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De la situation des demandeurs d'asile

Soumis par andredubus le
Intervention dans le cadre des travaux du parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles

Monsieur le Ministre,

Chers Collègues,

Tant de choses ont été dites depuis trois jours dans nos enceintes parlementaires respectives à propos de la situation des réfugiés. Je vais donc me limiter à évoquer la situation des MENA qui, dans le contexte actuel, va prendre une ampleur encore insoupçonnée voici quelques mois , une ampleur qui imposera très rapidement des réponses opérationnelles précises. Ce ne sont pas des grands principes que je défendrai ici, mais plutôt des enjeux concrets, opérationnels.

Je parle donc des Mineurs Etrangers Non Accompagnés dont la situation impose une concertation avec le fédéral car cette matière souffre de l'éclatement des compétences entre les niveaux de pouvoir concernés. Car si le gîte et le couvert relèvent du fédéral, le secteur de l’aide à la jeunesse peut, dans certains cas seulement, intervenir, à titre supplétif, dans la prise en charge de ces mineurs. Il faut le reconnaître, des avancées ont déjà été réalisées en la matière.

Un projet de protocole de collaboration avait été initié sous la dernière législature, de façon à préciser le rôle et les responsabilités des acteurs, mais il n’avait malheureusement pas abouti. Cette coordination s’avère indispensable afin d’éviter un ping-pong institutionnel mais aussi et surtout de garantir des prises en charge adéquates. A ce sujet, vous nous avez expliqué que le cabinet du secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, T. Francken avait relancé la concertation en proposant l’organisation d’un groupe de travail. Toujours dans un objectif de coordination et de cohérence, l’idée d’un référent MENA jouant le rôle d’interface entre Fedasil, le service de tutelle et les différents services compétents avait été émise.

Par ailleurs, plus récemment et en réponse à l’afflux de migrants et à cette crise humanitaire, vous annonciez consulter des services du secteur de l’aide à la jeunesse déjà impliqués dans l’accompagnement et la prise en charge des mineurs étrangers non accompagnés (MENA). Parmi les pistes en réflexion, figure notamment un accompagnement psycho-social spécialisé pour les MENA en danger. Il s’agit également d’intervenir en seconde ligne pour faciliter l’intégration des MENA par un accompagnement à l’autonomie. Il est aussi question d’examiner la possibilité de mettre en œuvre un dispositif de famille d’accueil pour les MENA.

Pour terminer, il nous revient que l’asbl Mentor Escale, notamment financée par la FWB, connait des difficultés budgétaires. Cet asbl accompagne les MENA, dans leur parcours vers l’autonomie, le bien-être et l’intégration. Leur travail s’inscrit donc bien dans le cadre des pistes de travail réfléchies au gouvernement. Nous ne pouvons laisser cette asbl seule face à ces difficultés.

Sur base de ces différents éléments, Monsieur le Ministre, nous nous inquiétons du sort du groupe de travail initié par le Secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, tout comme de celui du protocole de collaboration entre les différentes parties concernées. Il était également question d'un référent MENA, mais nous ne savons rien de la suite qui a été donnée à ce projet dont l'actualité met en lumière toute l'utilité. Tout comme nous insistons sur la nécessité de prévoir un accompagnement psycho-social spécifique au Mineurs Étrangers Non Accompagnés. D'après les informations aujourd'hui disponibles, 85 % des réfugiés présentent des troubles de stress post-traumatiques. Bref, en un mot comme en cent, la situation des MENA impose une accélération des mesures en débat – dont le projet des familles d'accueil- , et un soutien accru au secteur associatif dont relève précisément et à titre d'exemple l'asbl Mentor Escale.

C'est en répondant à ces questions très concrètes que nous serons à la hauteur du sens de la dignité dont nous nous prévalons si souvent.

Je vous remercie pour votre attention,

André du Bus