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Dépistage du cancer du sein | Critiques des modalités - Qu'en est-il du "surdiagnostique"?

Soumis par andredubus le

En plénière cet après-midi |   Réponse de la ministreImage retirée.

Question d'actualité de M. André du Bus au ministre Mme Fadila Laanan, Ministre de la Culture, de l'Audiovisuel, de la Santé et de l'Egalité des chances relative au dépistage du cancer du sein.

Deux études se montrent critiques face au dépistage du cancer du sein. D’une part, une étude belge remet en cause le rapport coût efficacité des mammographies de dépistage du cancer du sein. En effet, le professeur Walter Van Dyck, spécialiste de l’innovation de l’innovation à la Vlerick Leuven Gent Management Scool, estime que le dépistage bisannuel ne constitue peut-être pas le meilleur moyen de dépister le cancer du sein.Image retirée.

« Un grand nombre de femmes de plus de 50 ans présentant un risque de cancer peu élevé passent donc inutilement ces examens » explique le professeur W. Van Dyck. Selon ses estimations, le coût moyen du dépistage par patient pourrait être réduit de 37% (pour les pouvoirs publics) en recourant à une « stratégie plus intelligente et plus rapide ». Des tests génétiques permettraient d’identifier les femmes présentant un risque élevé, de détecter la maladie à un stade plus précoce et ainsi de mieux suivre ces femmes. Cela permettrait de limiter le recours à des médicaments coûteux et à des traitements lourds comme la chimio.

D’autre part, la revue Annals of Internal Medecina relatait récemment une étude menée en Norvège, basée sur l’analyse d’environ 40 000 mammographies (organisées de manière bisannuelle) . Ces chercheurs ont démontré les effets négatifs du « surdiagnostique ». Pour 2500 femmes dépistées, un décès par cancer est évité mais 6 à 10 patientes se voient imposées des traitements lourds alors qu’elles ne souffraient que de formes bégnines du cancer du sein. Ainsi, le cancer a été « surdiagnostiqué » dans 15 à 25% des cas, ce qui amène ces femmes à suivre un traitement inutile. Pour le docteur Gilbert Welch, du Darmouth Institute for Health Policy, « la vérité est qu’on a exagéré les bénéfices du dépistage tout en ignorant ces inconvénients. Il importe de délivrer aux femmes un message plus équilibré : la mammographie peut aider certaines personnes, mais elle peut aussi en conduire d’autres à subir des traitements inutiles.

Madame la ministre, vous le savez, nous suivons de très près cette problématique. Dès lors nous nous posons la question de savoir si d’une manière générale, ces constats vous invitent à revoir les modalités du dépistage du cancer du sein en FWB ? Et disposez-vous de données relatives au « surdiagnostique » en FWB ? Pour notre part, nous restons convaincus de la nécessité d’un dépistage le plus efficace possible.

Réponse de la ministre:

Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – M. du Bus a très bien détaillé le contenu des dernières études. Nous ne disposons pas de statistiques du surdiagnostic.

Je tiens aussi à faire remarquer que ce genre d’article remet en question les campagnes de dépistage et risque également de semer le doute dans l’esprit des femmes que l’on touche déjà trop peu. Malgré tout, ces larges campagnes doivent perdurer. Il est avéré que les faux positifs et les faux négatifs sont beaucoup plus fréquents lors des dépistages individuels que dans ceux de masse comme nous les organisons en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Nous pourrons certainement revenir plus amplement sur le sujet en commission et nous attarder sur des données chiffrées. Le cadre de la question d’actualité ne nous permet pas de rentrer dans le détail.

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Nous pourrons effectivement y revenir en commission. Je plaide pour afficher davantage la notion de risque aujourd’hui trop peu investie par nos campagnes de prévention.