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Elio et son néerlandais, la RTBf et le sous-titrage

Soumis par andredubus le

Monsieur le Premier Ministre,

J'ai lu vos interviews dans la dernière presse dominicale, ceux qui déclenchent tant de passions de part et d'autre de la frontière linguistique. Ce n'est pas sur ces éléments que je tiens à réagir mais sur une toute petite phrase qui mérite notre respect.

En réponse au journaliste de Dimanche qui rappelle les critiques émises en Flandre sur votre néerlandais, vous répondez : "...Je les comprends... je dois m'améliorer... j'ai travaillé en français pendant 60 ans. Je suis un produit de cette faiblesse éducative que l'on trouve du côté francophone."

Bravo Monsieur le Premier Ministre ! Cela n'a l'air de rien, c'est d'une évidence et d'une banalité époustouflante, mais vous avez reconnu cette faiblesse éducative. J'ajoute que ce n'est pas qu'une question d'éducation, c'est de toute une culture qu'il faut parler. Une culture francophone qui s'extirpe laborieusement de ces années d'autisme linguistique qui a touché tous les acteurs de la vie sociale, culturelle, économique et financière francophone et qui a produit des générations entières d'hommes et de femmes politiques réellement handicapés sur le plan linguistique. J'en fais malheureusement aussi partie.

Une bonne nouvelle cependant : ce jour, en Commission culture de la Fédération Wallonie Bruxelles nous avons débattu du tout récent contrat de gestion de la RTBF. Un contrat qui, et c'est une première, a intégré -enfin!!!- les termes de la résolution votée voici 5 ans à l'unanimité et qui vise à systématiser le sous-titrage lors des émissions d'informations et à programmer autant que possible des films en VO sous-titrée. Les résistances étaient fortes ! Elles se sont manifestées longtemps derrière le paravent des difficultés techniques. Or, je le rappelle : toutes les études démontrent que les populations qui ont l'occasion de suivre les émissions en langue étrangère sous-titrée développent de réelles facultés d'apprentissage linguistique.

C'est donc un premier pas qui sonne en forme de réponse à votre vécu livré avec honnêteté et élégance. Mais... la route reste longue !

André du Bus
Sénateur de communauté