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Langue des signes| l’accès aux établissements d’enseignement supérieur pour les jeunes aux besoins spécifiques

Soumis par andredubus le

Question orale au vice-président et ministre de l’Enseignement supérieur

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – En juin dernier, monsieur le ministre, je vous questionnais sur l’état d’avancement des travaux du groupe de réfl
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exion sur l’accès aux établissements d’enseignement supérieur pour les jeunes aux besoins spécifiques.

Vous m’indiquiez dans votre réponse que nous n’en étions « cependant pas encore à la création d’un master et qu’il était donc prématuré de parler de master en langue des signes ». Vous me confirmiez tout de même qu’un avant-projet de décret proposant un cadre juridique permettant aux étudiants handicapés de bénéficier d’aménagements raisonnables était en préparation.

Début octobre, j’ai eu le plaisir de lire dans Nord Eclair que vous aviez lancé l’idée d’une formation pour les futurs traducteurs en langue des signes et que vous aviez introduit une demande en ce sens auprès du Conseil général des hautes écoles. Cette formation viserait à fournir des traducteurs en langue des signes afin de systématiser une traduction d’un cours, lorsque cela s’avère nécessaire. Si elle se concrétise, cette décision est une très bonne nouvelle.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus et nous informer sur les opérateurs potentiellement intéressés par cette formation ? Cette dernière sera-telle organisée en tant que master ?

M. Jean-Claude Marcourt, vice-président et ministre de l’Enseignement supérieur. – Un avant-projet de décret relatif à l’enseignement supérieur inclusif est en préparation. En effet, il n’existe aucun cadre légal qui traite des aménagements raisonnables que les étudiants handicapés – même si dans la langue des signes la notion de handicap est peu acceptée – sont en droit d’obtenir pour leur assurer des chances équivalentes de réussite.

Il y a plus d’un an, on a créé un groupe de travail, composé des représentants des universités, des hautes écoles, de l’AWIPH, du service Phare, du Centre pour l’égalité des chances, des mutualités, des étudiants et de l’administration, afin de réfléchir à une réponse institutionnelle à cette problématique. Je souhaite qu’un texte soit présenté au gouvernement avant la fin de cette année.

Votre question aborde plus particulièrement la création d’études spécifiques de traducteurs en langue des signes afin de systématiser la traduction d’un cours lorsque cela s’avère nécessaire.

Dans ce cadre, nous étudions le meilleur moyen d’attirer des candidats dans ces filières et le type de formation le plus adéquat, tout en réfléchissant à l’opportunité d’organiser un master en interprétariat qui intégrerait la maîtrise de la langue des signes.

En ce qui concerne l’enseignement supérieur, la seule maîtrise de la langue des signes ne suffit pas. Traduire un cours en langue des signes ne se limite pas à signer le cours. Cela nécessite non seulement une maîtrise de la langue mais également une connaissance de la matière. L’opportunité de développer d’autres filières correspondant à des études supérieures plus complètes, tant dans le domaine de la formation initiale que de la formation continue, fait donc également partie de la réflexion.

Enfin, pour répondre à la forte demande des personnes sourdes et malentendantes, il convient aussi d’envisager la mise en place d’études de spécialisation en langue des signes sur le modèle des spécialisations actuelles, dans la catégorie pédagogique bien sûr, mais également dans les catégories sociale et paramédicale. Ces bacheliers pourraient être reconnus statutairement pour assumer les cours de langue des signes en tant que discipline à part entière. Il faudrait également prévoir des passerelles vers les masters en traduction/interprétation.

L’élaboration de ces dossiers est complexe et demande du temps, d’autant qu’une fois ces filières opportunes établies, il faudra qu’elles séduisent un nombre suffisant de candidats.

Lors du colloque organisé à Liège par les fédérations concernées, j’ai indiqué que des propositions concrètes seraient faites dans le courant du premier semestre 2013 afin de voir comment répondre aux besoins et aux difficultés des personnes sourdes et malentendantes. Si le nombre de traducteurs en langue des signes est stable, les besoins, par contre, ne cessent de croître.

On m’a cité le cas d’un jeune envoyé dans l’enseignement spécialisé simplement à cause de sa surdité. Cela pose un vrai problème humain. Cet exemple frappant montre que l’on ne se rend pas toujours compte des situations concrètes. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai pris l’engagement de faire des propositions au gouvernement au cours du premier semestre de l’année prochaine.

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Je me réjouis de l’annonce d’un avant-projet sur l’inclusion. Aujourd’hui plus que jamais la société cherche à prendre des initiatives inclusives et coinclusives pour dépasser l’indifférence à l’égard des personnes handicapées.

Vous indiquez que le groupe de travail sur le langage des signes est invité à se pencher sur l’attractivité et l’opportunité de la mesure. Il me semble néanmoins que vous avez déjà en partie une réponse à la question puisque vous avez pu constater vous-même l’existence d’une forte demande de traducteurs en langue des signes lors du colloque de Liège. Par ailleurs, nous avons relayé à plusieurs reprises dans cette commission, les besoins des sourds et malentendants, comme le monde du handicap l’a fait de son côté dans des articles ou des colloques. Je crois que l’opportunité d’une telle initiative est démontrée aujourd’hui.

En revanche, je comprends que l’on puisse s’interroger sur l’attraction des formations. Je ne sais comment on peut la mesurer. Par des tests ? Des enquêtes ? Quoi qu’il en soit, je souhaite que vous aboutissiez rapidement. En effet, cette question a fait l’objet de plusieurs questions parlementaires.

Nous sommes sollicités régulièrement. Il faut prendre rapidement une initiative. Je prends acte du fait que vous comptez faire des propositions concrètes au cours du premier semestre de l’année prochaine. J’espère que vous organiserez rapidement une initiative pour répondre aux besoins importants de cette population.