A l'heure d'établir le bilan de mon activité parlementaire et de passer en revue les différentes actions, textes et interpellations menées, je constate que ce sont les contingences du moment qui m'ont conduit à intervenir au sujet de la problématique de la liberté d'expression. Plus particulièrement à la liberté de la presse en Turquie, pays candidat à l'UE. Ce qui m'a mené à effectuer un voyage aussi surprenant que passionnant jusqu'à Silivri, prison turque qui "abrite" des journalistes incarcérés pour uniques délits de presse (Les billets que j'ai rédigés à cette occasion restent consultables sur mon site)
Mais quelle découverte! Quelle ouverture sur d'autres questions, parfois brûlantes, voire intouchables, jusqu'ici, à Bruxelles ! Questions identitaires et cohabitation entre Belges d'origines multiples, questions religieuses, enjeux de la reconnaissance du génocide arménien... Autant de questions qui démontrent la nécessité, ici à Bruxelles, de travailler chaque jour sur un socle de valeurs communes. Ce qui passe aussi par la nécessité de dire les choses.
Le muselage de la liberté de presse et d'opinion aujourd'hui, en Turquie, est un sujet dont nous devons débattre. L'actualité nous le rappelle chaque jour. C'était l'objet de la proposition de résolution que j'avais co-signée avec mes collègues Jean-Claude Defossé et Fatoumata Sidibé. Proposition déposée au parlement francophone bruxellois, calquée sur celles qui ont été votées en 2013 au parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles et au Sénat.
Que l'examen de cette résolution fut rejeté, ce lundi 31 mars en fin de commission, par un tour de passe-passe procédurier, pour des raisons électorales, me désole. Et si je n'étais pas présent,c'est en raison de mon activité au parlement de la fédération wallonie bruxelles où j'interpellais au même moment successivement les ministres Nollet et Huytebroeck. J'avais d'ailleurs annoncé mon indisponibilité.
Enfin, Il faudra un jour faire comprendre qu'il n'y a aucune honte à dire les choses, à s'exprimer.
Car tout socle de valeurs communes ne peut se construire sous les diktats électoraux organisant le mutisme.
André du Bus