Aller au contenu principal

Lutter efficacement contre le diabète en Fédération Wallonie-Bruxelles

Soumis par andredubus le

Interpellation à la ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Le 14 novembre a été déclaré en 1991 par l’OMS « Journée mondiale de lutte contre le diabète ». C’est l’occasion de sensibiliser la population à cette maladie et d’insister sur l’importance d’un dépistage précoce. C’est la seule maladie non-transmissible qui fait l’objet d’une journée mondiale. Si les thèmes du diabète et de sa prévention ont déjà été abordés par certains de mes collègues fin 2010 et début 2011, je souhaiterais profiter de cette journée mondiale pour faire le point sur le sujet et revenir sur quelques points précis.
On estime qu’environ six cent cinquante mille Belges sont aujourd’hui touchés par cette maladie. À ce nombre, il faut ajouter les nombreux diabétiques qui ignorent qu’ils en sont atteints.

Le professeur André Scheen, chef du service de diabétologie du CHU du Sart Tilman explique que « par an, cinq mille cinq cents Belges meurent du diabète, qui diminue l’espérance de vie de cinq à dix ans. En outre, le diabète engloutit de neuf à quinze pour cent du budget de l’assurance maladie, soit deux milliards d’euros. » Cela signifie que six à neuf pour cent du budget fédéral des soins de santé sont consacrés à cette maladie.

En outre, le nombre de personnes atteintes d’intolérance au glucose, que l’on qualifie en général de prédiabète, est estimé à un demi-million. Ces chiffres alarmants sont loin d’être stabilisés. Au contraire, les scientifiques prédisent unanimement qu’on arrivera à 750 000 diabétiques entre 2025 et 2033.

On distingue le diabète de type 1 et celui de type 2. Le premier touche moins de dix pour cent des diabétiques et se révèle généralement tôt dans la vie. Le second concerne par contre le plus grand nombre de personnes atteintes par cette affection et est lié à un excès de poids, donc notamment à une alimentation déséquilibrée. De plus, une étude récente a mis en lumière que le diabète de type 2 touche de plus en plus de jeunes. Cet élément est assez neuf.

Alors que le diabète de type 2 est le plus fréquent et est la forme la plus préoccupante sur le plan cardiovasculaire, le monde médical le considère comme une pathologie évitable dans de nombreux cas. Il pourrait en effet être évité par une bonne hygiène de vie se basant notamment sur une alimentation équilibrée et sur une pratique de l’exercice physique. Les aliments riches en graisses et en sucres ainsi que notre style de vie sédentaire favorisent l’apparition de cette pathologie. Aussi, la prévention primaire, prônant une alimentation saine et des exercices physiques, nous semble indispensable pour lutter efficacement contre le diabète.

Madame la ministre, vous nous avez déjà expliqué ne pas avoir l’intention de développer d’actions de prévention spécifiques portant sur le diabète mais vouloir plutôt recadrer cette maladie dans l’ensemble des risques de santé liés à l’alimentation et à la sédentarité. Dans ces conditions, la population dispose-t-elle des moyens et informations nécessaires pour relier les messages préventifs prônant, par exemple, un mode de vie sain à la lutte contre cette maladie ?

Par ailleurs, les professionnels s’accordent sur le fait que cette maladie est souvent diagnostiquée tardivement, lors de l’apparition des premières complications. En effet, le diabète peut s’installer insidieusement pendant plusieurs années – de cinq à dix ans – avant que ne se manifestent les symptômes qui lui sont clairement imputables. Les signes précurseurs les plus fréquemment observés sont une soif excessive, une envie fréquente d’uriner, une perte de poids, la fatigue, une vision floue, etc.

C’est pourquoi les médecins insistent sur l’importance d’un dépistage précoce permettant de stabiliser la maladie et d’éviter autant que possible les complications. Ce dépistage s’effectue par un simple test de glycémie proposé le 14 novembre gratuitement dans quelques hôpitaux. Qu’est-il prévu en matière de prévention secondaire et donc de dépistage du diabète en Fédération Wallonie-Bruxelles ?

L’Association belge du diabète offre des tests de dépistage aux communes qui acceptent de sensibiliser les citoyens. Un incitant est-il prévu pour ces tests de diabète ans le cadre du soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles aux initiatives de santé des pouvoir locaux que vous avez récemment lancées et qui sont grandement appréciées ?

En effet, les complications et risques encourus par les personnes souffrant de diabète sont multiples.
Parmi les diabétiques, cinq à dix pour cent risquent une amputation à la suite de problèmes vasculaires ou infectieux touchant les membres inférieurs et cinquante-cinq pour cent décèdent de complications cardiaques.

