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Harcèlement en rue

Soumis par andredubus le

Question orale de André du Bus à Fadila LAANAN, Ministre de la Culture, de l'Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des Chances concernant : le harcèlement en rue

RÉPONSE de la Ministre ici

Madame la Ministre,

En tant que Ministre de l’égalité des chances, le documentaire de Sofie Peeters intitulée « Femme de rue » ne peut vous avoir échappé. Installée à Bruxelles dans le quartier Anneessens, cette jeune étudiante a décidé de filmer en caméra cachée ses déplacements afin de révéler les nombreuses insultes, injures et réflexions machistes dont elle fait l’objet. Ces réflexions et injures s’apparentent à du harcèlement tant elles sont violentes, récurrentes et sexistes.

D’emblée, Madame la Ministre, nous souhaitons préciser que par notre question, nous n’entendons pas stigmatiser tout un quartier, voire une communauté, mais bien renvoyer ce phénomène à la problématique plus générale des rapports hommes-femmes et des stéréotypes sexistes (considérant le harcèlement en rue comme un symptôme parmi d’autres d’une société encore marquée par le sexisme).

Pauvreté, manque d’éducation, hypersexualisation de la société, manque de perspectives d’avenir, frustration, absence de dialogues entre le jeune et ses parents, etc…voici quelques éléments mis en exergue dans ce documentaire pour tenter d’expliquer ce harcèlement en rue. Il s’agit toutefois d’une analyse superficielle qu’il conviendrait de compléter et d’approfondir par une étude sociologique consacrée à ce phénomène.

Comme vous le savez, la Ministre de l’Intérieur a décidé de punir, au moyen d’amendes administratives, les auteurs d’injures sexistes. A côté de cette logique répressive, il nous semble primordial d’apporter une réponse pédagogique, plus précisément de mener en amont un travail de sensibilisation sur le sexisme auprès des jeunes. L’anthropologue verviétoise Chris Paulis, de l’Ulg, explique à ce titre que les comportements sexuels dans la rue relèvent avant tout de l’éducation, des mentalités et des manières de vivre dans le cadre d’une société influencée par des comportements sexistes tolérés, en faisant référence aux série TV, à Internet, aux publicités, etc., c’est-à-dire précisément ce qui sert de références à de nombreux jeunes aujourd’hui.

C’est pourquoi, nous insistons pour qu’un travail de sensibilisation sur les rapports homme-femme et sur les préjugés sexistes (en passant donc par le phénomène du harcèlement en rue), dans le cadre d’une politique transversale d’égalité des chances soit mené auprès de la population. C’est, à long terme, ce travail de sensibilisation, d’éducation et de prévention, en travaillant sur les représentations mentales des jeunes, qui nous paraît le plus approprié pour concourir au bien vivre ensemble dans notre société et lutter contre des comportements comme le harcèlement en rue.

Madame la Ministre,

En tant que Ministre de l’égalité des chances en FWB, pouvez-vous nous développer les actions ou initiatives soutenues par la FWB qui visent cette problématique, plus précisément la lutte contre les préjugés sexistes ? Quels en sont les résultats positifs ?

Par ailleurs, est-il envisagé de développer des projets spécifiques en réponse au phénomène de harcèlement en rue ?

Je vous remercie, Madame la Ministre, pour les réponses que vous pourrez m’apporter.