À l’initiative de notre éminent collègue Brotchi, une réunion interparlementaire sur le cancer du sein s’est tenue en avril dernier. Nous avons eu l’occasion d’entendre différents experts qui rappelaient l’importance pour les femmes de la prévention primaire et de stratégies d’information précise.
J’ai relayé ces préoccupations les semaines suivantes dans une question orale. Vous m’avez répondu qu’une approche globale et transversale était prioritaire et que vous ne voyiez pas l’intérêt, à ce stade, de cibler les informations sur des pathologies spécifiques. Vous aviez argué que ces campagnes pourraient avoir un effet anxiogène.
Mercredi dernier, il y a une semaine exactement, le CHU Brugmann, le centre de prévention Isala et la Clinique du sein ont présenté les résultats de leur enquête, la première du genre, sur les effets de la prévention primaire en matière de cancer du sein. Il en ressort que 81,6 pour cent des femmes souhaitent recevoir une information précise sur les risques d’en souffrir.Au vu de ce résultat officiel, je me demandais s’il ne serait pas opportun, soit de revoir vos propos, soit de réorienter votre stratégie en mettant l’accent sur la prévention primaire, comme vous l’entendez, et surtout de mettre sur pied une stratégie de diffusion d’informations précises à l’intention des femmes sur les facteurs de risque à l’origine du cancer du sein.
Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – Les informations sur les causes du cancer du sein font effectivement référence à des facteurs comme l’obésité, la consommation d’alcool ou l’alimentation.
Il est vrai que, jusqu’ici, la Communauté française s’est limitée à des campagnes de sensibilisation sur le cancer relevant de facteurs primaires évidents comme l’exposition solaire pour le mélanome ou le tabagisme pour le cancer du poumon.
Il est évidemment important de souligner les facteurs de risque à l’origine du cancer du sein. La Communauté française s’intéresse à la question. Jusqu’à présent, nous nous sommes limités à souligner les facteurs flagrants. Les campagnes de promotion des attitudes saines ou d’alimentation saine touchant au bien-être des citoyens dénoncent les autres facteurs de risques. Rien ne nous empêche d’élargir ces propos, tout en veillant à ne pas donner trop informations qui finiraient par diluer les messages. Nous devons rester prudents en matière de diffusion d’informations et de contenu des campagnes de prévention.
M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Madame la ministre, je vous remercie pour votre réponse.
Je rappelle cependant qu’une des conclusions majeures de l’étude recommande de travailler sur l’information du corps médical et plus particulièrement des médecins qui sont les premiers interlocuteurs des femmes. Il convient dès lors de leur fournir les outils nécessaires pour diffuser cette information relativement simple, qui, en l’occurrence, fait défaut.