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Lutter contre l'addiction aux jeux de hasard | Coordination? Bilan?

Soumis par andredubus le

Question de M. André du Bus de Warnaffe à Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture,
de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances, intitulée « Addiction aux jeux
de hasard »

[caption id="attachment_9673" align="alignleft" width="300"]Image retirée. Site "clinique du jeu" -  http://www.cliniquedujeu.be/[/caption]

Madame la Ministre,

Un reportage sur les salles de jeux et l’addiction aux jeux de hasard a été diffusé lund 10 février sur la première et nous a révélé des chiffres interpellants.

Selon le reportage, en Belgique, il existe 137 salles de jeux, 45 000 personnes considérées comme des joueurs pathologiques, 180 000 ayant un rapport problématique avec les jeux, et 170 000 personnes dont l’accès aux salles de jeux leur est interdit par

mesure judiciaire en raison de dettes.

L’addiction aux jeux est considérée comme une maladie, ces chiffres nous appellent donc à considérer cette problématique comme relevant des politiques de santé publique. La régulation des jeux de hasard relève certes de l’Etat fédéral, mais l’addiction aux jeux relève aussi des politiques de prévention aux assuétudes. La Fédération Wallonie-Bruxelles a dès lors un rôle à jouer afin de limiter au maximum le nombre de personnes prises dans la spirale du jeu.

Madame la Ministre, face à ces chiffres, je vous adresse les questions suivantes :

- Les chiffres évoqués par le reportage diffusé sur la Première sont-ils actualisés?
- Nous savons que la Fédération Wallonie-Bruxelles soutient déjà les associations qui s’occupent des assuétudes en finançant des dispositifs pour éloigner les citoyens de ce type d’activités. Vous avez également mis en place, durant cette législature, des points d’appui assuétudes chargés de combattre l’addiction aux jeux. En s’appuyant sur les chiffres évoqués dans le reportage, quel bilan peut-on donner du travail effectué par ces points d’appui concernant la lutte contre l’addiction aux jeux ?
- Une coordination existe-t-elle entre les niveaux de pouvoirs concernés pour faire face à cette problématique ? Quelle est-elle ?

Je vous remercie pour les réponses que vous pourrez m’apporter.</p>

Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – Les chiffres mentionnés dans le reportage au sujet des joueurs «pathologiques» et «pro- blématiques» sont des estimations qui figurent dans une étude menée en 2009 par trois chercheurs anglo-saxons, Hayer, Meyer et Griffiths. Ces chercheurs avaient comparé la problématique dans plusieurs pays européens dont la Belgique et, à ma connaissance, ces estimations n’ont pas été actualisées. Les seules statistiques officielles actualisées nous sont fournies par la commission des Jeux de hasard qui dépend du SPF Justice.

Début février, la presse a repris différents chiffres qui seront publiés dans le prochain rap- port annuel de la commission des Jeux de hasard. Selon ces statistiques, au 1er janvier 2014 le nombre de joueurs interdits de jeu approchait les 200 000. Toutes ces interdictions ne sont pas forcément liées à une addiction au jeu et, par conséquent, à un problème de santé publique. Le nombre de joueurs interdits sur une base volontaire est probablement l’indication d’un comporte- ment problématique ou pathologique reconnu par la personne elle-même. On en dénombrait environ 19 650 au 1er janvier 2014. Cette catégorie a augmenté de 13 pour cent entre 2012 et 2013. Les interdictions légales ou judiciaires recouvrent de multiples réalités. Ainsi, les personnes en règle- ment collectif de dettes sont d’office exclues du jeu même si elles n’ont jamais mis les pieds dans un casino. Il n’est pas possible de quantifier avec précision le nombre de joueurs dépendants qui ont augmenté de 17 pour cent durant la même période. Par conséquent, les chiffres mentionnés dans le reportage ne sont pas un indicateur d’efficacité des politiques de prévention menées en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Les Points d’appui assuétudes ont été mis en place sous la précédente législature et sont organisés par les centres locaux de promotion de la santé qui jouent un rôle de liaison entre les écoles et les associations actives en matière de prévention des assuétudes, quelles qu’elles soient. Les centres locaux de promotion de la santé et les services de promotion de la santé à l’école proposent le kit pédagogique « Bluff! » parmi les outils de prévention.

Ce kit inclut un film et du matériel pédagogique. Il a été réalisé par la Commission des jeux de hasard et conçu pour toute personne en contact avec des jeunes de 14 à 18 ans, comme les éducateurs, les enseignants, etc.

La question des jeux de hasard chez les plus jeunes a été abordée dans une brochure et un site l’asbl Infor-Drogues, qui forment un instrument de sensibilisation à l’addiction aux jeux vidéo, porte d’entrée sur la sensibilisation aux addictions en général. Il s’agit d’un livre et d’un site interactif intitulés « J’arrête quand je veux », destinés à divers publics (parents, enseignants, enfants de 10 à 12 ans). L’asbl a aussi créé le site « Stop ou encore? », qui propose des tests simples aux jeunes adultes à partir de 18 ans. Ce site leur permet de mesurer leur dépendance éventuelle et traite d’une série d’assuétudes, y compris aux jeux d’argent.

Par ailleurs, l’asbl Univers Santé a édité une brochure intitulée « Faites vos jeux, rien ne va plus », qui vise à sensibiliser aux jeux de hasard et d’argent, qui peuvent paraître anodins et sans danger. Les concertations politiques sur les assuétudes se déroulent dans la Cellule générale de politique sur les drogues présidée par le SPF de la Santé publique. Le volet relatif à la santé est, quant à lui, traité par la Cellule politique sur la santé et les drogues. La question spécifique des jeux n’a pas été abordée à ce jour dans ces instances.

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Je vous remercie, madame la ministre, pour ces réponses complètes. J’espère que l’émission et la présente interpellation vous permettront de mettre à l’ordre du jour de la Cellule politique de santé sur les drogues la question de l’assuétude aux jeux. Cela nous permettrait de progresser sur les mesures de prévention.