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Depuis l'enceinte parlementaire du Nagorno Karabakh

Soumis par andredubus le

Intervention à l'occasion du Congrès du XXVème anniversaire du mouvement Karabakh, à Stepanakert, capitale du Nagorno Karabakh, le 4 octobre 2013

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs, en vos titres et qualités,

Permettez-moi de vous remercier d'abord pour l'accueil que vous nous réservez dans cette magnifique région, à l'occasion du 25ème anniversaire de votre mouvement.

Vous nous avez invités dans le cadre d'un événement qui marque votre histoire. Une belle histoire, une histoire douloureuse aussi, qui s'inscrit dans le temps – les exposés de ce matin étaient très intéressants à ce propos - mais une histoire dont la fin n'est pas encore écrite. Puisqu'elle s'inscrit dans des tensions fortes caractérisées aujourd'hui par cette expression particulière d'un « conflit gelé ».

Il s'agit d'une expression interpellante car un conflit gelé appelle tôt ou tard un dégel. Et ce dégel reste aujourd'hui, pour la communauté internationale, une inconnue, voire une inquiétude, entre la reprise du conflit ou une solution pacifiée.

Je ne suis pas ici pour m'exprimer avec la légitimité et l'autorité de tous ceux qui ont suivi et étudié depuis longtemps la question des revendications qui sont les vôtres. Je ne suis mandaté par personne non plus.

Par contre je suis, nous sommes -car j'implique mon collègue ici présent Jean-Claude Defossé – des politiques. Des acteurs du bien vivre ensemble. Et notre expérience politique nous enseigne que toute situation de tensions ne trouve de solution que dans la logique de la négociation et celle des compromis.

La Belgique qui doit faire face à des tensions communautaires depuis plus d'un siècle a cultivé le sens du compromis. Je ne vais pas tomber dans la tentation qui consiste à inviter les acteurs du Nagorno Karabakh à s'inspirer du modèle institutionnel belge. Mais je reste convaincu que les solutions qui ont des chances d'aboutir sont celles qui proviennent d'abord et avant tout des parties concernées.

Vous nous avez invités à participer, comme observateurs, aux différents panels qui émaillent cette conférence. Sachez que notre grille de lecture est une grille de lecture humaniste, qui prend en considération le bien-être des populations. De toutes les populations.

Mes références, professionnelles et politiques, ont pour source la promotion de la santé. Ce qui donne l'occasion de faire référence au premier principe de la promotion de la santé, énoncé dans la Charte d'Ottawa. Ce principe affirme que le bien-être des individus est directement lié à leur implication dans les processus de décision qui les concernent.

Le caractère gelé de la situation actuelle sert sans doute les intérêts de certains, voire de beaucoup. Mais une solution négociée, impliquant toutes les parties, ne servirait-elle pas les intérêts de tous ? Ne serait-elle pas à la base de nouvelles conditions qui permettraient une éclosion économique de l'ensemble très large de la région actuelle ? C'est une question que je me pose.

Les travaux auxquels vous nous invitez aujourd'hui, dans cette enceinte parlementaire, symbole de la démocratie, nourrie des valeurs partagées de justice et de liberté, donnent un éclairage qui peuvent ouvrir de nouvelles perspectives et de nouveaux espoirs de paix. Des espoirs auxquels chacun aspire.

Des espoirs qui, comme l'a évoqué le Président lors de son intervention, nourrissent l'attention de tous ceux qui, ailleurs dans le monde, connaissent aussi l'inconfort des conflits gelés.

C'est dire l'importance des travaux de cette conférence, basés, entre autre, sur la notion de mémoire, sur le devoir de mémoire, pour mieux construire l'avenir. Nous y participons avec beaucoup d'intérêt.

Je termine en regardant mon appareil photo qui me donne l'altitude : nous sommes à 740 m. De quoi prendre de la hauteur et tracer des horizons nouveaux pour ce magnifique environnement.

Je vous remercie,

André du Bus