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Dépister le cancer du sein par une prise de sang ?

Soumis par andredubus le

Question  à Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Le lundi 12 décembre, la presse écrite a relayé les travaux du docteur Kurt Baeten de l’université de Hasselt sur le dépistage du cancer du sein, travaux qui lui ont valu le prix de la Fondation Fournier-Majoie. Fruit d’une collaboration entre la Ziekenhuis Oost-Limburg, l’UZ Leuven et les instituts de recherche Biomed, une équipe de scientifiques aurait développé un nouveau test sanguin permettant la détection précoce du cancer du sein.

Vous le savez, la prévention primaire et secondaire du cancer du sein est un sujet que nous suivons avec beaucoup d’attention, et nous sommes heureux de constater que grâce à la recherche scientifique, des avancées sont faites et de nouvelles alternatives en matière de dépistage, envisagées.

Réalisé sur quelque quatre cents femmes, ce test expérimental a pu détecter 90 % des cas de cancer présent dans les échantillons.

Grâce au budget de 350 000 euros octroyé par la Fondation Fournier-Majoie, l’équipe scientifique devrait procéder prochainement à une étude clinique internationale de validation du test sanguin.

D’après les chercheurs, le dépistage du cancer du sein par une prise de sang s’avère particulièrement intéressant pour les femmes qui ne peuvent bénéficier d’un mammotest. Il s’agit de femmes entre quarante et quarante-neuf ans, mais de plus jeunes également, qui échappent à la prévention alors que le taux de cancer du sein dans cette catégorie d’âge est en hausse constante. Chez une femme jeune, la tumeur peut se développer très rapidement et de manière agressive.

Ce type de dépistage présente un intérêt indéniable pour celles qui portent des implants mammaires et qui, de ce fait, ne peuvent subir un mammotest.

Connaissez-vous cette recherche, madame la ministre ? Envisagez-vous d’associer les auteurs aux réflexions sur le dépistage du cancer du sein ? Si l’étude clinique internationale valide ce test, pensez-vous qu’il soit souhaitable d’étendre l’offre de dépistage par prise de sang aux femmes entre quarante et quarante-neuf ans ?

Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – Je suis très attentive à l’évolution des connaissances et aux recommandations scientifiques dans la lutte contre le cancer du sein. J’ai pris connaissance avec intérêt des résultats du test expérimental du docteur Kurt Baeten, grâce auquel nonante pour cent des cas de cancer sur un échantillon de quatre cent femmes ont pu être détectés.

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Il s’agit d’une nouvelle technique de dépistage prometteuse. Avant toute commercialisation d’un test, il est cependant nécessaire d’en démontrer l’efficacité.

Selon la déclaration du docteur Kurt Baeten, une étude auprès de trois mille femmes devrait commencer en 2012. Dès lors, avant de prendre une décision par rapport à cette nouvelle technique actuellement au stade de la recherche, il faut attendre les résultats de l’étude clinique multicentrique de vérification de l’efficacité de la technique.

Enfin, pour insérer le test dans un programme collectif et organisé, il faudra analyser s’il répond aux critères de santé publique. Contrairement à ce que rapporte la presse, les femmes qui portent des implants mammaires peuevnt se soumettre à un mammotest. Toutefois, dans leur cas, une échographie complémentaire est souvent recommandée.

Cette précision ne porte pas atteinte à la pertinence du débat actuel portant sur les prothèses cancérigènes.

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Grâce à l’actualité qui, en cette matière, regorge d’informations, nous avons appris voici trois jours l’existence d’un nouveau génome déterminant pour le degré de gravité de cancers du sein dont les symptômes sont identiques au départ. L’évolution de la maladie varie notamment selon ce cinquième génome.

Sa découverte offre des possibilités thérapeutiques et de dépistages innovantes.

Je suis persuadé que la thérapie génique évoluera de manière radicale, y compris dans le domaine du dépistage. Les individus ayant tous un patrimoine génétique différent, il faudra tenir compte des inégalités et approfondir la réflexion éthique pour un traitement juste et égalitaire.

Même s’il faut attendre les conclusions de l’étude internationale, j’estime que les résultats sont suffisamment probants pour se préparer à l’élargissement du dispositif de dépistage, en collaboration avec Brumammo à Bruxelles.

Références zp8497586rq