Demande d'explication à la Ministre Laurette Onkelinx
Madame la Ministre,
Alors qu’elle n’avait plus formulé d’avis depuis 2003 sur le cancer du sein, l’Académie royale de médecine de Belgique, l’ARMB, a publié récemment des nouvelles recommandations sur le dépistage du cancer du sein.
Celles-ci visent à offrir aux femmes susceptibles d’avoir un cancer du sein la possibilité de s’adresser à tout moment à un corps médical de leur choix sans aucun frein financier. Selon l’ARMB dont l’avis a été relayé dans un article récent de la Libre Belgique, « il est justifié de mener une politique de santé publique qui vise à accroître le taux de recrutement et de le porter au moins à 75 % selon les recommandations internationales ».
Force est de constater qu’en Belgique, nous sommes encore loin des 75 % de couverture des groupes cibles. J’ai aussi interrogé votre homologue de la santé en Communauté française, Mme Fadila Laanan, à ce sujet.
Les recommandations font par ailleurs référence aux risques qui permettent de déterminer le degré d’atteinte potentiel du cancer du sein. Il apparaît essentiel, selon l’Académie, de définir rapidement et de façon précise les critères de qualité requis en ce qui concerne la notion de risques, plus particulièrement pour le haut risque. En effet, selon le docteur Liebens de la clinique du sein au CHU de Saint-Pierre, déterminer le profil de risque permettrait de mieux cibler le type de prévention et de prise en charge à proposer et d’agir le plus précocement possible. Des recherches expérimentales seraient en cours pour modéliser et déterminer les différents profils de risque.
Ce sujet me tient particulièrement à cœur et j’ai déjà eu l’occasion de vous interroger sur cette matière.
À la suite de la publication de cet avis, mes questions sont les suivantes. Des études sont-elles menées au niveau fédéral pour objectiver l’estimation du risque et rendre opérationnelles les recherches en cours ? En fonction du niveau de risque, est-il envisageable d’avancer des protocoles de prise en charge particuliers et différenciés ?
Des démarches plus précises sont-elles entreprises par le gouvernement fédéral pour définir la notion de haut risque chez les femmes et déterminer les implications que cela engendre pour les patientes concernées, en termes de suivi personnalisé, d’information ciblée et également de formation des médecins ?
Pour lutter contre la problématique majeure que représente le cancer du sein, le vaste chantier de la prévention primaire se doit d’être intégré dans le programme de soins.
Mme Laurette Onkelinx, vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l’Intégration sociale. – La réponse est oui aux deux questions.
Le KCE, Centre d’expertise fédéral, a publié en 2010 un rapport sur l’opportunité de dépister le cancer du sein chez les femmes âgées de 40 à 49 ans ne présentant pas de symptômes ou de risque familial élevé particulier. Il conclut que les inconvéniens d’un tel dépistage dans cette tranche d’âge pourraient être supérieurs à ses avantages.
Cela étant, une étude du KCE sur les facteurs de risques de cancer du sein est actuellement en cours. Les résultats, attendus en décembre 2011, permettront de mieux décrire les groupes de femmes à risque.
Il est très important d’identifier les femmes ayant un cheap generic viagrarisque accru de cancer du sein et de leur offrir des tests adéquats à une fréquence adéquate. Des propositions d’adaptation de la nomenclature relative aux mammographies sont à l’étude dans le cadre du Plan cancer. Elles concernent notamment le dépistage du cancer du sein chez les femmes à haut risque, quel que soit leur âge.
Il importe également d’informer les femmes qui se présentent pour une mammographie, de façon appropriée et adéquate quant aux avantages et aux inconvénients du dépistage et aux facteurs de risque pour le cancer du sein, sur la base de l’évidence scientifique actuelle. Dans le rapport mentionné ci-dessus, le KCE recommande de prodiguer une information complète à ce sujet à toutes les femmes qui souhaitent une mammographie préventive.
En tenant compte des différents facteurs de risque de sa patiente, le médecin joue notamment un rôle important au niveau de la communication, en informant les femmes de la manière la plus complète et la plus compréhensible possibles pour leur permettre un choix éclairé.
Il y a des catégories de femmes qui ne vont pas naturellement vers le dépistage. Il faudra donc être prudent au niveau des informations à donner, notamment quant aux résultats des études du KCE, pour ne pas décourager ces femmes de se rendre à un dépistage alors qu’elles en ont souvent bien besoin.
Nous sommes donc en train de circonscrire la notion de femmes à risque. Il faudra informer sur les avantages et les désavantages du dépistage, mais il faudra faire attention à la forme du message et de la campagne à lancer à la suite des avis du KCE.
M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – En ce qui concerne la manière de délivrer un message, l’étude réalisée par le CHU de Saint-Pierre a démontré que les croyances auprès des jeunes femmes titulaires d’un diplôme universitaire restent très élevées quant aux risques liés au cancer du sein. Rares sont celles qui assimilent le risque au mode de vie.
Par ailleurs, concernant les seins « denses » qui présenteraient un risque plus élevé, il faut savoir que 70 % des femmes ont des seins « clairs » et 30 % des seins « denses » et que le risque de cancer passe de deux à quatre pour cette dernière catégorie. Il faut vraiment que chacune puisse identifier à quelle catégorie elle appartient.
Cela fait partie de la difficulté de savoir qui, entre le niveau fédéral et le niveau communautaire, dispense l’information et comment. Je plaide pour un maximum de coordination entre le niveau fédéral et les niveaux communautaires puisque, pour Bruxelles, la Cocof est en partie compétente pour cette matière.
Mme Laurette Onkelinx, vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l’Intégration sociale. – Vous savez que dans le cadre de la conférence interministérielle « Santé publique », il y a chaque fois des rubriques suivies du Plan cancer. L’ensemble du Plan cancer, y compris pour les compétences exclusivement fédérales, est négocié avec les Régions et les Communautés. La collaboration est donc très intense entre tous les niveaux de pouvoir.
M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Je me réjouis que la collaboration fonctionne particulièrement bien.
Cela étant dit, les taux de prévalence du cancer du sein dans notre pays sont particulièrement élevés par rapport aux autres pays européens. Cette problématique reste donc plus qu’interpellante. zp8497586rq