Question à Monsieur Pascal Smet, Ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargé de la mobilité et des travaux publics
C'est un oui franc et volontaire que le ministre Smet a formulé à ma question relative à la mise à disposition de vélos à assistance électrique à Bruxelles.
Revenant de Copenhague j'avais été impressionné par l'ampleur et la qualité des "vélos électriques" en service location. L'objet de ma question était de savoir s'il était possible de promouvoir à Bruxelles les vélos à assistance électrique. On sait qu'avec ses fortes dénivellations, Bruxelles ne réserve la pratique du vélo classique qu'aux personnes dotées d'une bonne condition physique. Or la pratique du vélo est une bonne réponse à trois enjeux de plus en plus fondamentaux: réduire les problèmes de mobilité (Bruxelles est saturée par les embouteillages), pratiquer un exercice physique (réduction de la sédentarité) et, à l'heure de la COP 21, réduire les émissions des gaz à effets de serre.
Dans sa réponse le Ministre, outre son accord de principe à l'installation de vélos à assistance électrique, a évoqué qu'il attendait encore les résultats d'une étude commanditée à cet effet et que le feu vert était encore tributaire d'une plainte introduite au niveau de la commission européenne.
André du Bus. - M. le ministre, ma question est motivée par le fait que je me suis récemment rendu au Danemark, à Copenhague. J'ai remarqué que cette ville était entièrement équipée de vélos électriques mis à disposition des citoyens de façon assez performante, avec des écrans tactiles intégrés dans les guidons. Je voulais donc savoir où en est précisément le projet de vélo électrique en libre-service en Région bruxelloise.
Une étude publiée en France, dans l’édition du 6 octobre de la revue Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Institut de veille sanitaire (INVS), conclut que les bénéfices, sur la santé des populations, de politiques urbaines visant à promouvoir la marche et le vélo sont supérieurs aux risques liés à une augmentation de l’exposition à la pollution atmosphérique et aux accidents de circulation.
Si ce n’est déjà fait, je vous invite à consulter l’article dont les résultats présentés ont été obtenus dans le cadre du programme européen de recherche Transportation, Air pollution and Physical Activities (Tapas) 2009-2013, élaboré dans l’optique d’aider les décideurs à concevoir des politiques urbaines contre le changement climatique et pour des pratiques favorables à la santé, tout en réduisant les risques potentiels liés à ces transports actifs.
Au-delà de leurs avantages connus, tels que la réduction des émissions de polluants, de l’encombrement urbain et l’augmentation de l’activité physique de la population, ce constat remet en lumière toute la pertinence d’une politique de promotion et de développement de ces modes de déplacement en ville. Au printemps 2014, la firme JCDecaux annonçait le lancement du vélo en libre-service à assistance électrique ou e-VLS. Vélo pour lequel les utilisateurs disposeraient d’une batterie individuelle portative en location.
Selon JCDecaux, l’e-VLS devrait apporter un gain de puissance et de confort pour les usagers et constituer une solution aux principaux freins au développement massif du vélo à assistance électrique : le coût d’achat et d’entretien, le vol et la complexité de la recharge électrique. Toujours selon la communication de JCDecaux, ces nouveaux vélos seraient compatibles avec les infrastructures des stations VLS existantes, et pourraient être déployés sans interruption de service, ni de travaux de génie civil.
À Bruxelles, ville où les différences de relief se font lourdement sentir, la pratique du vélo impose un effort physique qui n’est pas accessible à tout le monde. La mise à disposition de vélos avec assistance électrique serait de nature à déployer davantage l’utilisation du vélo. D’autres grandes villes, par exemple Copenhague, ont déjà adopté depuis plusieurs années cette formule.
Compte tenu de ces éléments et dans la perspective d’accélérer, dans notre Région, l’adoption par la population d’une pratique bénéfique pour la santé, pouvez-vous me préciser, monsieur le ministre, où en est le déploiement de ces vélos à assistance électrique ?
M. le président.- La parole est à M. Smet.
M. Pascal Smet, ministre.- La mise en place du vélo en libre-service électrique est à l'étude. Cette étude comprend une comparaison avec d'autres villes ainsi qu'une étude juridique des e-VLS.
Il y a un recours contre le système Villo auprès de la Commission européenne. Cet élément doit évidemment être pris en compte.
Je suis favorable au développement de ces vélos électriques partagés. Dès que l'étude aura livré ses résultats, nous trancherons, mais nous devons aussi attendre l'issue donnée à la plainte déposée auprès de la Commission européenne.
M. le président.- La parole est à M. du Bus de Warnaffe.
M. André du Bus.- Je vous remercie pour votre volonté franchement affichée d'avancer sur la mise à disposition du vélo à assistance électrique pour les Bruxellois. Je crois que cela constituera un réel progrès et un renforcement de l'accessibilité du vélo à une catégorie de la population qui ne peut prendre un vélo classique vu les efforts à produire.
Nous suivrons avec intérêt l'arrivée des résultats de l'étude et du recours déposé devant les instances européennes.