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Évolution de la formation des kinésithérapeutes

Soumis par andredubus le
Discussion avec Monsieur Jean-Claude Marcourt, Vice-président, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et des Médias

Le 18 novembre dernier, je vous ai interpellé sur la durée de la formation des kinésithérapeutes, l’intégration des concepts de prévention et de promotion de la santé dans cette formation ainsi que sur son harmonisation avec la communauté flamande et entre universités et hautes écoles.

Vous m’aviez répondu qu’un groupe de travail mixte, réunissant hautes écoles et universités, avait été créé en 2013 afin d’élaborer un programme de formation en kinésithérapie sur cinq années. La réforme devait être opérationnelle pour la rentrée 2015, mais les travaux avaient pris du retard. Vous étiez en attente du rapport final élaboré par le groupe de travail et validé par l’ARES.

Avez-vous des nouvelles de ce rapport ? Est-il finalisé?

L’arrêté royal du 8 août 2014 fixe les compétences particulières à acquérir lors d’une année d’étude supplémentaire en kinésithérapie. Ces compétences soulèvent des inquiétudes dans le secteur francophone. Le champ d’action du kinésithérapeute de base, celui qui n’aurait pas suivi un cursus complémentaire lui permettant d’acquérir des compétences particulières, pose notamment question. L’arrêté royal n° 78 n’étant pas modifié, le kinésithérapeute de base pourra normalement continuer à exercer dans tous les domaines de la kinésithérapie.

Selon certains, les compétences particulières pourraient cloisonner la kinésithérapie en spécialités – par exemple cardiaque, pulmonaire ou neurologique – au détriment d’une approche globale et transversale nécessaire pour prendre en charge les patients atteints de maladies chroniques ou touchés par les conséquences du vieillissement.

Prenons l’exemple de la réhabilitation: pour que la guérison soit efficace et rapide, tous les organes doivent être redynamisés en même temps. Les kinés doivent donc avoir une connaissance transversale du corps humain. Certains estiment que les nouvelles modalités risquent d’accentuer un déficit de prise en charge en première ligne au lieu de l’atténuer.

D’autres estiment au contraire que la formation de base garantit une connaissance suffisante pour répondre aux besoins généraux de la population et que les compétences particulières visent à répondre à des besoins très spécifiques.

Le débat est donc lancé: quelle sera la place des kinésithérapeutes qui décident de ne pas acquérir de compétences particulières? Notons que ce débat ne se tient que dans la partie francophone du pays. Car la Flandre, ayant porté la formation en kinésithérapie à cinq années, intègre déjà plusieurs de ces compétences particulières lors de la dernière année ou tout au long de la formation.

Pourquoi ne pas faire comme la Flandre et intégrer, en tout ou en partie, les compétences particulières dans la cinquième année de la formation de base? Cela balaierait les questionnements sur la qualification de la formation de base.

Le groupe de travail se penche-t-il sur cette question? Une harmonisation des formations entre les deux communautés est-elle prévue? Avez-vous des contacts avec votre homologue flamand? Dans l’attente de cette cinquième année, dans quel type de cursus seront organisées les filières permettant d’acquérir les compétences particulières?

M. Jean-Claude Marcourt, vice-président et ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et des Médias. – Je n’ai pas encore reçu le rapport du groupe de travail mixte des hautes écoles et des universités. J’ai demandé à l’ARES de clôturer ses travaux pour le 30 septembre afin que la réforme soit opérationnelle à partir de l’année académique 2016-2017.

En 2013, j’avais déjà demandé l’examen de plusieurs mesures dont l’allongement du cursus de quatre à cinq années et la codiplomation des hautes écoles et des universités. Je voulais que cette réforme s’inscrive dans une vision partagée de l’organisation de la formation au niveau fédéral, que chacun puisse associer la formation de base du kiné à une qualification professionnelle particulière, et que ces qualifications spécifiques soient acquises lors des deux années de master.

Je pense donc rejoindre vos préoccupations. J’espère qu’en octobre, je pourrai vous communiquer les résultats du groupe de travail mixte qui a pris un certain temps pour rendre son avis.

M. André du Bus. – Je regrette que le rapport ne soit pas encore finalisé. Je me réjouis que nous soyons d’accord sur les objectifs: porter la formation à cinq années et intégrer les compétences dans les deux dernières années. Cela permettra d’harmoniser la formation avec la Flandre et de clôturer le débat sur un différentiel de formation entre ceux qui auraient opté pour quatre années de formation et ceux qui auraient opté pour cinq ans.