Mesdames, Messieurs, Chers Amis,
C'est un réel plaisir que de vous accueillir ici au Sénat pour traiter d'un sujet aussi mobilisateur que celui du Double Diagnostic.
Je dois d'emblée vous avouer que ce sujet m'était totalement inconnu avant que je ne rencontre Claude Meyer voici maintenant six ans. Et je peux vous dire que ce sujet reste toujours méconnu de la part de la grande majorité des acteurs politiques.
Or, vous le savez, votre présence ici en témoigne, les enjeux sont devenus aujourd'hui d'ordre politique.
Mais d'abord un mot sur le sujet lui même, avant qu'il ne soit abondamment abordé, illustré, commenté par les nombreux experts ici présents qui ont accepté de partager leur savoir, leur expérience.
De nombreuses études ont démontré que les personnes atteintes d'une déficience mentale, d'un handicap mental, présentaient une sensibilité plus forte pour développer des troubles de santé mentale. Des chiffres sont même avancés, vous les retrouverez dans la proposition de résolution actuellement déposée au Sénat. On y évoque le nombre de 150.000 personnes atteintes d'un handicap mental dont 50.000 d'entre elles seront victimes de troubles psychiatriques. Et parmi ce nombre, certaines d'entre elles présenteront des réactions comportementales particulières, non spécifiques, parfois violentes. Pour lesquelles la plupart des institutions hospitalières restent démunies.
C'est bien ici que se situe le principal problème, le principal enjeu : quelle prise en charge thérapeutique faut-il promouvoir pour répondre aux besoins de ces patients ?
Aujourd'hui il existe deux types de réponses : une réponse hospitalière, développée en Flandre à Bierbeek et, en Wallonie, à Manage. Une réponse ambulatoire à travers les Equipes Mobiles d'Intervention. Bruxelles ne dispose pas d'unité hospitalière spécialisée dans l'accueil de ces patients.
Or, les institutions hospitalières de Flandre et de Wallonie sont débordées par les demandes. Elles ne parviennent plus à répondre aux nombreuses familles à la recherche d'une prise en charge thérapeutique. Car dans certains cas le maintien à domicile est devenu littéralement impossible, et les réponses des Equipes Mobiles d'Intervention inadaptées. L'hospitalisation est devenue obligatoire.
Voilà le cadre de nos travaux de cet après-midi : faire l'analyse de la situation, comprendre la demande, comprendre les caractéristiques de l'offre de soins, tant du côté des Equipes Mobiles d'Intervention que du côté hospitalier, découvrir ce qui se fait à l'étranger, comprendre l'évolution de la prise en considération de cette question au niveau européen, tracer des pistes de solutions. Et, in fine, écouter les réactions des politiques.
Je tiens déjà à remercier vivement les orateurs et les collègues parlementaires d'avoir accepté d'être présents et de partager leur point de vue.
André du Bus