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Liberté de la presse en Turquie | Une démocratie plus ouverte

Soumis par andredubus le

Intervention d'André du Bus lors du vote de la résolution visant au respect de la liberté de la presse en Turquie, le 24 janvier 2013

Madame la Présidente,
Chers Collègues,

J'ai pris connaissance avec beaucoup d'intérêt des débats qui se sont tenus en commission à propos de cette résolution. Ils s'inscrivaient dans la foulée des travaux menés au parlement de la Fédération Wallonnie Bruxelles voici quelques mois et qui avaient déjà révélé des sensibilités différentes entre les formations politiques quant à la manière de traiter ce sujet.

Au nom de mon groupe j'estime que le texte que l'on va voter aujourd'hui représente une avancée significative par rapport à la résolution du parlement de le Fédération Wallonie Bruxelles. Et ce, dans le sens d'une meilleure identification de la responsabilité des autorités turques dans les processus de répression à l'égard de la presse. A titre personnel, je ne cache pas qu'on aurait pu encore aller plus loin et dire les choses telles que la réalité nous l'enseigne.

C'est précisément le propos de l'AJP, l'Association des Journalistes Professionnels qui regroupe les journalistes professionnels francophones, germanophones et la presse étrangère agréés et qui, avec la Fédération Européenne et la Fédération Internationale des Journaliste, réclame la libération des nombreux journalistes incarcérés en Turquie.

Dans un récent courrier adressé au président du Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles l'AJP dénonce la réaction du gouvernement turc qui, en guise de réplique au mouvement protestataire auquel nous donnons du poids aujourd'hui, prépare une contre-campagne au niveau européen pour qualifier de « criminels » les journalistes emprisonnés.

C'est dire donc que derrière le paravent pudique de l'amalgame constitué du Monténégro et des pays de l'ancienne Yougoslavie, il s'agit bien de la Turquie qui est principalement visée par ce texte.

Chers Collègues, nous sommes aujourd'hui à la veille de l'ouverture de l'important procès qui se tiendra dans l'enceinte de la prison de Silivri. Il a pour objet la condamnation d'hommes et de femmes qui n'ont finalement pour seuls chef d'accusation le fait d'avoir fait vivre la condition première de la démocratie qui est de pouvoir s'exprimer librement.

Ce procès s'inscrit dans un processus qui était sensé mener la Turquie vers le chemin d'une démocratie plus ouverte en vue de son intégration à l'Europe. Il risque malheureusement de constituer une mauvaise tache sur ce qui aurait dû être un passeport pour l'Europe.

A l'instar de plusieurs d'entre nous je ne veux pas croire que ce procès, tout comme le verdict de la culpabilité, soient irréversibles. C'est notre liberté de le dire, de le croire et de l'affirmer. Raison pour laquelle, avec plusieurs collègues, nous préparons un déplacement à Silivri dans les prochaines semaines.

André du Bus