Aller au contenu principal

Mission parlementaire à l’ONU, réunion de haut niveau sur le sida

Soumis par andredubus le

Le site internet de l'ONU regorge de rapports, résolutions et déclarations qui témoignent de l'engagement des pays membres pour faire face à l'épidémie du sida. En guise de préparation à cette mission parlementaire, j'ai lu les plus récents et... les plus anciens. Sil fallait résumer la situation et les enjeux en quelques lignes, voici ce que j'en retiens :

Au niveau mondial1

En termes de santé publique, trois chiffres peuvent résumer l'ampleur de l'impact du virus HIV: 25 M° de décès jusqu'à présent, 60M° de personnes infectées et 7000 nouveaux cas décelés chaque jour (dont 1000 enfants). Pour comprendre la portée de ces chiffres il convient de les placer dans une perspective historique qui permet de mesurer les progrès importants accomplis depuis une dizaine d'années et de tenir compte du fait qu'il n'existe toujours pas de vaccin. Par ailleurs l'inégalité des pays face au virus est abyssale. En Afrique subsaharienne, l'épidémie a ruiné en quelques années les efforts de développement des décennies précédentes.

Depuis 2001, dans la foulée de la session extraordinaire de l'ONU et de la naissance du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, les progrès se sont matérialisés dans trois axes : le traitement, l'augmentation des mesures de prévention et la réduction de la discrimination. Un chiffre permet de comprendre la progression de l'engagement financier des pays à revenu faible et intermédiaire dans la lutte contre le sida : en 2001 ces investissements correspondaient à 9% des dépenses consenties en 2009. En dix ans, les budgets ont donc été multipliés par dix. La recherche pharmacologique a mis sur le marché des traitement qui améliorent de façon significative l'espérance de vie. Les mesures de lutte contre les discriminations ont également connus une progression considérable.

L'avenir reste cependant gorgé de menaces : pour chaque nouveau patient qui bénéficie d'un traitement, deux nouveaux cas sont répertoriés. Le traitement médicamenteux projeté à l'ensemble de la population infectée représente un réel gouffre financier, intenable pour les finances publiques. La transmission du virus mère-enfant reste un facteur majeur de contamination. Et les politiques de prévention se heurtent encore trop aux discriminations sur fond culturel et religieux ainsi qu'à l'inégalité entre les hommes et les femmes. Sans encore parler de la façon dont sont pris en considération les groupes cibles, ou groupe à haut risque : les consommateurs de drogues par injection, les homosexuels, le monde de la prostitution, le monde carcéral. Dans ce contexte, la question des droits de l'homme, leur place de référence dans l'élaboration des législations nationales reste un enjeu fondamental, pour ne pas dchristopher blue silverton cigarette tendigo denimire une vraie difficulté.

Ce sont tous ces éléments qui font du sida, non seulement une question de santé, mais surtout une question plus fondamentale liée à la vision que chaque état porte quant aux droits fondamentaux auxquels chaque individu peut prétendre.

Ce sont ces éléments qui structurent aujourd'hui encore les relations entre les négociateurs chargés de la rédaction du texte final de la résolution. Une résolution qui a l'ambition de s'inscrire dans les propos du Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki Moon : « Une fois pour toutes, fixons le cap pour parvenir à zéro nouvelle infection à VIH, zéro discrimination et zéro décès lié au sida ».

Au niveau belge2

Afin de cerner la situation de la Belgique face au sida, j'ai pris contact avec l'Institut de Santé Publique et avec un Centre de référence, celui de l'UCL.

Avec 1135 nouvelles confirmations enregistrées en 2009, la Belgique est à son sommet épidémiologique depuis 1985, date du début de l'enregistrement des personnes infectées. L'interprétation de ce chiffre doit être nuancée par l'amélioration constante de la surveillance médicale et par une stabilisation des données depuis 2000 où la moyenne oscille autour de 1000 nouveaux cas enregistrés par an.

C'est l'évolution de la voie de contamination qui est la plus significative : dans les années '90, 65% des nouveaux cas résultaient des contacts hétérosexuels et 25% des contacts homosexuels. En 2009 on note une progression de la population homosexuelle qui représente 45,5% des personnes touchées par le virus. Autre modification importante : la contamination par voie intraveineuse (drogue) : 8 à 10% dans les années '90 et 2% en 2009. Mais ce chiffre peut à tout moment exploser.

L'amélioration permanente des traitements médicamenteux et l'arrivée des traitements antirétroviraux ont augmenté l'espérance de vie, diminué les nouvelles infections, diminué la toxicité et les effets secondaires ainsi que la fréquence des prises quotidiennes. Ce qui se traduit à la fois par une augmentation des patients et surtout par une baisse de la vigilance liée à la croyance selon laquelle le virus HIV, dont la maladie évolue vers la chronicité, n'est plus un problème. De quoi interpeller les politiques en charge des programme de prévention.

Si la voie thérapeutique n'arrête pas de s'améliorer, elle représente un coût très élevé dans le suivi médical.

Sur le plan de la recherche, outre la poursuite des investissements vers un vaccin préventif, une autre voie s'ouvre, celle des vaccins curatifs.

A suivre,

André du Bus,
Le 6 mai 2011.
1
Sources rapport OMS
2
Source : entretien avec A. SASSE de l'Institut de Santé Publique et avec le J. RUELLE de l'UCL christopher blue silverton cigarette tendigo denim zp8497586rq

Commentaires

Si on prend l'analyse des chiffres mentionnés, sur les 2 800 000 nouveaux cas dans le monde par an, il y a seulement 1000 cas pour la Belgique, ce qui fait un cas sur 10 000 habitants par an. On doit être conscient que malgré tout ce pourcentage reste très faible chez nous comparé à l'Afrique.
Il y aurait dans le monde 10 millions de cas de sida autant que de tuberculose.
Est ce que l'on connaît le nombre de cas non soignés qui entraînent la mort chez nous sur les 1000 cas par an?

merci pour la réponse

mer, 8 Jun 2011 - 21:26 Permalien