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EVRAS auprès des personnes déficientes intellectuelles

Soumis par andredubus le

Question orale d’André du Bus à Fadila LAANAN, Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’égalité des chances

Réponse de la Ministre ci-dessous

cheap priligystify;">Madame la Ministre,

Comme l’exprime très justement la DPC, une approche positive de la vie relationnelle, affective et sexuelle tout au long de la vie permet de diminuer fortement les facteurs de risque : grossesses non désirées, faits de délinquances sexuelles, infections sexuellement transmissibles, (…). Plus globalement encore, j’ajouterais que l’EVRAS contribue à promouvoir notre santé et nous aide dès lors à être acteur de nos choix de santé.

Nous le savons, la Fédération Wallonie-Bruxelles, en étroite collaboration avec la Région wallonne et la CoCoF, a mis en place de nombreux projets en termes d’EVRAS, notamment dans le cadre d’un déploiement des modules d’animation à la vie relationnelle, affective et sexuelle aux élèves de la FWB. La fédération souhaite de ce fait toucher l’ensemble des jeunes citoyens.

Cette éducation, pour qu’elle reçoive une véritable résonance, doit pouvoir s’adapter au public concerné. Et il me semble que ce public ne se limite pas au public scolaire mais concerne également les personnes handicapées mentales. C’est très justement à ce propos que je souhaiterais vous entendre Madame la Ministre. Qu’en est-il de l’EVRAS auprès des personnes ayant une déficience intellectuelle, qui sont elles aussi concernées par l’EVRAS et dont les informations, les conseils et les diverses interventions en termes d’EVRAS demandent des simplifications et des ajustements.

Des initiatives émergent à ce propos. La presse a par exemple récemment évoqué les démarches auprès des publics déficients intellectuels réalisées par le planning familial de Waterloo et récompensées du prix Egalitude par la Région wallonne. Toutefois force est de constater que ces projets sont actuellement très ponctuels. Aborder la vie affective et sexuelle des handicapés mentaux reste un sujet tabou, qui peut gêner, voire faire peur. Pourtant les personnes déficientes intellectuelles ont besoin de lieu où elles puissent parler et être entendues en termes d’EVRAS, recevoir des informations. Cela en va de leur autonomie et de leur intégrité personnelle.

Voici donc mes questions à ce sujet, Madame la Ministre :

Quelles initiatives sont-elles réalisées ou soutenues par la FWB en termes d’EVRAS pour les personnes déficientes intellectuelles ?

Des synergies sont-elles mises en œuvre avec le gouvernement de la Région wallonne et/ou de la CoCoF pour donner une offre de services cohérente et coordonnées à ce sujet ?

Nous savons que l’EVRAS existe dans l’enseignement spécialisé mais pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la mise en place concrète de ces modules d’EVRAS auprès de élèves handicapés mentaux?

Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – Un projet d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle pour des personnes déficientes intellectuellement et mentalement a été exécuté par le service spécialisé du professeur Michel Mercier des Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur durant de longues années. Ce projet a été financé par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Actuellement, nous finançons un projet du même type, développé par la même équipe pour les personnes physiquement déficientes. À la suite de la mise au point de nombreux projets pilotes auprès des personnes handicapées mentales et de nombreux échanges avec d’autres experts internationaux, l’équipe du professeur Mercier s’est attachée à former les acteurs traditionnels de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle, les centres de planning familial ainsi que les animateurs de la plupart des centres qui accueillent des personnes déficientes mentalement.

Elle a également développé des outils appropriés pour aborder les questions de sexualité avec les personnes handicapées, notamment une valisette pédagogique à destination des animateurs chargés de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle qui travaillent avec ce public spécifique.

Les centres de planning familial et les centres d’accueil pour personnes déficientes mentalement dépendent des Régions. Je ne dispose pas de statistiques permettant d’évaluer si la demande excède l’offre en animations pour élèves handicapés mentaux.

Il existe une lacune bien identifiée auprès des jeunes intellectuellement, socialement, économiquement et culturellement défavorisés. Plusieurs expériences-pilotes ont été menées dans l’enseignement pour aborder ces questions de manière adéquate avec les jeunes qui manquent de perspectives d’avenir et de valorisation sociale souvent à l’origine de mariages précoces, de grossesses précoces, de violences familiales et conjugales, de pauvreté… Cependant, même si l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle auprès de ces jeunes peut s’avérer utile, ce ne peut être suffisant pour remédier à tous leurs problèmes.

Pour ce qui est de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle dans l’enseignement spécialisé, nous ne possédons pas d’éléments permettant de juger de son efficacité. Je vous invite à interroger les ministres de l’Enseignement obligatoire et, pour la Wallonie et Bruxelles, de l’Action sociale.

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Madame la ministre, je vous remercie pour cette réponse. Je ne manquerai pas de suivre votre suggestion et d’interroger les ministres que vous citez. Le sujet n’est pas évident à traiter car il fait référence à des représentations figées. Nous avons intérêt à en parler pour faire évoluer les mentalités.