Article paru dans la Vie Etterbeekoise
C'était avec beaucoup d'émotion que la stèle commémorative du centenaire des génocides syriaque, araméen et chaldéen fut inaugurée en mai dernier, sur la place Van Meyel. Aujourd'hui elle se voit bardée d'une grille, question de freiner les ardeurs de ceux qui prennent l'endroit pour un dépotoir. Que l'on aime ou non le style du monument, il se veut d'abord le témoin d'un passé douloureux, trop méconnu, et depuis peu malheureusement et malgré lui, le symbole d'une actualité déchirante. Celle des Chrétiens d'Orient, ces hommes et ces femmes qui se voient, poussés par le tranchant du sabre de Daesh, obligés de fuir leur pays et frapper aux portes de l'Europe. L'histoire n'a pas pris congé de nous, elle se répète, les drames sont les mêmes, nous ne pouvons en être vaccinés. Baisser les yeux, s'enfouir la tête dans le sable, ne pas vouloir comprendre, ou prendre cette stèle pour un dépotoir… toutes ces attitudes n'ont qu'un seul effet : renforcer l'intolérance et la barbarie, et précipiter la disparition des Chrétiens d'Orient. Nous plaidons pour que leur histoire soit exposée, enseignée, à la lumière de l'actualité, pour permettre à chacun de mieux comprendre et conjurer ce sang qui pourrait couler, un jour ou l'autre, à nos portes.
André du Bus