Question à Madame Marie-Martine-Schyns, ministre de l'Education et des Bâtiments scolaires
M. André du Bus. – La multiplicité des troubles pris en charge dans l’enseignement spécialisé est bien réelle.
Selon le trouble ou le handicap dont il souffre, l’enfant est inscrit dans l’un des huit types d’enseignement existants.
Dans la pratique, néanmoins, les enseignants rencontrent des difficultés dans le cadre de la prise en charge d’enfants qui présentent des problèmes multiples relevant parfois de types d’enseignement différents.
Ainsi, certains enfants souffrent de problèmes psychiatriques tout en étant pris en charge pour une autre pathologie comme, par exemple, des troubles d’apprentissage. Les équipes éducatives sont peu outillées pour faire face à ces troubles psychiatriques additionnels.
Comment oriente-t-on les enfants souffrant de troubles divers au sein des différents types d’enseignement spécialisé?
Existe-t-il des formations pour aider les équipes éducatives à cerner les problèmes psychiatriques rencontrés, à tout le moins à les sensibiliser et leur conseiller les comportements adéquats? Cela concerne notamment des patients affectés d’un double diagnostic.
Marie-Martine Schyns, ministre. - Monsieur le Député, en effet, de nombreux troubles sont pris en charge dans l’enseignement spécialisé. Lorsqu’on évoque cette multiplicité de troubles, de difficultés scolaires ou d’handicaps, on évoque bien plus souvent les caractéristiques des différents types d’enseignement spécialisé que les troubles psychiatriques. Ainsi, et pour répondre à votre question sur l’orientation, lorsqu’une difficulté scolaire, quelle qu’elle soit, est signalée par l’équipe éducative ou par les parents, c’est le Centre PMS de l’école qui établit un rapport multidisciplinaire. Celui-ci comprend une partie pédagogique, psychologique, sociale et médicale.
En équipe et sur la base de cette analyse complète, le Centre PMS peut alors préconiser une orientation vers l’un ou l’autre type d’enseignement spécialisé. Lorsque différentes difficultés apparaissent pour le même enfant, le Centre PMS doit alors choisir en fonction du principal handicap et de l’intérêt de l’élève, quel est le type d’enseignement à préconiser.
Quant aux troubles psychiatriques proprement dits, je tiens à préciser que ceux-ci peuvent également être présents dans l’enseignement ordinaire. Si le trouble psychiatrique est à ce point envahissant qu’il détermine les choix établis par le Centre PMS, c’est alors le type 5 de l’enseignement spécialisé qui sera proposé. Ce type d’enseignement répond aux besoins éducatifs et de formation des enfants et des adolescents malades et/ou convalescents. En reprenant ici la définition du type 5, je souhaite attirer votre attention sur le fait que la psychiatrie relève du champ de la santé. Ainsi l’enseignement spécialisé de type 5 collabore étroitement avec des hôpitaux et des psychiatres, ou pédopsychiatres qui gardent toute la responsabilité des bonnes pratiques à mettre en œuvre pour le suivi thérapeutique.
Dans les autres types d’enseignement spécialisé ou dans l’enseignement ordinaire, certes des troubles psychiatriques peuvent cohabiter avec d’autres difficultés, mais les informations et formations proposées aux enseignants veilleront surtout à donner des outils concrets pour adapter les pratiques éducatives face à des comportements difficiles.
Ainsi l’équipe éducative, si elle doit être formée, elle ne doit pas pour autant devenir trop « médicalisante » et encore moins poser un diagnostic. L’enseignant qui se retrouve face à des élèves porteurs de troubles d’apprentissage se concentrera sur ces troubles pour lesquels il mettra en œuvre des stratégies adaptées et veillera à prendre un avis auprès du Centre PMS, s’il estime qu’une prise en charge médicale pourrait être envisagée.
Je vous remercie pour votre question.