Vu l’enjeu de santé publique que représente la lutte contre le diabète, des auditions d’acteurs de terrain ont été organisées au Sénat. Elles ont permis d’entendre des représentants de l’Institut de santé publique, d’associations de patients diabétiques et du Registre belge du diabète. Les sénateurs ont pu ainsi bénéficier de leur expertise sur le sujet. Plusieurs constats alarmants ont été signalés. L’absence de plan fédéral de lutte contre le diabète, le manque de coordination entre les entités fédérées et l’absence d’implication des niveaux communautaires et régionaux ont été unanimement dénoncés.

Si la Fédération Wallonie-Bruxelles n’organise pas un plan de prévention spécifique du diabète dans l’enseignement primaire et secondaire, quelles stratégies et quels moyens met-elle en oeuvre pour lutter contre cette maladie ?

En concertation avec le ministre-président, ne conviendrait-il pas de prévoir un plan transversal impliquant les autres compétences de la Fédération – je pense à l’Éducation, la Formation, la Culture et le Sport – pour définir et valoriser les stratégies qui contribuent à l’adoption de modes de vie sains, tant sur le plan de l’alimentation que de la pratique d’une activité physique ? Ce plan transversal pourrait alors être étendu aux autres niveaux de pouvoir afin de rendre la lutte contre le diabète plus globale et plus efficace.

Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – Tous les chiffres montrent effectivement que le nombre de diabètes de type 2 est en augmentation. Les autorités publiques doivent évidemment apporter une réponse coordonnée à ce problème tant sur le plan du traitement que de la prévention.

Sur le plan de la prévention, le surpoids et l’obésité représentent les principaux risques de déclenchement de la maladie. Il faut donc agir contre la prise de poids. En ce sens, la promotion des attitudes saines en matière d’alimentation et d’activité physique constitue une réponse appropriée au diabète. Il s’agit d’une de mes priorités. Elle s’inscrit d’ailleurs en droite ligne des engagements du gouvernement dans la déclaration de politique communautaire.

Cela étant, comme vous l’avez d’ailleurs rappelé, monsieur du Bus, je n’ai pas l’intention de développer une prévention spécifique pour le diabète mais de l’intégrer dans l’ensemble des risques de santé liés aux modes de vie et aux mauvaises habitudes. Je n’ai donc pas l’intention de relier les messages de promotion des attitudes saines au diabète ou à toute autre maladie.
5 foods never to eat to lose belly fatwriting argumentative essays
Contrairement au dépistage du cancer du sein, le dépistage du diabète ne peut pas se réaliser sous la forme d’un dépistage de masse en raison de plusieurs éléments.

Il faut rappeler que la moitié des diabétiques sont mal diagnostiqués. En effet, les connaissances sur le diabète de type 2 ne cessent d’évoluer. Ainsi, depuis quelques années, la glycémie n’est plus le seul standard dans le diagnostic et le suivi du diabète. Il y a également la question du dosage et de la classification. Ensuite, un ensemble de mesures doivent être effectuées de manière répétée, dans des conditions déterminées, pour être correctement interprétées. Vous comprenez dès lors qu’il n’est pas envisageable d’organiser un programme de dépistage de masse s’il n’existe pas de test simple, sensible et spécifique à réaliser, condition sine qua non d’un programme de santé publique.

Je reste convaincue que, comme pour le risque cardiovasculaire, le médecin traitant est toujours le mieux placé pour évaluer les facteurs de risque et proposer un dépistage à son patient. Par contre, je sensibilise les médecins et les citoyens à la mise en oeuvre des pratiques préventives, dont le dépistage.

Dans cette perspective, je soutiens l’asbl « Promotion de la santé et Médecine générale » qui réalise un travail de sensibilisation des médecins à la mise en oeuvre de pratiques préventives qui a pour but de modifier les pratiques médicales en matière préventive, que ce soit dans les questions de dépistage organisé, de vaccination ou de risque cardiovasculaire, dont le diabète.

J’ai également pris l’initiative de soutenir la campagne de sensibilisation au dépistage du diabète organisée par la maison médicale Galilée. Lors de cette campagne, plusieurs mesures seront prises, comme la glycémie à jeun, la tension artérielle et l’indice de masse corporelle. Des conseils appropriés seront ensuite donnés aux participants qui seront invités à consulter leur médecin si nécessaire.

