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Dépistage du cancer du sein | "La complémentarité sinon rien"

Soumis par andredubus le

Journal du médecin 21 février 2012
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Ma question orale à Fadila LAANAN, Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des Chances, ainsi que sa réponse

Madame la Ministre,

Vous le savez, nous suivons avec beaucoup d’intérêt la question du dépistage et de son efficience et nous souhaitons revenir sur un point très précis. Le 17 janvier de cette année, le rapport du KCE relatif aux recommandations en matière de dépistage du cancer du sein a fait l’objet d’une question orale de la part d’une collègue de cette commission. A la suite de la publication des recommandations du KCE, il s’agissait notamment de savoir si vous envisagiez de revoir le système de dépistage organisé en FWB.

Dans votre réponse, vous affirmiez que le programme organisé par la FWB répond entièrement aux normes européennes de qualité tant pour la tranche d’âge que pour le choix de la méthode de dépistage et qu’en conséquence, aucun ajustement ne s’avérait nécessaire.

En parallèle, le 25 janvier dernier, une collègue de la Chambre interrogeait également la Ministre de la Santé publique, Madame Onkelinx sur les recommandations du KCE et sur les suites que la ministre y donnerait. La Ministre de la Santé publique a répondu que ce rapport s’inscrit dans les réflexions en cours sur la modification de la nomenclature en matière de dépistage du cancer du sein. 

 La réponse est prudente et la ministre fédérale conclut en expliquant qu’elle ne ferme la porte à aucune méthode en particulier et met en exergue la complémentarité de ces méthodes. Pour reprendre ces termes, « dans un accord des parties en présence, on peut mailler ces complémentarités en fonction des risques de développer un cancer du sein chez certaines femmes par rapport à d’autres. »

La réflexion sur la complémentarité de diverses méthodes de dépistage semble donc ouverte par votre collègue Onkelinx. Je pense, comme vous, que le dépistage actuel est de qualité mais si complémentairement d’autres méthodes pourraient aussi être développées, il me semble que l’on gagnerait en efficacité.

Aussi, une telle réflexion commune aux différents niveaux de pouvoirs est-elle envisagée ?

Madame la Ministre, je vous remercie d’avance de votre réponse.

Réponse de Madame Fadila LAANAN,Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Egalité des chances

Le rapport du Centre fédéral d’expertise (KCE) relatif à l’identification des femmes exposées à un risque accru et aux techniques d’imagerie à utiliser, recommande que toute détermination du risque fasse d’abord la distinction entre les femmes dont le risque est comparable à celui de la population en général et celles qui sont exposées à un risque accru. Cette distinction doit être établie sur base d’une anamnèse familiale.

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Le rapport a aussi analysé les techniques de dépistage à utiliser. Les recommandations sont claires :

1. Toute mammographie de dépistage doit répondre aux exigences européennes en matière de qualité et doit être lue séparément par deux radiologues. Il s’agit de la recommandation la plus forte et du niveau de preuve le plus élevé.

2. Le recours à l’échographie n’est pas recommandé dans le cadre du dépistage organisé à l’échelle de la population car il ne permet pas de dépister beaucoup de cas supplémentaires. En outre, le nombre d’examens supplémentaires et de faux positifs sont trop élevés. Elle n’est pas non plus recommandée comme examen de dépistage chez les femmes dont le tissu mammaire est dense ou très dense.

3. La mammographie annuelle est recommandée pour les femmes exposées à un risque accru de cancer de 40 à 49 ans. De 50 à 69 ans, les femmes exposées à un risque accru peuvent participer au dépistage organisé à l’échelle de la population à raison d’une échographie tous les deux ans. Il s’agit néanmoins d’une faible recommandation et d’un faible niveau de preuve.

Pour les femmes qui présentent un risque fortement accru, une IRM1 et une mammographie annuelle sont recommandées.

L’ensemble de ces recommandations permettent déjà de préciser les méthodes de dépistages préconisées en fonction de l’exposition au risque.

Pour les femmes de 50 à 69 ans, qu’elles soient sans ou avec risque accru, il est confirmé que la meilleure technique de dépistage est un dépistage organisé à l’échelle de la population. En ce sens, le programme de dépistage du cancer du sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles répond parfaitement aux besoins de dépistage à visée préventive de cette tranche d’âge.

En ce qui concerne les femmes exposées à un risque fortement accru, il me semble assez clair qu’elles doivent pouvoir bénéficier d’un dépistage diagnostic dans le circuit de soins habituel.

C’est évidemment le dépistage des femmes de 40 à 49 ans à risque accru qui pose le plus de difficulté. Les recommandations sont actuellement peu consolidées et le niveau de preuve reste très faible. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une discussion qui doit être menée dans le cadre d’une réflexion sur la modification de la nomenclature en matière de dépistage du cancer du sein. C’est dans ce cadre que les recommandations du KCE concernant les femmes exposées à un risque accru doivent être discutées.

A cet égard, ma collègue en charge de la Santé publique, Laurette Onkelinx, a organisé en septembre 2011 une table ronde avec toutes les personnes concernées : sénologues, Inami, Centre communautaire de référence, les communautés, etc. Une deuxième table ronde se tiendra en mars prochain afin de présenter et discuter les résultats et les recommandations de la récente étude du Centre d’expertise en soins de santé sur les femmes exposées à un risque accru de cancer du sein. Mes Services y participeront bien évidemment.

Pour ma part, je suis convaincue qu’il faut pouvoir offrir le bon dépistage à chaque citoyen. C’est dans ce sens que je réfléchirai avec mes collègues compétents en matière de Santé.

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