Discussion avec Fadila LAANAN, Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’égalité des chances
Madame la Ministre,
Nous le savons tous, passer les bilans médicaux scolaires, qui sont organisés par les services PSE à chaque niveau d’enseignement, est bien souvent source d’anxiété pour les enfants, surtout dans les tranches d’âges jeunes. En effet, les enfants de maternelle et de primaire n’ont souvent aucune idée de ce qui les attend lors de ces bilans. Or, dans bien des cas, si les questions qu’ils se posent à cet égard étaient entendues et clarifiées, leur visite médicale pourrait être vécue de manière plus détendue et donc plus efficiente.
Dès lors, afin de dédramatiser le bilan médical et donner aux enfants tous les moyens d’être acteurs de leur santé, les équipes de PSE de la province de Liège ont mis en place trois outils de sensibilisation, adaptés à deux âges distincts.
Le premier des outils s’est adressé à des enfants de 2ème primaire et tente de leur apprendre, au travers d’un courrier d’information et d’un livret explicatif et ludique, le vocabulaire et les étapes du bilan de santé. Une fois finalisés, ces supports ont été évalués et diffusés à l’ensemble des équipes PSE de la Province de Liège. Il en est ressorti que ces enfants accueillaient très favorablement cette initiative.
L’année suivante, un outil à destination des enfants de 1ère maternelle a été développé. Il s’agit d’un livret intitulé « où allons-nous aujourd’hui? » préparant l’enfant à son premier bilan de santé et lui expliquant, sur base d’images réelles, comment se déroule une demi-journée passée au sein de l’antenne PSE.
Une autre équipe PSE de la région de Liège a ensuite créé pour cette même population de maternelle, un livret nommé « à la conquête de Jack le Pirate », un personnage nommé Jack, qui vit les étapes de la visite médicale. Une malle à trésor a également été conçue pour leur permettre notamment d’appréhender les outils de biométrie auxquels ils seront confrontés durant l’examen. Des activités occupationnelles pour le temps d’attente durant la visite médicale ont finalement été proposées par cette même équipe PSE. L’outil est en actuellement en phase d’évaluation par des enfants de 12 écoles, mais l’impact général semble déjà être très positif.
Madame la Ministre, le bilan de santé scolaire est un examen incontournable pour nos enfants, qui leur offre la possibilité d’être davantage maîtres de leur santé. Il me parait donc essentiel que le bilan puisse se vivre dans les meilleures conditions possibles.
Voici mes questions sur le sujet :
Avez-vous eu connaissance des trois outils de préparation au bilan de santé, élaborés par les équipes PSE de la Province de Liège, dont je viens de faire état ?
D’autres initiatives de la sorte existent-t-elles au sein de la FWB ? Dans la négative, une réflexion pourrait-elle être menée par votre Gouvernement afin de diffuser ce type d’outil à l’ensemble des équipes PSE de la FWB ?
Mme Fadila Laanan, ministre. – J’ai effectivement eu connaissance des trois outils de préparation au bilan de santé que les équipes de promotion de la santé à l’école de la Province de Liège ont élaborés.
Ces intéressantes réalisations ont d’ailleurs fait l’objet d’une publication dans la revue Promouvoir la santé à l’école de la direction générale de la santé et l’asbl « Question santé ». Monsieur du Bus, je partage votre enthousiasme suite à la mise en place de ces outils.
En effet, toute visite médicale peut toujours sembler mystérieuse – voire être anxiogène – pour les jeunes enfants. Les initiatives que vous citez sont des projets-pilotes destinés à permettre aux enfants de s’approprier la démarche de la visite médicale. Ils ont été mis en place avec l’aide de stagiaires, d’éducateurs et d’infirmiers.
Je profite de la question pour rappeler que le bilan de santé n’est pas la seule raison d’être des services de promotion de la santé à l’école. Ces derniers doivent prendre des initiatives pour promouvoir la santé à l’école. Environ un cinquième de leur activité est d’ailleurs affecté à des actions spécifiques de promotion de la santé pour lesquelles chaque service développe un projet propre.
Plusieurs d’entre eux permettent aux enfants de s’approprier leur santé sous la forme de jeux, notamment dans le domaine de la nutrition et du respect de l’autre.
Il m’est impossible de connaître tous les projets que les services de promotion de la santé à l’école entreprennent sur le terrain. Mais vu l’intérêt particulier de l’initiative liégeoise, j’ai demandé à mon administration d’examiner la pertinence d’une mise à disposition plus structurelle de tels outils à tous les autres services de promotion de la santé à l’école.
M. André du Bus. – Madame la ministre, la revue Promouvoir la santé à l’école fournit d’excellents articles. Je me réjouis de votre soutien à la diffusion de ces outils et à leurs développements futurs.