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Le soutien au Centre de prévention du suicide

Soumis par andredubus le
Question à Madame la Ministre COCOF Cécile Jodogne chargée de la Fonction publique et de la politique de la santé

Mme la présidente.- La parole est à M. du Bus de Warnaffe.

M. André du Bus de Warnaffe.- Le 10 septembre dernier, journée mondiale de prévention du suicide, a une nouvelle fois permis d'attirer l'attention sur le nombre très important de suicides déplorés chaque année dans le monde.

Nous le savons, la Belgique est loin d'être épargnée par le phénomène, avec un taux de près de 20 pour 100.000 habitants. II se situe au-dessus de la moyenne mondiale, estimée à 14,5 pour 100.000 habitants. Cela revient à dire que chaque jour en Belgique, pas moins de cinq à six personnes en moyenne décèdent par suicide. Il s'agit aujourd'hui de la septième cause de mortalité pour la population belge totale, toutes causes confondues, et la première cause de mortalité externe.

En réponse à cette problématique à Bruxelles, le Centre de prévention du suicide, financé par la Cocof par le biais d'un agrément comme centre d'accueil téléphonique, réalise un travail remarquable, pour ne pas dire indispensable. Pourtant, à plusieurs égards, il ne bénéficie pas des conditions optimales pour développer ses missions.

En effet, le financement octroyé par la Cocof se base notamment sur le nombre de bénévoles. Or, depuis plusieurs années, il est devenu bien difficile de recruter et de maintenir le nombre de bénévoles nécessaires pour offrir un accueil téléphonique 24 heures sur 24. Pourtant, c'est cette permanence téléphonique qui rend le centre performant.

Par ailleurs, le centre a développé d'autres missions essentielles par rapport au suicide, dont notamment une possibilité d'intervention précoce suite à une tentative de suicide et un accompagnement des proches après un suicide.

Des démarches sont-elles mises en place pour soutenir ce centre, compte tenu du déficit de bénévoles ? Dans l'affirmative, pouvez-vous nous les détailler ? Quelles sont vos pistes pour soutenir l'ensemble des activités de cette association, et dès lors contribuer à renforcer les mesures de prévention du suicide à Bruxelles ?

(Applaudissements sur les bancs du cdH et des FDF)

Mme la présidente.- La parole est à Mme Jodogne.

Mme Cécile Jodogne, ministre.- Le Centre de prévention du suicide est un service ambulatoire agréé et subventionné par la Cocof sur une base annuelle à hauteur de plus de 300.000 euros.

Nous n'avons pas encore pu avoir de contact direct avec le centre, mais cela figure dans notre agenda pour les prochaines semaines.

Dans le cadre de l'évaluation du décret ambulatoire, les missions du Centre de prévention du suicide, mais également celles de Télé-Accueil - l'autre centre d'accueil téléphonique agréé - devraient être revues afin d'incorporer les nouveaux projets développés par les deux associations.

Le financement des deux associations doit également être revu entièrement pour ne plus être conditionné par le nombre de bénévoles et le nombre d'appels téléphoniques. En effet, les deux associations rencontrent de plus en plus des difficultés à recruter de nouveaux bénévoles.

En dehors du subside susmentionné, le Centre de prévention du suicide bénéficie d'autres subsides dans le cadre d'initiatives de santé, qui permettent l'engagement d'un représentant auprès de professionnels de première ligne ciblés dans d'autres domaines, en vue de mettre en œuvre des recommandations de prévention du suicide. Cette mission mériterait d'être intégrée dans les missions du Centre de prévention du suicide.

Le centre est également subventionné par la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le cadre du programme de prévention et de promotion de la santé.

Il conviendra de réorganiser et réévaluer cette multitude de financements, afin de dégager de nouvelles pistes pour répondre à la situation difficile que connaît actuellement le centre.

Il faudra aussi évaluer le Plan bruxellois de prévention du suicide, qui devrait permettre de fixer des priorités et de les articuler avec la politique de promotion de la santé, dans le cadre d'une démarche d'intégration de la santé dans l'ensemble des secteurs de la société.

Cette démarche rejoint votre souci de globalité et de transversalité. Le programme spécifique d'engagement d'un représentant, qui informe les professionnels ciblés dans d'autres milieux des recommandations, des points d'alerte, les choses auxquelles il faut être attentif, fait également partie de cette transversalité. L'objectif est d'éviter de cloisonner la prévention du suicide au seul central d'accueil téléphonique.

Mme la présidente.- La parole est à M. du Bus de Warnaffe.

M. André du Bus de Warnaffe.- Ce dossier soulève la question de la préparation, de la formation, de l'accompagnement et du débriefing des bénévoles. Ce sont autant d'éléments qui doivent être pensés et planifiés.

- L'incident est clos.