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La tuberculose est une maladie curable. De fait, j'en suis guéri !

Soumis par andredubus le

La tuberculose est une maladie curable. De fait, j'en suis guéri !

cheap software downloadsEn cette journée qui commémore la découverte, en 1882, du bacille tuberculeux par Robert Koch, l'OMS veut permettre à chacun d'exprimer ses souhaits en matière de tuberculose.[1]

Cette journée mondiale me donne l'opportunité de formuler des remerciements et un souhait. Des remerciements à titre personnel, un souhait sur le plan politique. Le lecteur se rendra compte que les deux sont liés.

A titre personnel car, aujourd'hui, cela fait deux semaines que j'ai pu mettre fin au traitement suivi durant un an pour affronter une forme rare de cette pathologie : une tuberculose uretérale. J'en parle parce sans la connaissance, la vigilance, le sens aigu de l'observation et la perspicacité dont a fait montre le chirurgien urologue, j'ignore quelle aurait été l'évolution des moments pénibles vécus durant six mois. Et ce, avant le verdict, en l'occurrence salvateur, de la tuberculose. Un verdict tombé voici précisément douze mois.

J'ai en effet connu une douzaine d'admissions aux urgences (pour des douleurs rénales appelées communément « calculs aux reins »), deux opérations , accompagnées, chaque fois, du placement d'une sonde uretérale, sans parler de la série d'analyses et de radios indispensables au processus de diagnostic.

Si, dans un premier temps, des calculs rénaux ont été décelés et ont fait l'objet d'une ablation via le mode opératoire, la résurgence quelques mois plus tard des douleurs régulières - alors que les radios restaient muettes- a rapidement posé question. Ce qui a conduit à investiguer l'état de la tuyauterie via une urographie par injection d'un produit de contraste. Celle-ci objective un rétrécissement anormal de l'uretère (conduit qui alimente la vessie au départ du rein). Le ticket aller simple pour une intervention chirurgicale était délivré!

Voici ce dont je me souviens de cette opération sous péridurale, l'occasion d'assister en « live », écran télé au dessus de ma tête, à cette immersion inédite dans mon bas ventre ! D'abord l'introduction de cette aiguille dans le bas du dos reste un moment non pas douloureux mais caractérisé par une sensation curieuse, inconnue. L'effet est quasi immédiat, perte totale de sensibilité de la partie du corps située sous le nombril. Le chirurgien a champ libre. Pour lui le mot d'ordre est maintenant « En plongée ! », via les voies naturelles, pour arriver au niveau de la vessie avec en guise de cap, le méat uretéral droit (orifice d'arrivée de l'uretère dans la vessie), siège des douleurs. Grand phare allumé, le médecin aboutit audit méat et j'entends son expression vocale qui change ; l'interrogation se devine, il est question de gonflements anormaux, d'invagination, d'allure volcanique... Bref, si la perplexité est au rendez-vous, la maîtrise de la situation reste totale. Je ne suis pas inquiet. Il n'est plus question de remonter à l'intérieur du conduit uretéral, le problème se situe bien au niveau de cet orifice qui présente une allure inédite aux yeux du médecin. Ce qui, après quelques instants de réflexion, l'amène à formuler une hypothèse : serait-ce une tuberculose ? Seule solution : prélever un échantillon à envoyer au labo. Le temps d'amener la trousse à outil, toujours via les voies naturelles, et me voilà amputé de quelques millimètres cube de tissus organiques. Le médecin place une sonde rénale pour assurer l'écoulement à travers ce rétrécissement puis rideau, remontée à la surface !

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Trois semaines plus tard, le verdict tombe. Tuberculose uretérale. Forme rarissime, premier cas dans ce service. J'appelle le FARES qui est chargé de la tenue du registre belge de la tuberculose et qui me confirme la caractère exceptionnel de cette forme de tbc.

Bravo toubib, chapeau l'artiste ! En discutant avec lui, il me confie que s'il n'a jamais vu cette forme tuberculeuse il s'est souvenu de ses cours qui évoquaient ce cas de figure. Pour moi, une année de traitement. Sans plus, avec comme effet secondaire, un teint perpétuellement bronzé, dû à la modification de la sensibilité photovoltaïque induite par un des médicaments. On connaît pire comme effet secondaire d'un traitement...

Mon souhait, en cette journée mondiale, porte sur un renforcement de la lutte contre cette maladie, par une sensibilisation continue des acteurs médicaux, par un soutien accru à la recherche diagnostique et thérapeutique (qui n'avance quasi plus depuis des décennies) et par une forte prise en considération de l'expertise du FARES dans le cadre de la réforme de la santé ; à tous les niveaux de pouvoir.

Pour que de plus en plus de personnes puissent dire un jour « Bravo toubib » pour une autre maladie que la tuberculose !

André du Bus

Sénateur de communauté


[1]   Communiqué de presse du FARES (Fonds des Affections Respiratoires)

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