Question à Monsieur Jean-Claude Marcourt, Ministre de l'Enseignement, de la Rechercher et des Médias
André du Bus. - Monsieur le Ministre, Ce 1er mars a eu lieu un colloque organisé par le Conseil Supérieur de la Santé relatif à la question du « double diagnostic ».
Pour rappel, les personnes dites en situation de « double diagnostic » sont des personnes souffrant à la fois d’un handicap mental et d’une maladie mentale avec troubles du comportement.
On le conçoit aisément, leur prise en charge n’est pas simple et nécessite des compétences particulières.
La Ministre de la Santé, Maggie De Block a récemment dégagé de nouveaux moyens. Ceux-ci permettront aux hôpitaux d’engager du personnel spécialisé pour assurer l’encadrement thérapeutique nécessaire.
Globalement, il est primordial de sensibiliser les acteurs de la santé, médicaux et paramédicaux, à cette réalité, trop souvent méconnue.
A cet égard, la formation initiale et continue des acteurs est essentielle, tant pour le dépistage que pour l’accompagnement et la gestion des personnes concernées. Lors du colloque de ce 1er mars, plusieurs acteurs ont fait le constat d’un manque de formation quant à cet enjeu.
Mes questions sont donc les suivantes :
- Qu’existe-t-il actuellement dans la formation des acteurs de la santé afin de les conscientiser à cette problématique ?
- Comment pourriez-vous envisager de renforcer cet aspect de la formation dans les cursus existants ?
- L’ARES a formulé plusieurs recommandations, dont la mise en place de 10 journées de formation de 8h pour les professionnels, avec intervention de personnes de terrain. Avez-vous déjà prévu un suivi de ces recommandations ? Que prévoyez-vous afin de les rencontrer ?
D’avance, Monsieur le Ministre, je vous remercie pour vos réponses.
Monsieur Jean-Claude Marcourt, Ministre. - Madame la Présidente, Monsieur le Député, la formation actuelle aborde la question du double diagnostic dans les cursus de master en sciences médicales. Il existe un cours au choix consacré aux déficits cognitifs. De plus, le double diagnostic est évoqué dans la filière de neuropédiatrie.
Au cours du master de spécialisation en pédiatrie, des enseignements sont également orientés vers les déficits cognitifs de manière directe ou indirecte, en évoquant les différentes pathologies qui les causent. Ces matières sont donc enseignées lors des modules sur les troubles neuropsychologiques, les troubles du langage ou les séquelles de traumatisme crâniens.
Vous connaissez comme moi le principe de l'autonomie des établissements d'enseignement supérieur qui implique que chacun d'entre eux organise librement le contenu de ses programmes de cours. Toutefois, je ne doute pas de leur attention aux conclusions académiques de ce colloque et des aménagements de programme que nos facultés pourraient programmer. A fortiori, si ces thématiques devaient faire l'objet de recommandations de l'ARES.
Pour l'heure, les recommandations que vous évoquez ne sont pas celles de l'ARES mais celles d'interventants qui ont dû être présents lors colloque; en effet, l'ARES n'a pas, à ce stade, émis de recommandations à ce sujet.