Question orale à Monsieur Jean-Claude Marcourt, Vice-Président, Ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et des Médias
Monsieur le Ministre,
Un des enjeux fondamentaux de la prévention et de la promotion de la santé est de permettre aux personnes, à titre individuel et collectif, d’adopter des comportements porteurs de santé, visant à la fois la conquête du bien-être tout comme l’évitement d’une série de maladies. Dans notre société actuelle, le rôle d'éducateur/promoteur de la santé est un des meilleurs moyens de relever le défi en santé publique qui s'annonce avec l'expansion des maladies chroniques.
Parmi les stratégies utilisées dans la promotion de la santé, une attention soutenue est portée à l’égard des personnes ressources. Parmi elles, les kinés jouent des rôles très intéressants. Ces derniers exercent leur métier dans un cadre structurel qui se caractérise par la récurrence et la durée des séances. Ils maîtrisent également les questions liées au mouvement qui, dans notre société actuelle dont la sédentarité est excessive, sont essentielles. Par leur connaissance du mouvement, les kinés sont capables de prévenir l’obésité croissante auprès des jeunes, l’émergence et l’inflation des pathologies dorsales et lombaires auprès des adultes, et de nouveaux enjeux pour les pathologies cardio-vasculaires. Les kinés connaissent et valorisent aussi l’importance du corps et plus particulièrement tout ce qui relève de la prise de conscience du corps en apprenant aux patients à sentir leur corps, être à leur écoute, comprendre ses limites et ses possibilités. Ces trois caractéristiques constituent les bases fondamentales de la prévention, reconnues aujourd'hui par le secteur de la kinésithérapie. Elles sont un plus pour combattre l'aggravation des patients malades chroniques.
Ces défis méritent que l'enseignement en kinésithérapie atteigne aujourd'hui un vrai niveau académique (Master 2). Il faut savoir que la Flandre a porté la formation initiale des kinésithérapeutes à cinq années depuis plusieurs années déjà. Si le but n'est pas de "faire" comme la communauté flamande, une harmonisation de l'enseignement éviterait des problèmes aussi bien que la migration entre régions belges (les commissions d'agrément étant communautarisées, une asymétrie pourrait se développer) que l'afflux systématique vers la FWB d'étudiants en provenance de l'EU. En effet la différence du nombre d'années incitera encore et toujours plus les migrants à se tourner vers la FWB plutôt que la Vlaamse Gemeenschap (cfr la directive 2005/36 qui sera remplacée par la directive 2013/55 sur la reconnaissance des qualifications professionnelles).
Il a donc été question, il y a environ deux ans, de porter les études à 5 ans. La précédente Ministre de la santé avait accepté cette demande avec la condition de réduire l’offre trop élevée (11 institutions) d’enseignement disponible en FWB, qui donne lieu à un surplus d’étudiants diplômés.
Je me suis réjoui de la décision de la précédente Ministre de la santé! Cependant, je m’étonne que la cinquième année en kinésithérapie n’a toujours pas été mise en place, et que l’offre d’enseignement disponible en FWB est encore identique. Les enjeux n’ont pourtant pas changé.
Je m’interrogeais donc, M. le ministre :
Pourquoi les études de kinésithérapeute ne sont toujours pas passées à 5 ans ? Une transition à cinq ans est-elle en cours ? Quand est-elle prévue ?
Comment expliquez-vous le fait que l’offre d’enseignement est identique malgré la volonté publique de réduire cette offre en raison du surplus de kinésithérapeutes ?
Comment renforcer, lors de la formation initiale, le rôle du kiné comme acteur dans le champ de la prévention ?
D’avance, Monsieur le ministre, je vous remercie pour votre réponse.