Intervention au sujet de la proposition de loi visant à créer des indicateurs complémentaires au PIB
Chers collègues,
La proposition de loi visant à créer des indicateurs complémentaires au PIB touche une problématique essentielle. En ce sens, je remercie le groupe de travail, en particulier Peter Van Rompuy et Etienne Schouppe pour leur coopération, car l’objectif était que nous aboutissions.
Au delà des divergences sur les modalités, je pense que ce texte rassemble au delà des clivages politiques traditionnels car il touche un domaine essentiel. Cette proposition est plus nécessaire que jamais.
Nombreuses sont les crises qui affectent notre société : économique, financière, sociale, environnementale, énergétique,… Ces crises appellent à une remise en cause de notre société, à une refondation de notre modèle sur d’autres valeurs que l’individualisme et le matérialisme. Nous avons besoin de retrouver un sens profond, puisé entre autres dans la relation à autrui et les liens sociaux, et d’y ancrer notre projet de société. Le but de notre action politique doit être de préparer au mieux l’avenir afin de donner confiance dans le fait que demain sera meilleur qu’aujourd’hui.
Nous ne vivons pas la fin d’une époque mais le début d’une nouvelle ère. Et pour cela, un nouveau cap doit être fixé, ensemble : celui du développement humain. Trop souvent peut-être nous avons tendance à naviguer à vue, avec des objectifs qui ne sont pas toujours suffisamment clairs et trop peu animés par des interrogations sur la finalité de nos actions et de notre projet de société.
Le PIB seul est incapable de refléter réellement le développement de notre prospérité.
La loi que nous présentons aujourd’hui a pour objectif de sortir de notre myopie en prenant en compte les évolutions à long terme de nos actions, de nous donner un horizon, une direction, un avenir : celui du développement humain. Je vous l’accorde, il s’agit d’un objectif ambitieux.
Le développement humain repose sur une nouvelle définition de ce qu’est la véritable richesse de notre société. Pour nous, cdH, cette richesse est constituée par le bien-être des citoyens, le respect de la nature et l’attention donnée à la qualité de vie de tous. Sans ces trois dimensions, la croissance économique n’a pas de sens.
Transformer notre mode de développement exige la participation de tous, chacun à son niveau, mais avec des objectifs collectifs et communs pour l’ensemble de la société. C’est la raison pour laquelle la Belgique doit se doter, au niveau fédéral, de nouveaux indicateurs complémentaires du PIB, pour guider et fédérer les efforts de l’action politique et citoyenne. Ces indicateurs doivent servir de balises pour améliorer la gouvernance en réorientant certaines politiques publiques et pour nous situer dans une prospérité, entendue au sens large.
La mise en place de ces nouveaux indicateurs est cruciale pour transformer notre modèle de développement. Je vous remercie pour votre soutien, car accompagner le changement est aussi important que le changement lui-même.
Je vous remercie.