plus diverses que les agressions sexuelles - découlent d’une consommation d’alcool en général, et non du phénomène du « bindge drinking » en particulier.
Au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles, je promeus de nombreuses intiatives qui visent la promotion de la santé et la prévention en matière d’alcool parmi les jeunes.
Ainsi, je soutiens l’asbl « Univers Santé » pour son projet « Jeunes et alcool », lequel diffuse notamment des campagnes de sensibilisation auprès des étudiants du campus.
Je soutiens également le projet Périscope mis en place par le service d’aide en milieu ouvert « Canal J » et l’asbl Citadelle de Tournai. Ce projet développe des actions de réduction des risques avec les jeunes dans leur milieu de vie et d’actions à destination des propriétaires de débits de boissons et d’organisateurs de festivités.
Dans le cadre de l’appel à projets communaux 2011 visant la réduction des inégalités sociales de santé, six projets visant à réduire la consommation excessive d’alcool ont été soutenus.
Depuis de nombreuses années déjà, il existe des outils pédagogiques qui visent à la fois la réduction des risques de rapports sexuels non protégés et non désirés sous l’emprise de l’alcool et autres drogues. Il s’agit notamment de la brochure de l’asbl Modus Vivendi « Effectomètre : alcool ou pas, comment réussir sa soirée » ou encore du site Internet « Love attitude » qui aborde aussi bien les risques liés à la prise d’alcool que la question des violences entre partenaires.
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