Discussion avec Madame Laurette Onkelinx, Ministre des affaires sociales et de la santé publique
La Belgique comptait 1 020 patients atteints de tuberculose en 2009, soit 9,6 cas pour 100 000 habitants. L’augmentation n’est pas significative depuis 2008 où le ratio était de 9,4 cas pour 100 000 habitants. On constate par ailleurs une plus forte concentration de personnes atteintes de la maladie dans les grandes villes, particulièrement à Bruxelles où l’on dénombre pas moins de 30,5 cas de tuberculose pour 100 000 habitants.
Selon le Fonds des affections respiratoires – FARES– c’est dans les grandes villes, où se concentrent les populations à risque, que l’on recense le plus de cas de tuberculoses avec une moyenne de 23,9 cas pour 100 000 habitants. En Belgique, seules les villes de Bruxelles, de Liège et d’Anvers dépassent cette proportion.
En outre, en 2009, la Région de Bruxelles-Capitale affichait une incidence trois à quatre fois plus élevée qu’en Wallonie (7,9 cas pour 100 000 habitants) et en Flandre (6,9 cas pour 100 000 habitants).
Tous ces chiffres montrent que la tuberculose stagne en Belgique et que s’ils n’évoluent pas à la hausse, ils ne tendent pas non plus à diminuer.
Il y a quelques semaines, la presse faisait état du développement d’un nouveau test de dépistage de la tuberculose. Ce test, mis sur pied par une société californienne, est basé sur la technique de l’amplification en chaîne par polymérase. Cette technique permet de détecter un gène spécifique de la bactérie Mycobacterium tuberculosis ainsi que sa mutation qui provoque une résistance à la rifampicine, l’antibiotique le plus utilisé pour commencer le traitement contre la tuberculose.
Selon les médecins responsables du groupe de travail « tuberculose » créé au sein de Médecins sans frontières, ce test paraît être une réelle avancée du fait de sa rapidité et de sa simplicité d’emploi, mais aussi de sa capacité à détecter une part importante des tuberculoses multirésistantes.
Quelles sont les mesures actuellement mises en œuvre, en collaboration avec les communautés, en ce qui concerne les campagnes de dépistage de la tuberculose ? Ce nouveau test de dépistage est-il utilisé en Belgique ? Quelle est la prise en charge pour le patient ? Est-il possible d’envisager une prise en charge par l’INAMI ?
Mme Laurette Onkelinx, vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l’Intégration sociale. – Les communautés et régions sont seules compétentes pour organiser le dépistage de la tuberculose. La tuberculose est une maladie infectieuse et transmissible, à déclaration obligatoire. Les services d’inspection d’hygiène communautaire ont pour mission de s’assurer que les mesures prophylactiques et de dépistage des cas secondaires ont bien été prises pour chaque cas déclaré et,
le cas échéant, de les faire appliquer.
En Belgique, le dépistage de la tuberculose se fait par le test tuberculinique recommandé par le FARES et la VRGT.
Même s’il n’y a pas lieu de parler de programme de dépistage de la tuberculose organisé et financé conjointement par l’autorité fédérale et les communautés, l’INAMI a cependant conclu, via l’association BELTA-TBnet (Belgian Lung and Tuberculosis Association), une convention avec les organismes communautaires qui ont en charge les affections respiratoires, à savoir la VRGT et le FARES.
Cette convention a pour objectifs : d’organiser et de coordonner, sur tout le territoire belge, un diagnostic précoce, un traitement et un suivi des patients tuberculeux multirésistants ou non ; d’être le point de contact entre ces patients, les prestataires, les travailleurs sociaux et l’autorité ; d’assurer à ces patients les soins médicaux, infirmiers et sociaux ; d’assurer les prestations nécessaires en matière de diagnostic, d’imagerie médicale, de biologie clinique et de fourniture des tuberculostatiques et ce, afin de garantir à chaque patient, même les plus précarisés, un traitement adéquat. Le nouveau test dont vous parlez permet de diagnostiquer plus rapidement, au moyen de la biologie moléculaire, les tuberculoses résistantes à la rifampicine.
Les recommandations de l’OMS concernant le « dépistage » rapide des cas de tuberculose résistante vise les pays en voie de développement. En effet, dans ces pays, contrairement à la Belgique, le diagnostic de la résistance prend souvent plusieurs semaines ; l’utilisation d’un tel test présente donc un grand intérêt dans des pays à forte prévalence de la tuberculose.
En Belgique, le recours à ce test spécifique devrait donc être plus limité – il serait plutôt réservé aux cas complexes de multirésistance au traitement.
Son remboursement peut être effectué dans le cadre d’une convention avec des laboratoires de référence.
M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Ayant eu l’occasion de rencontrer des médecins confrontés à cette question, j’ai pu constater qu’ils souhaitaient pouvoir avoir accès plus rapidement au remboursement de ce test et qu’ils ignoraient l’existence d’une convention en la matière. Je remercie la ministre pour la nouvelle information qu’elle m’a communiquée.
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