Question orale à Monsieur René Collin, Ministre des sports
M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Le 14 novembre dernier était la Journée mondiale du diabète. Depuis plusieurs années, je mène un combat pour sensibiliser les ministres aux bienfaits d’une approche transversale et intégrée de cette maladie.
Nous le savons, le diabète est une maladie insidieuse et chronique, qui affecte toutes les tranches d’âge et peut engendrer des complications cardio-vasculaires, rénales, oculaires et dermatologiques ayant des répercussions importantes sur la vie. Elle touche actuellement un Belge sur vingt, c'est-à-dire près de six cent mille personnes. Près de la moitié d’entre elles ignorent qu’elles en sont atteintes. La prévalence de la maladie augmente chaque année de cinq pour cent. On estime donc que le nombre de personnes touchées va doubler en vingt ans pour atteindre un million de Belges en 2030 ! Le diabète de type II touche 90 pour cent des personnes concernées. Ce type est principalement lié à un problème de surpoids associé à une sédentarité excessive et à une alimentation trop riche et trop sucrée.
Il est avéré que la pratique d’un sport ne nuit en rien aux personnes souffrant du diabète, bien au contraire. Même au plus haut niveau, des athlètes se sont illustrés en dépit de cette maladie. Souvenons-nous des médailles décrochées par le nageur américain Gary Hall ou encore de Pär Zetterberg, ce joueur suédois qui évoluait à Anderlecht durant les années 90 et qui avait marqué les esprits par son talent et son fair-play.
L'exercice physique joue un rôle important dans la gestion du diabète en améliorant la circulation sanguine, en réduisant le risque de maladie cardio-vasculaire et en aidant à mieux contrôler son poids. L'institut suédois Karolinska a mené des recherches très pointues sur l'effet de l'activité physique sur l'expression du métabolisme de l'ADN. Cette source d'information est des plus pertinentes pour confirmer le lien entre l'activité physique et la lutte contre le diabète.
Le sport a également des vertus préventives. Je pense à ce que l’on appelle le pré-diabète, à savoir cette phase durant laquelle on risque de développer le diabète tout en l’ignorant, aucun symptôme n’étant décelable. Dans ces cas-là, l’activité physique se révèle parfois salvatrice et permet d’éviter de tomber malade en stimulant l’action de l’insuline.
Monsieur le ministre, sachant que la pratique du sport a des bienfaits avérés sur la santé des personnes et a fortiori sur celles souffrant de diabète, quelles sont les actions préventives que vous pouvez mettre en place ? Le Conseil supérieur de promotion de la santé et plus particulièrement la Commission francophone de promotion de la santé dans la pratique du sport vous ont-ils rendu un avis ? Partant de l’efficacité de la transversalité, des actions de sensibilisation sont-elles été mises en place avec le monde de l’enseignement, les fédérations sportives ou encore les pouvoirs régionaux et locaux ?
M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Je vous remercie d’avoir accepté l’invitation de l’Association belge du diabète. C’est la première fois que cette organisation rencontrait un ministre des Sports aussi soucieux du lien entre activité physique et prévention du diabète. C’est de bon augure pour la mise en place de politiques transversales, qui sont essentielles si nous voulons gagner cette bataille contre cette réelle épidémie. Je rappelle en effet que 50 pour cent de la population belge est en surcharge pondérale, or celle-ci est un des premiers facteurs de risque de diabète.
J’entends votre volonté de rendre l’activité physique accessible à chacun. J’espère que vous n’hésiterez pas à sensibiliser vos collègues de la Région, de la Communauté mais aussi les responsables locaux à l’importance de développer et de valoriser toute forme d’activité physique.