Je soutiens également des projets de promotion de la santé comme celui intitulé « Approche globale, intégrée et participative de la santé dans le quartier des Marolles : alimentation équilibrée, exercice physique, estime de soi et liens sociaux » du Réseau Santé-Diabète dans le quartier des Marolles à Bruxelles. Il s’agit d’une action de promotion de la santé dans une dynamique de participation avec une maison médicale et dans le respect de l’environnement socioculturel des personnes participantes.

Autre exemple : le projet de l’asbl Les Pissenlits qui travaille dans un quartier défavorisé d’Anderlecht depuis de nombreuses années. Cette asbl a mis en place un groupe de paroles et d’actions qui se mobilise, notamment pour des projets à destination d’un public plus large. Une journée de rencontre aura lieu le 2 décembre prochain. Elle a réalisé un dévédé intitulé « Vivre avec le diabète » qui comprend des témoignages et des informations sur le diabète. Il s’agit d’une méthode intéressante qui s’inscrit dans la lignée de l’éducation par les pairs.

Enfin, comme vous le savez, j’ai suscité une nouvelle dynamique au niveau local en lançant les appels à projets communaux de santé visant à réduire les inégalités de santé ; un des trois thèmes prioritaires est consacré aux attitudes saines. Cette année, j’ai reçu septante-trois projets relatifs aux attitudes saines. Les projets qui seront sélectionnés contribueront sans aucun doute à réduire les facteurs de risque d’une série de maladies, dont le diabète de type 2.

L’appel à projets ne prévoyait pas d’incitants pour effectuer des tests de dépistage. L’Association belge contre le diabète propose des tests de dépistage aux communes qui souhaitent sensibiliser les citoyens. C’est ainsi que, dans ma commune, à l’occasion du marché annuel, le bus Santé a sillonné les quartiers afin de sensibiliser la population et d’instaurer un dialogue.

Les services PSE, par le biais d’examens réguliers, attirent l’attention des parents sur des problèmes particuliers et donc les facteurs de risques du diabète, comme le poids excessif.

Le diabète de type 2I apparaît principalement après 40 ans même si, ces dernières années, il a été observé chez certains enfants. Une concertation entre les services santé, sport et petite enfance a été mise sur pied par le ministre-président sur l’alimentation saine et l’activité physique.

De plus, une concertation s’effectue avec l’État fédéral grâce au plan national Nutrition-santé. C’est ainsi qu’en collaboration avec l’ensemble des entités fédérale et fédérées, je mettrai à disposition un cahier des charges pour l’élaboration des repas des collectivités d’enfants et de jeunes. Il permettra aux collectivités, à partir de l’année scolaire prochaine, de proposer une alimentation saine, savoureuse et équilibrée tout en respectant des paramètres de développement durable. Ce cahier des charges sera accompagné d’un processus de sensibilisation.

M. André du Bus de Warnaffe (cdH). – Je remercie la ministre de ses réponses, qui témoignent du soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles à des initiatives locales très intéressantes.

Cependant, face à l’ampleur du problème du diabète, certains diabétologues prétendent que d’ici à quelques années nous serons confrontés à une pénurie de personnel médical pour soigner cette maladie. Concrètement, les services de dialyse ne pourront plus accueillir des patients toujours plus nombreux et les coûts des soins de santé seront en croissance.

Les mesures prises aujourd’hui seront-elles suffisantes pour freiner le caractère exponentiel du nombre de malades ? Peut-on se satisfaire – c’est peut-être la bonne stratégie – d’un soutien aux initiatives locales d’associations qui prennent des mesures concrètes et faut-il dès lors faire l’impasse sur les campagnes fédérales, communautaires ou régionales sur ce réel fléau ?

Dans ce contexte, je signale qu’à Schaerbeek, une association de lutte contre le diabète a fait une campagne de sensibilisation, avec le soutien du collège des bourgmestres et échevins et de la ministre fédérale Mme Onkelinx. J’insiste sur le fait qu’il s’agit de sensibilisation et non de dépistage.

Le dépistage nécessite la présence d’un médecin, alors que la sensibilisation consiste en un test de glycémie pratiqué par une infirmière diabétologue qui peut, suivant les résultats, préconiser une visite chez le médecin pour des tests complémentaires.

La sensibilisation a l’avantage d’être particulièrement accessible et d’être pratiquée de manière transversale dans les locaux de l’ONE, avec des associations locales et sans aucune dépense. Ne devriez-vous pas être le fer de lance pour susciter des campagnes de ce type dans chaque commune ? zp8497586rq zp8497586rq